A PERFECT CIRCLE
Poulpement votre

Il aura fallu attendre plus de quatorze longues années avant de voir le génial duo nous pondre un album 100 % original. Comme à leur habitude, Billy Howerdel et le facétieux Maynard James Keenan nous offrent un disque d’une qualité hors norme, avec des fulgurances que seul le chanteur de Tool est capable de sublimer, un disque très largement au niveau de nos énormes attentes. 

[Entretien avec Billy Howerdel (guitare) par Julien Meurot  julien@metalobs.com]

APC_2017_1 credit Tim Cadiente

Le groupe est revenu aux affaires en 2010. Pourquoi avoir attendu si longtemps avant de publier ce disque ? J’imagine que certaines idées sont plutôt anciennes  on parle de 2013 ?
C’est à peu près cela, oui. Honnêtement, quand nous avons repris les concerts, je pensais que les choses iraient plus vite. J’ai effectivement commencé à composer pour ce disque en 2013, mais Maynard n’était pas encore totalement dans le coup ; il voulait se concentrer sur son autre groupe, Puscifer. Et si Maynard n’est pas dispo, rien ne se passe ! (rires) Mais ce n’est pas grave : j’ai moi aussi mes autres facettes, alors cela me permet de patienter.

Comment ont évolué les compos au court du temps ?
De la façon habituelle ! (rires) Je compose tout, et ensuite Maynard y met sa patte. Il s’approprie les titres, et il va même jusqu’à me surprendre. « Hourglass », par exemple, ne ressemble en rien à ce que j’avais imaginé, et j’ai adoré cela. Il a ce talent qu’on lui connaît pour galvaniser la musique. Quand je fais les démos, tout ou presque est écrit, que ce soient les paroles ou les lignes de chant. Elles existent au cas où, mais Maynard ne s’en sert jamais ! (rires) Mais attention hein : j’aime, j’adore ce que fait Maynard ; c’est là tout l’intérêt d’APC.

As-tu enregistré la plupart des instruments, comme cela a été le cas par le passé ?
Pour ainsi dire, oui. Je joue les guitares, la basse et les claviers. Seuls deux titres sont joués à la basse par Matt McJunkins. Pour la batterie, elle a été enregistrée par trois batteurs : Jeff Friedl (batteur live d’APC depuis 2011), Matt Chamberlain (ex-Pearl Jam) et Isaac Carpenter (Loaded). J’ai aussi programmé quelques parties de batterie. Mais je dirais que c’est un enregistrement classique.

Sauf que tu n’as pas produit l’album, ce qui est une grande première !
Exacte. J’avoue que l’expérience sur D-Love (ndr: film indépendant dont la BO a été composée par Billy Howerdel) m’a convaincu de procéder ainsi. Je n’ai pas pu m’empêcher de mettre mon nez dans la production, mais Dave (Sardy, producteur disque et de, entre autres, ZZ Top) s’est chargé du mixage et il a fait un super travail. Là aussi, j’ai apprécié cette expérience à sa juste valeur.

La pochette est vraiment très « mystique », avec le mélange de vos deux visages et cette pieuvre…
Maynard a bien évidemment conçu cette pochette. Il adore se plonger à 200 % dans ce genre de projets. Je ne sais pas vraiment ce qu’elle représente, même si j’ai quelques clés. Généralement, je le laisse faire. Même si elle peut paraître étrange, il ne va jamais trop loin.

Sauf peut-être avec ses demandes, comme de ne pas filmer pendant les concerts au risque de se faire virer de la salle !
Je vois à quoi tu fais allusion, mais cette histoire n’est pas tout fait exacte (on parle de soixante spectateurs éjectés manu militari de la salle pour avoir filmé le concert avec leur portable, ndr). Au pire, il y a eu une dizaine et oui, parce que c’était interdit de filmer. Les autres, c’était pour de tout autres raisons, comme l’alcool. Après, je tiens à préciser que nous ne sommes pas contre que les gens prennent des photos, mais de là à filmer un concert en entier en qualité merdique, il y a un monde. Dis-toi bien que si tu es petit, difficile de voir le concert correctement avec cette mer de bras levés, le smartphone à la main. Nous sommes là pour prendre du plaisir ensemble, pas pour autre chose. 

Pour finir, toi qui as bossé sur cet immense chantier qu’était Chinese Democracy, quel a été ton rôle, n’étant crédité que sur un seul titre (« ThereWas A Time ») ?
C’est effectivement ce qu’il paraît. Je n’ai jamais acheté la version définitive, alors je ne sais vraiment pas sur quel titre je suis crédité ou non. Ce que je sais, c’est que j’étais bien là et que j’en ai fait, des prises. Mais il y a eu tellement d’intervenants sur ce disque qu’au final, il serait bien difficile de savoir si c’est bien mon travail qui s’y trouve. Je ne voudrais pas être à la place des mecs qui ont dû faire les crédits de cet album ! (rires)