Avant même que le groupe de Rock alternatif de Manchester Heaven’s Basement ne splitte début 2017, le chanteur britannique Aaron Buchanan avait senti le vent venir en quittant ce dernier dès 2015 tout en composant ses propres chansons de son côté pour ensuite voler de ses propres ailes et proposer aux fans (anciens et nouveaux) tout simplement la musique qu’il chérit tant depuis sa jeunesse : le Rock des années 80 et 90. Ce sympathique frontman a répondu sans détour et avec cœur à nos questions alors que son premier album The Man With Stars On His Knees bénéficie actuellement d’une sortie dans les bacs sur le label français Listenable Records après une distribution d’abord digitale en 2017. [Entretien avec Aaron Buchanan (chant) par Seigneur Fred]

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Comment et quand est né ce premier album studio intitulé The Man With Stars On His Knees en fait ? S’agissait-il juste d’une parenthèse studio en 2015 pour un projet solo sous ton nom Aaron Buchanan après la longue tournée avec Heaven’s Basement, ton précédent groupe ?

La démo pour ce disque a été conçue en 2014/2015 quand je ‘étais en train d’écrire alors durant la seconde tournée de Heaven’s Basement. Je soumettais chaque chanson mais elles étaient rejetées par le groupe et le label aussi. J’ai pensé alors que ce serait mieux de les mettre de côté quand j’ai alors finalement décidé de partir. Les morceaux étaient alors prêts et je les ai utilisés pour The Man With Stars On His Knees.

En publiant à présent ce disque sous le nom d’Aaron Buchanan and The Cult Classics, l’idée de départ était-elle de rendre hommage à tes groupes et artistes favoris de Pop/Rock et de Hard Rock tels que Queen, l’œuvre de Freddy Mercury, mais aussi Classic Rock en général par exemple ?

Non, pas du tout. Je fais de la musique pour me faire plaisir avant tout. C’est mon évasion, mon hobby, mon métier, chaque pensée, chaque sentiment que j’ai et chaque action que je fais de nos jours est liée à la musique que je produis. Le temps où je concevais de la musique pour le respect de mes pairs est révolu. Je me fiche de ça, je me soucie surtout de m’accomplir et faire ce que j’aime, et si les gens aiment ça, alors je veux qu’ils en fassent partie et participent aux concerts pour les extravagances et la débauche de ce qu’est Cult Classics. (rires)

D’ailleurs, as-tu vu au cinéma le film récompensé un peu partout Bohemian Rhapsody à la fin de l’année dernière ? Si oui, qu’en as-tu pensé ? As-tu aimé ce film sur Freddy Mercury (R.I.P.) et Queen ? Malgré quelques erreurs chronologiques ou évènementielles (création de certaines chansons, look de certains musiciens à une date…), la fin au concert de Wembley en Angleterre était grandiose en revanche, non ?

Le film était exceptionnel ! S’essayer à ce sujet et condenser vingt ans à travers un biopic de deux heures est vraiment difficile. Mon dieu, Cult Classics pourrait déjà vous donner un film de longueur biblique et cela ne fait que quelques années ! (rires) Les détails de nuance sur l’ordre des chansons et les cheveux de certains musiciens de Queen sont franchement même pas dignes de mention ; c’est un film, il est basé sur des événements réels, mais tous les événements dans la réalité ne sont pas aussi excitants qu’un film peut le faire. Le travail du film est d’attirer le public vers le cinéma et de réussir son sujet en développant un produit, c’est ce qui a été fait, c’est donc un succès. Je pense que l’acteur Rami Malek a fait un travail superbe, et je pense que le film a été très bien préparé.

Quand on écoute ton album The Man With Stars On His Knees et que l’on se penche sur les paroles, doit-on considérer ce disque comme un voyage musical dans ton monde empli de métaphores sur le monde des stars, le « star system » et le monde des célébrités avec le culte de la personnalité qui va de pair ? De quoi traitent tes textes au juste car on dirait que c’est personnel et teinté d’ironie… ?

J’ai écrit l’album complet pendant environ cinq ans quand j’étais dans le groupe Heaven’s Basement. Ce fut le voyage le plus étrange que j’ai jamais fait… Les gens ne pouvaient pas décider s’ils avaient besoin de moi ou non, ou s’ils pouvaient se débarrasser de moi et ne pas m’aimer. C’était une prise de tête sans nom, je ne le referai plus jamais.

La septième chanson « A God Is No Friend » m’a évoqué la musique des Américains d’Alice In Chains et son single inoubliable, le classique « Rooster » avec le style de Jerry Cantrell à la guitare et aux chœurs, et le regretté chanteur Layne Staley (R.I.P.)… Alice In Chains est-il une autre de tes influences sur ce disque ?

Alice In Chains a toujours été une inspiration. Pour rester à la hauteur de mon excentricité et de mon style flamboyant et frimeur, il faut un équilibre, et Alice In Chains me ramène à mon adolescence alors que j’étais un traînard de la route avec mon pull bouffant et mes fringues grunge… Selon moi, si vous n’avez pas écouté l’album Dirt, vous ne devriez même pas jouer de la guitare… (rires)

Une autre influence de Rock Grunge et Hard Rock de Seattle se fait sentir sur ton album, notamment sur les chansons « Left Me For Dead » et « Mind Of A Mute ». Ces titres auraient pu être jouées par Soundgarden et le regretté Chris Cornell (R.I.P.) ! Peux-tu m’en dire davantage sur ces deux titres ? Et qu’as-tu pensé de la soudaine mort du chanteur de Soundgarden et ex-Audioslave en 2017 ? Comment avais-tu réagi à l’époque quand tu as appris la nouvelle ?

La mort de Chris Cornell fut encore plus choquante que d’entendre parler de celle de feu David Bowie… Bowie était plus vieux, ce fut certes une surprise mais pas aussi choquante que la curieuse mort de Cornell. Je crois que lorsque je produisais le nouveau disque The Man With Stars On His Knees, j’étais probablement le seul artiste en Grande-Bretagne à produire un disque encore teinté de Grunge… La plupart des autres groupes s’attardent plus à leur coupe de cheveux comme dans le milieu du Métal, ou bien prétendent venir de Kansas City. Moi, je voulais juste faire quelque chose de différent. Je ne suis pas américain, je suis un type ordinaire anglais qui apprécie utiliser et mélanger autant de genres différents que d’idées afin de créer des paysages sonores qui me plaisent, tout simplement.

Au sein d’Aaron Buchanan And The Cult Classics, on retrouve à tes côtés ta soeur Laurie Buchanan à la guitar et au chant également, ainsi que Tom McCarthy (guitare), Mart Trail (basse) et Paul White (batterie, ex-membre du groupe d’Indus Metal The Defiled et aussi de Sason’s End, groupe de Métal symphonique). Est-ce que les autres membres apportent aussi des idées dans le groupe ou bien c’est toi qui écrit et compose tout même lors de la finalisation en studio ?

Pour cet album, j’ai tout écrit avant que le groupe n’existe comme je te l’ai expliqué précédemment. Le groupe est né bien après la fin de la conception de l’album. Cependant, par la suite, dans la prochaine phase de Cult Classics, je pense que tous les membres de l’équipe auront leur mot à dire sur le prochain disque.

Et maintenant une question plus personnelle, Aaron : est-ce facile de travailler avec sa sœur au quotidien au sein d’un groupe, que ce soit en studio ou en tournée ? (rires)

Ma sœur est ma partenaire de sang et de travail. Sans dynamique de duo entre nous, point de groupe. Nous sommes durs entre nous, et chaotiques aussi, mais nous obtenons les résultats escomptés, c’est ça qui importe.  Je ne doublerai jamais ma sœur, quiconque ose est une âme plus brave que moi mais il s’expose à des conséquences…

Enfin, qui chante sur les deux titres bonus « Fire In The Fields Of Mayhem » et « Undertow » à la fin de l’album ? Y’aura-t’il une version limitée pour les obtenir ?

Qui chante ?? Mais c’est moi ! (rires) Et oui, ces chansons apparaîtront sur la version limitée en CD.

En 2017, Aaron Buchanan and The Cult Classics s’était produit live au Download Festival en Angleterre. Comment t’étais-tu alors prepare pour ce show face à des milliers de Métalleux dans le public en face de toi car ta musique est plus Rock que Metal et ce n’est pas toujours évident de convaincre un tel public ? As-tu ressenti alors une certaine appréhension ?

Je ne me sens plus nerveux avant la scène dorénavant, mais je l’ai été pour ce spectacle. J’avais peur que nous n’ayons pas suffisamment répété et j’avais raison. Après ce concert, nous avons procédé à un changement de line-up et c’était la bonne décision je pense. Le groupe n’a jamais été sous-préparé depuis. La préparation est la clé du succès pour tout spectacle, nous ne sommes pas un groupe Punk ! (rires)

Hé bien, allons-nous pouvoir vous voir sur scène bientôt interpréter ces dix chansons en entier peut-être ? Une tournée est-elle prévue prochainement en Europe et passera-t’elle par la France ?

On sera en tournée en Europe, ça c’est sûr ! Une partie de l’idée de signer avec le label français Listenable Records pour la sortie physique et européenne de ce disque justement est d’être présent en Europe et y jouer régulièrement afin de conquérir de nouveau fans. On espère que l’album aura encore plus de succès à présent maintenant que nous avons rejoint les rangs de Listenable Records.

En guise de conclusion, peux-tu m’affirmer si Aaron Buchanan And The Cult Classics est le groupe d’un seul album, ou bien il y aura une suite et tu prévois déjà un prochain album ? Quels sont tes projets ?

Il y aura un second album. C’est tout ce que je peux te dire pour le moment. Merci pour cette discussion et je vous embrasse tous. A bientôt !

Intw Aaron

AARON BUCHANAN AND THE CULT CLASSICS : The show must go on !

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