AKERCOCKE
Renaissance In Extremis

Peaceville Records / Wagram

Death/Black Metal progressif
★★★★☆

RiE-cover-SML

Après un silence de quelques années (2012-2015), nos voisins d’outre-Manche se sont enfin retrouvés, d’abord sur scène en 2016 (participation au Bloodsctock Festival), puis en studio en se mettant d’accord sur le plan artistique pour donner un successeur à Antichrist paru il y a déjà dix ans pile poil. Si pour certains le nom d’Akercocke n’évoque rien, alors penchez-vous sur les excellents Choronzon (2003) et Words That Go UnspokenDeeds That Go Undone (2005) ou bien tout simplement sur ce sixième opus au titre on ne peut plus pertinent. Il faut dire que le groupe anglais n’a jamais fait les choses comme tout le monde et n’aime pas être mis dans une case musicalement parlant. Evoluant dans un Death Metal technique et progressif original aux influences parfois Black, parfois Grind, ce nouvel album démontre en 2017 toute la maturité musicale d’Akercocke avec une inspiration retrouvée. Passant allègrement d’accélérations Death, voire Thrash (l’intro frontale de l’album sur « Disappear ») à des soli de guitares surprenants et d’une totale fluidité (« Disappear », l’incroyable « Familiar Ghosts »…), rien n’est laissé au hasard. Mais le haut niveau technique de Renaissance In Extremis ne se fait pas pour autant au détriment de l’agressivité, le quintet londonien étant toujours aussi généreux que ce soit dans ses riffs complexes (« Unbound By Sin », « Inner Sanctum ») ou bien les growls de son frontman, Jason Mendonça. Ce dernier possède toujours cette voix versatile si singulière, et sait passer du simplement hurlement à des growls Death ou Black puis à des parties de chant clair emplies d’émotion (« A Final Glance Back Before Departing »). L’autre point fort d’Akercocke réside dans cette faculté d’innover que ce soit dans ses mélodies dissonantes (« Insentience »), ses rythmiques alambiquées truffées de breaks (« First To Leave The Funeral », « Familiar Ghosts »), ou ses vocaux riches et variés aux atmosphères inédites (l’OVNI « Familiar Ghosts », « One Chapter Closing For Another To Begin »). Au final, cette résurrection artistique produit peut-être là l’une des œuvres les plus accessibles et intéressantes de nos Anglais.

[Seigneur Fred]