Alors que le groupe prépare un nouvel album, Arcane Roots se fend tout de même d’un EP pour nous faire patienter. Bien leur en a pris, le disque annonce une évolution dans le son du groupe, pour une transition qui se veut en douceur…

[Entretien avec Andrew Groves (chant, guitare) par Philippe Jawor]

Arcane Roots

Comment te sens-tu, maintenant que Heaven & Earth est sorti ?

C’est un sentiment un peu étrange, parce que quand on finit d’enregistrer un disque on a qu’une hâte, c’est que tout le monde puisse l’entendre. Il y a toujours une part de stress avant la sortie : les critiques de la presse commencent à tomber, alors que tout ce qu’on veut, finalement, c’est que nos fans puissent entendre le disque : on voit leurs messages, on voit leur impatience, et on a envie de leur faire plaisir.

Vous avez déjà eu un premier retour des fans avec le single « If nothing breaks nothing moves »…

Nos fans sont assez incroyables : ils nous supportent quoi qu’on fasse, ils comprennent où on veut en venir avec notre musique, on ne peut que ressentir de la gratitude. Généralement, quand on enregistre, on essaie de se dire « tiens, ça pourrait plaire à nos fans », mais cette fois, on a fait un peu différemment… mais ça a l’air de leur plaire aussi, on a beaucoup de chance.

D’où vient justement cette évolution dans votre son ?

On veut tout simplement toujours faire mieux. Pendant les deux ans qui ont séparé nos deux disques, notre manière de travailler, a changé : on essaie de jouer plus souvent ensemble, pour se nourrir de nos compétences communes et toujours plus évoluer. Nos influences évoluent également : pour ma part, j’écoute en gros pour moitié ce que j’aime, l’autre moitié étant ce que je découvre, à la radio ou ailleurs. C’est quelque chose de naturel, de sans cesse évoluer. J’aurais l’impression de me mentir et de mentir à notre public, si l’on faisait toujours la même chose… Au moins, je peux me regarder dans la glace et dire que je suis honnête avec moi-même et envers le public. J’en suis même fier.

Comment avez-vous travaillé ? Il semblerait que vous avez voulu apporter une attention toute particulière aux mélodies…

On a réalisé, il y a quelques temps – avant même Arcane Roots – que c’est la mélodie qui faisait vraiment un morceau, qui le rendait vivant. Sans ce côté mélodique, on n’est pas aussi satisfaits de nos morceaux. Quoi qu’on écoute, c’est la mélodie qui nous vient à l’oreille – même avec un morceau de Metallica. On essaie de sublimer notre musique avec la mélodie.

Il y a un très beau morceau caché, sur cet EP… pourquoi l’avoir caché, justement ?

C’est une des 300 démos (!) que nous avons enregistrées pour cet album. Ce morceau, c’est une espèce d’instantané d’une émotion que j’ai pu avoir, ou d’une idée que j’ai eu pour un morceau, que ce soit un refrain, une intro, un riff… peu importe, finalement. J’enregistre assez frénétiquement ce qui me passe par la tête, d’où le nombre important de démos. J’aimais bien cette idée de petit extrait de 30 secondes…

Pourrait-ce être un aperçu – à la manière d’un film Marvel – de ce qui pourrait nous attendre dans votre prochain disque ?

Ça pourrait. Ou ça pourrait être un interlude… J’aime beaucoup l’idée même de ce titre : c’est un morceau qu’on aurait du mal à identifier comme du Arcane Roots, qu’on ne jouera probablement jamais sur scène du fait de ses arrangements… Tous les autres morceaux de cet EP sont pensés pour la scène.

Question un peu plus technique, mais pourquoi avoir choisi de sortir un EP, alors même que vous travaillez déjà sur un album ?

C’est juste une question de contrat avec notre ancien label, tout ce côté administratif m’emmerde un peu… Je suis une personne assez franche : en gros, quand j’arrive dans une réunion avec une maison de disques, je demande « vous avez de l’argent ? Vous voulez nous aider à enregistrer un disque ? Non ? OK, salut. » (rires)

Cependant, un EP n’est pas « chartable ». Cela ne te dérange pas ?

(il hésite) Ouais… C’est toujours agréable quand on te dit « regarde mec, tu es dans les charts rock ! », mais je ne pense pas qu’on soit assez gros pour prétendre à une place dans les charts aux côtés de Bruce Springsteen… Si on y parvenait un jour, on en disparaîtrait le lendemain, et on serait de retour à notre place. (rires) Tout ce qu’on veut, c’est sortir des albums, les jouer sur scène… c’est déjà pas mal.

Retrouvez la chronique de l’EP Heaven & Earth en cliquant ici

ARCANE ROOTS
La théorie de l’évolution

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