ATROCITY
Dans les tréfonds de l’occulte

Le fondateur des vétérans du death metal teuton Atrocity nous raconte son nouvel album, deuxième opus de son album concept Okkult, et son intérêt pour les grandes énigmes de l’Histoire. [Entretien avec Aleksander Krull par François Capdeville]

Atrocity

Alexander, avec un nom de projet artistique comme celui-là, on t’imagine un certain intérêt pour l’occultisme et l’ésotérisme…
J’ai toujours été fasciné par l’occultisme, les sociétés secrètes et plus largement les énigmes non résolues de notre Histoire. Déjà en 2004, mon album Atlantis tirait son inspiration dans le mythe de l’Atlantide. Et quand tu déroules le fil de l’Atlantide, tu te retrouves à t’intéresser aux OVNIS, aux sociétés secrètes et à l’occultisme. Je me souviens de ce journaliste américain qui m’avait demandé ce que j’allais faire après sa sortie. Je lui avais répondu que le monde de l’occulte est tellement vaste qu’il ne saurait se satisfaire d’un seul album… L’idée du concept album était déjà évident. Par la suite, j’ai donc décidé d’écrire en m’inspirant de ces énigmes de l’histoire. Okkult est donc un album concept qui fait la part belle aux mystères de l’homme et de son côté noir. Chaque chanson est liée à un événement ésotérique qui a marqué l’histoire des Hommes. Des événements étranges, inexplicables… ou que l’on n’a pas voulu expliquer.

Quels sont les artistes qui t’ont influencé dans la création d’Okkult ?
L’expressionnisme du début du XXe siècle est une grande source d’inspiration : elle a été hantée par la menace de la Première Guerre Mondiale, j’aime les angoisses qu’elle porte en elle. Certains artistes se sont attachés à décrire les horreurs de cette guerre absurde. Ce sont juste des gamins qui sont morts dans des tranchées, pris au piège comme des rats au milieu de nulle part. J’ai d’ailleurs rendu hommage à l’œuvre de l’auteur allemand Wilhelm Lamszus « Das menschen shlachtenhause », dans laquelle il raconte en 1912 les atrocités d’une guerre portée par des machines militaires. C’est très visionnaire. Je me suis inspiré également d’événements historiques terribles comme la chasse aux sorcières menée par l’Inquisition espagnole au XVIIe siècle ; je suis fasciné par cette tendance de l’homme à vouloir s’accrocher au pouvoir, coûte que coûte, parfois jusqu’à recourir à des puissances maléfiques. Pourquoi a-t-il toujours besoin d’avoir un avantage sur les autres ?

 

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Après trente ans de carrière dans le metal extrême, quel conseil donnerais-tu aux jeunes qui veulent s’aventurer dans ce domaine ?

Pour moi, il est important que cette musique conserve son esprit et son âme. Et si des jeunes veulent se lancer dans cette musique, je leur dis « allez-y, faites-le si c’est en vous, prenez du plaisir ». Cela fait 30 ans que je fais cette musique, et j’ai toujours la même envie de faire du metal. Avec Atrocity, on a toujours fait ce que l’on voulait, et même quand on a fait des incursions acoustiques et des reprises 80’s, les racines du death metal étaient toujours en nous.

 

Atrocity

Okkult II

Atrocity cover

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Death Metal

Massacre Records

Note 4 / 5

Bon, le premier titre nous met tout de suite au parfum : du bon gros riff bien lourd, du 220 bpm, des chœurs symphoniques et du grunt en veux-tu en voilà. Atrocity renoue avec ses racines death metal après quelques productions erratiques. Okkult II est un voyage gothique bien sombre et puissant. Le premier titre Masters of Darkness nous donne la tonalité de l’album avec un gimmick de guitare joliment dissonant. Coup de cœur pour Devil’s covenant et sa guitare qui -nous trouvons- sonne comme du lointain Metallica, époque Seek and Destroy. A noter les contributions de Marc Grewe, ex-Morgoth, et de Lars Goran Petrov – Firespawn, Entombed A.D…- qui viennent faire quelques vocalises. Du lourd !

[François Capdeville]