À quelques minutes de monter sur scène de l’Olympia en première partie de Steel Panther, le guitariste du groupe que tout le monde adore détester a pris le temps de répondre à quelques questions concernant leur dernier album, sans esquiver les sujets qui fâchent. [Entretien avec Jake Pitts (guitare) par Philippe Jawor]

BlackVeilbridesIl y a eu une évolution certaine dans le son de Black Veil Brides entre « Wretched and Divine: the story of the wild ones », votre précédent album, et ce « Black Veil Brides IV ». Comment l’expliquer ?

Je pense qu’on était moins limités sur cet album. Le précédent était un concept album, ce qui nous obligeait à écrire dans un cadre, pour que tout fonctionne ensemble. Sur le nouvel opus, on s’est juste dit qu’on allait jouer des chansons heavy, écrire ce qu’on ressentait à ce moment donné.

 

Entre temps, vous avez aussi changé de label, passant chez Spinefarm Records. Ça a eu une influence ?

Honnêtement, je ne pense pas que ça ait joué tant que ça. On a eu la chance de travailler avec des gens qui nous ont laissés faire ce qu’on avait à faire, qui nous ont fait confiance, et jusqu’à maintenant ça a plutôt bien marché (rire).

 

Ce nouvel album a été produit par Bob Rock (qui a notamment travaillé avec Metallica sur le « Black Album » et le « Dr. Feelgood » de Mötley Crüe), comment s’est passée votre collaboration ?

Bob nous a laissé faire notre truc, en nous aidant par moments au cours du processus. C’est lui qui est venu à nous, pensant qu’il serait intéressant de bosser ensemble. On a bien accroché, même sur le plan personnel. On avait d’abord une tournée à finir, puis on a pris un mois pour écrire les chansons avant d’entrer en studio.

C’était une nouvelle manière de travailler pour nous, avec de la préproduction, où sur chaque instrument Bob nous disait « on pourrait essayer quelque chose dans ce genre-là, changer ceci ou cela ». Tout au long de l’enregistrement, c’était comme modeler quelque chose.

Quand on est arrivés à l’enregistrement des guitares, Bob est rentré chez lui, à Hawaii. Il m’a fait confiance, il a vu que je savais ce que je faisais, alors j’ai pu travailler tranquillement, dans mon studio, sans pression.

Je suis assez perfectionniste moi-même, à enregistrer mes parties encore et encore, jusqu’à avoir le sentiment que ça sonne juste. Ça m’a permis de retravailler certains riffs aussi, en reprenant l’idée de départ pour en faire quelque chose qui sonne bien sur l’album.

Quand je lui ai fait écouter mes sessions, il n’a rien trouvé à redire, c’était plutôt cool.

 

J’ai entendu dire qu’il y avait eu quelques prises de bec, dans le groupe, pendant l’enregistrement…

Non non, on est sur la même longueur d’ondes. Cet album, c’était probablement le plus simple et le plus fun qu’on ait eu à enregistrer. On avait eu quelques différends sur l’album précédent, certes, mais certainement pas sur celui-ci.

 

Vous jouez ce soir en première partie de Steel Panther (interview réalisée le 16 mars). C’est la première fois, pour vous ? Vous avez adapté votre setlist en conséquence ?

Ça n’est pas la première fois pour moi, puisque comme je viens de Los Angeles comme eux, j’ai eu l’occasion de les croiser avec différents projets, quand ils s’appelaient encore Metal Skool. Avec Black Veil Brides cependant oui, c’est la première fois mais ce sont des types vraiment cool, qu’on allait voir régulièrement jouer. Nos titres, on les connaît, on sait ce qui marche en live ou pas. Évidemment, on joue ceux qui marchent (rire).

 

Une partie du public vous a aussi découverts avec vos participations à des bandes originales de blockbusters, comme Transformers ou The Avengers. C’est quelque chose qui est amené à se réitérer ?

Pour Transformers, ils ont utilisé une chanson qui existait déjà. Pour The Avengers, il nous a fallu écrire une chanson originale. On a eu quelques idées, et ça a donné « Unbroken ». C’est assez intéressant, comme travail puisqu’il faut aussi s’adapter au film. Je sais qu’il y a toujours quelques discussions en cours pour d’autres choses, des films, des jeux vidéos, mais pour l’instant on va se concentrer sur notre tournée, on a une année chargée.

 

Vous êtes aussi souvent critiqués : on vous compare volontiers à un boys band, j’ai notamment lu « les One Direction du Metal », dans quelle mesure cela vous atteint-il ?

Ça ne m’atteint pas vraiment, ça m’ennuie, plus. Je crois que la majeure partie des gens qui dénigre le groupe ne sait pas grand chose sur nous. Ils voient une image de nous qui ne leur plaît pas et se contentent de dire que le groupe est à chier, qu’on est gay, des trucs de ce genre. À l’occasion, ils prendront le temps d’écouter ce qu’on fait, et se diront peut-être « bon en fait c’est pas si mal, ce qu’ils font ». Si quelqu’un prend la peine d’écouter quelques chansons et juge que ce n’est pas pour lui, pas de problème, chacun se fait sa propre opinion et je ne peux que la respecter. Ce qui est frustrant, c’est quand les mecs jugent un groupe sans même l’écouter ; c’est débile.

 

BLACK VEIL BRIDES
Les One Direction du Metal ?

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