CADAVER
D.G.A.F.
Death Metal
Nuclear Blast/Ada

On connaît tous le concours du pull le plus moche à l’approche des fêtes de fin d’année. Eh bien ! pour celui de la pochette la plus moche dans le Métal, nos champions ex-aequo pour cette année 2020 sont, j’ai nommé : Cadaver (réalisé par un certain Adam Medford) et Anaal Nathrakh ! Si le dernier vient de nous décevoir avec son nouvel album Endarkenment (Metal Blade Rec.) sur lequel nous reviendrons plus en détail dans les prochaines pages de Metal Obs, nous ne voulions surtout pas vous priver du nouvel EP du groupe norvégien, enfin si on peut le qualifier de groupe désormais étant donné que le multi-instrumentiste Anders Odden alias « Neddo » (Order, Satyricon (live), ex-Celtic Frost (live)), s’occupe de tout ou presque depuis la reformation en 2010 et qui plus est sur ce nouvel enregistrement 3 titres. La batterie est confiée cependant à notre américano-belge qu’on ne présente plus : Dirk Verbeuren, faisant au passage ainsi une infidélité supplémentaire ces temps-ci à Dave Mustaine et Megadeth (en plus de Brave The Cold avec Mitch Harris (ex-Napalm Death))… Mais l’habit ne fait pas toujours le moine car malgré les apparences et la présence seulement de trois malheureux morceaux d’une durée de trois à quatre minutes en moyenne, la qualité est bien au rendez-vous. Pour ceux qui ne connaitraient pas Cadaver, celui-ci est l’une des plus anciennes formations dans le genre Death Metal, sa création remontant à 1988, à l’époque ou un certain Darkthrone commençait à évoluer tout juste dans le Death Metal avant changer de fusil d’épaule pour aller vers le côté obscur de la force après son premier album Soulside Journey (Peaceville Rec., 1991). Plus tard par la suite Cadaver prit brièvement le nom de Cadaver Inc. entre 1999-2001. Parenthèse historique étant faite, c’est la chanson-titre (dont nous ignorons encore à cette heure la signification des initiales  » D.G.A.F.  » mais nous ne manquerons pas d’interroger bientôt le principal intéressé à ce sujet) qui ouvre les hostilités sur une resucée d’un riff de Slayer façon « South Of Heaven », un chouilla différent tout de même (plus grave) appuyé par la frappe sèche de Dirk Verbeuren qui a l’air de s’ennuyer sec avec ce confinement derrière les fûts de Megadeth. L’ancien batteur d’Aborted (mais aussi Soilwork, Headline ou encore Artsonic…) impulse ici une formidable énergie véritablement communicative en symbiose avec la musique extrême composée par Neddo et ce, malgré cette collaboration internationale probablement captée dans le home-studio des musiciens chacun de leur côté (un en Californie, l’autre en Norvège). La production sonne très propre, permet d’apprécier chacun instrument, mais pourra paraître un peu trop propre pour certains fans de Death Metal, un peu comme sur le dernier Carcass, Surgical Steel, dont on croise d’ailleurs, tiens, son chanteur Jeff Walker sur ce premier morceau aux guitares tranchantes s’achevant sur des leads pleurants en shredding à la Slayer. Très entraînant, groovy même pourrons-nous dire, la seconde chanson baptisée « Deformed Insanity » démarre sur un rythme mid-tempo auquel succède des blasts beats avec un riff de guitare plutôt dissonant. Le chant du Norvégien n’est pas typique Death Metal et oscille plutôt dans un répertoire entre Black et Death. La vélocité de Neddo sur la guitare et la basse impressionne vraiment, surtout qu’il n’y a pas de temps mort ici. « Disgrace » conclut enfin cet EP de manière relativement heavy au début puis très speed avec un refrain assez accrocheur avant que le métronome s’emballe. On reste presque sur sa faim quand tout se termine si rapidement et on en redemande déjà. Fort heureusement, le prochain album de Cadaver nommé Edder & Bile débarque fin octobre (Nuclear Blast) et sera plus fourni que cet amuse-bouche. D.G.A.F. est disponible à présent en bacs et sur plateforme numérique dans toutes les bonnes crèmeries. [Seigneur Fred]