Vendant des millions de disques à travers le monde mais surtout aux US, Chevelle est un poids lourd du rock métal alternatif depuis plus de quinze ans. Discret mais présent, le combo s’est fait attendre et c’est au bout de 11 ans qu’ils reviennent fouler les planches de la Maroquinerie. C’est sous le soleil de Paris que nous avons rencontré Pete Loeffler (chant) , un mec simple et gentil comme il se faire rare quand on est une grosse pointure [Entretien avec Pete Loeffler (chant,guitare) par Loïc Cormery]

Vous êtes venu en 2003 en 1ere partie de Audioslave. Te souviens-tu et pourquoi avoir mis autant de temps à revenir chez nous ?

Ce n’est pas que nous ne voulions pas revenir, mais nous devions nous rendre dans des endroits accessibles pour nous financièrement parlant. Nous nous finançons nous-même. Et nous n’avons pas beaucoup de soutien en Europe malheureusement. Donc, nous avons dû attendre le moment où nous pourrions revenir. Mais nous voulions vraiment revenir plus tôt. Tu sais quand tu fait une tournée aux US, tu en as pour un moment et quand c’est fini, il faut se remettre à la tache et composer un nouvel album. C’est un peu un cercle vicieux. Je me rappelle très bien de ce concert, le public était fantastique alors que nous étions des inconnus. Les temps ont changé à priori…(rires)

 

Vous êtes très connu chez vous mais en France ou en Europe votre nom circule en coup de vent alors que les fans sont nombreux…

Chez nous, nous jouons depuis si longtemps. Nous avons commencé au bon moment, et avec un peu de chance quand vous faites de la bonne musique les gens ont tendance à être attirés. Les choses s’installent naturellement. Mais je me demandais à quoi ressemblerait la scène rock / métal en France, en Europe. Je sais qu’en Allemagne le rock est le métal ont une certaine ampleur mais je ne sais pas si c’est le cas en France. Helmet est un de nos groupes préférés. C’est une de nos toutes premières influences. Tout a commencé quand j’avais 16 ans. Je pense qu’ils sont un peu comme nous. Je ne sais pas ce qu’ils ont joué en France, mais ils ont dû avoir un plus petit public ici. Ce genre de musique doit avoir un plus petit marché. Mais pour autant, il doit être développer aussi je pense.

 

Votre nouvel album La Gargola renoue avec un son plus dur et lourd, c’était l’idée par rapport à Hats Off To The Bull ?

Je voulais essayer de nouvelles choses mais je ne veux pas trop m’écarter de ce que nous faisons. Je ne veux pas perdre les gens, je ne veux pas perdre les fans pour lesquels nous avons travaillé si dur. Mais je veux aussi faire en sorte que cela soit amusant pour moi. C’est pourquoi j’ai commencé à ajouter des effets, des pédales, de la réverbération sur mon son de guitare. J’aime tous les styles de musique, pas seulement le rock bien lourd et le métal. J’ai grandi en écoutant toutes sortes de musique comme The Cure ou Depeche Mode. Ce ne sont pas des groupes de métal mais ils ont des paroles lourdes de sens, lourdes par leur contenu. J’ai toujours été attiré par toutes sortes de styles mais avec de bons chanteurs. Chevelle sera probablement toujours un groupe de rock bien lourd tirant vers le métal. Cet album est un album fantaisie. Nous essayons de ne plus être trop sérieux. Vous savez, nous prenons de l’âge et nous en avons marre de nous inquiéter, nous voulons nous éclater. Avant, nous voulions toujours jouer parfaitement, maintenant nous déconnons avec la foule.

 

Joe Baresi a fait encore un travail redoutable…

C’est vraiment un mec super. Nous avions aussi fait le précédent avec lui. La raison pour laquelle nous l’avons choisi et que nous sommes de grands admirateurs de sa façon de faire. Il est dévoué à l’artiste et dévoué à ce qu’il fait. Il veut capturer l’essence du groupe, faire ce que le groupe attend de lui et ce sont des choses de grandes valeur. Il ne travaille seulement qu’avec des groupes qu’il aime. Quand nous l’avons contacté il a été très enthousiaste, ce sont des choses qui aident. Il a vraiment une liste complètement folle de groupes avec qui il a travaillé.

 

C’est toujours délicat de travailler avec sa famille…

C’est horrible!!! Non, je rigole ! Je ne sais pas si vous connaissez l’histoire du groupe, mais nous avions un autre frère qui jouait avec nous. Ça a fini par exploser un jour. Il a pris un train pour rentrer chez lui, je crois que nous étions à Kansas City, et nous avons pris le bus pour rentrer et malheureusement, je ne lui ai reparlé qu’une fois depuis. C’est plutôt triste. Personne ne veut que ce genre de choses arrive. Il y avait d’autres raisons, le groupe n’était pas le problème. Mais mon frère Sam est un vrai frère. Nous nous entendons très bien. Et Dean a épousé notre sœur. C’est notre beau-frère. Donc c’est toujours un groupe de trois frères, ce qui est incroyable. Ça n’a jamais été mieux je pense. A ce jour, Dean a fait plus d’albums avec nous.

 

 

REPORT CHEVELLE LA MAROQUINERIE 31/10/14

 

C’est sur An Island que la bande menée par un Pete Loeffler qui ne semble pas subir les outrages du temps débute un show qui durera une bonne heure et demi, et l’avantage c’est qu’avec les années le public français a eu le temps d’apprendre les paroles. Mais pour le coup ce ne sont pas des midinettes qui hurlent d’amour les textes de Chevelle mais des avant tout une audience très masculine dont la moyenne d’âge oscille entre une trentaine et une quarantaine d’années. Les chansons se suivent, un florilège de la carrière du groupe : Sleep Apnea, The Clincher, Closure ou encore Still Running. Les morceaux sont exécutés à la perfection et le groupe communique réellement avec les personnes présentes, entre les sourires de Sam, Pete qui se déchaîne et Dan qui finit un morceau au bord de la scène, collé au premier rang qui en redemande.Et c’est à ce moment que tout deviens fou, les premières notes d’un des plus gros tube du groupe résonnent dans une Maroquinerie pleine à craquer. Jars. Les premiers pogos commencent, certains sautent, d’autres hurlent les paroles à en perdre la voix et un sourire grandi sur le visage des trois musiciens. L’ambiance restera au beau fixe tandis que le groupe continu de jouer des anciens titres pour le plus grand plaisir des personnes présentes. Mais malheureusement toutes les bonnes choses ont une fin, cela ne convient pas aux gens qui donnent de la voix jusqu’à ce que Pete revienne sur scène seul avec sa guitare, il entamera The Red, bien aidé par la salle qui connaît les paroles et n’hésite pas à le faire savoir. Il sera rejoint lors de la chanson par ses deux compères pour terminer la chanson et offrir un dernier morceau. Cette fois c’est bien fini, après une distribution de médiators et setlist c’est avec un grand sourire aux lèvres que Chevelle quitte la scène à contre-cœur et laisser tout le monde rentrer chez soi. Une grande soirée pour un groupe modeste et d’une gentillesse implacable.

CHEVELLE
En toute modestie
[+ live report]

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