Après un très bon deuxième album (Blood Eagle), les petits gars de Liverpool font la passe de trois avec Revengeance (chronique à lire dans le Metal Obs’ #71, p.40). Si le line up a légèrement évolué, le groupe n’en est pas moins inspiré, puisant ses idées dans tous les domaines et tous les styles pour toujours plus d’efficacité.

[Entretien avec Jon Davis (guitare/chant) par Philippe Jawor – philippe@metalobs.com]

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Qui est la cible de votre « Revengeance », ce mot-valise entre « revanche » et « vengeance » ?

Ce n’est pas la première fois qu’on invente un mot pour donner un titre à un album ou à un titre. J’ai trouvé ce mot il y a plus de deux ans, maintenant : je trouvais que c’était marrant, la combinaison de ces deux mots, on voyait bien ce que ça voulait dire. Mais en fait, ce n’est pas moi qui l’ai inventé : j’ai vu que les mecs de Konami avaient déjà donné à un opus de la série Metal Gear. Ça m’avait fait pareil avec un autre mot, sur un album précédent : je pensais l’avoir inventé, en fait il était présent dans World Of Warcraft.
Les jeux vidéos m’inspirent beaucoup. D’ailleurs, pour moi ce mot fait référence au fait de se frotter plusieurs fois au même boss de fin d’un jeu vidéo, jusqu’à réussir à le battre, comme ça peut être le cas dans un jeu comme Golden Axe : c’est frustrant de perdre encore et encore, de ne pas être assez bon pour battre un bête jeu vidéo, mais rien ne nous empêche d’essayer encore et encore.
J’ai beaucoup vécu ça quand j’étais ado. Je voulais vraiment être bon aux jeux vidéos, mais je n’y arrivais tout simplement pas. C’était très frustrant, mais ça m’a appris à dominer mes émotions, à ne pas me laisser abattre par ce genre de petites défaites.

Le titre t’a été inspiré par les jeux vidéo, mais qu’est-ce qui t’a inspiré les chansons en elles-mêmes ?

Chaque chanson a une inspiration propre, une signification. « Throne of Fire » fait référence à un acte de torture par le feu que nous a raconté le dessinateur de notre pochette ; « Thunderhoof » est une ode à notre ancien tour bus, qu’on compare à un cheval de guerre qui nous emmenait sur le champ de bataille ; « Wrath Gauntlet » est lui inspiré par le jeu vidéo du même nom ; « Revengeance » exprime le fait que nous soyons insignifiants, en tant qu’humains, même si nous croyons être importants ; « Every Man Is An Enemy », qui est inspiré par le film Conquest, de Lucio Fulci, dans lequel il y a un personnage qui a un tatouage sur la tête. Quand on lui en demande le sens, il explique que ça signifie qu’il ne faut faire confiance à personne, que chaque homme est un ennemi ; c’est de là que vient cette phrase. Enfin, il y a « Earthenguard », qui est le récit d’une guerre entre la planète Terre et les être humains, celle-ci envoyant des guerriers de cendre se défendre contre ses envahisseurs humains.

Est-ce que l’arrivée de Rich Lewis à la batterie a changé quelque chose dans votre façon de travailler ? Tu disais, à l’époque où il a rejoint le groupe, qu’il était le seul choix possible ; qu’est-ce qui se serait passé s’il n’avait pas été en mesure de venir dans Conan ?

C’est une bonne question ! (rire) Si Rich n’avait pas pu rejoindre le groupe, on se serait probablement tapé la tête contre les murs jusqu’à trouver quelqu’un d’autre ; pour Rich, il n’y a pas eu besoin de réflexion.
Son arrivée a effectivement changé pas mal de choses. Je ne dirai pas que c’est mieux ou pas, je ne veux pas commencer à faire des comparaisons, mais il est sûr qu’on travaille davantage le côté technique des chansons, puisque Rich joue aussi très bien de la guitare et de la basse. Ça permet de se pencher plus sur les structures des chansons. De plus, il apporte un regard frais sur notre musique, d’autant que c’est un fan de la première heure ; c’est intéressant d’avoir son opinion sous cet angle également. Son style de jeu est aussi différent de celui de Paul – même s’il peut aussi jouer à la manière de Paul, au besoin ; on a pu intégrer certains éléments du Death Metal, d’où il vient, dans notre propre musique, ça apporte une option en plus quand il s’agit d’écrire un morceau, c’est toujours intéressant.

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Il a donc pris un part active dans le processus de composition de Revengeance ?

Ça a été un processus commun, on a tout écrit à trois. « Revengeance » a été écrite dès la première session d’écriture, c’était quelque chose de très naturel et le processus d’écriture en lui même a été assez rapide. Pour en revenir à Rich, non seulement il apporte quelque chose de neuf derrière les fûts, mais il est aussi capable de donner pas mal de suggestions intéressantes sur un riff, un ligne de basse… Et comme c’est Chris qui produit l’album, c’est là aussi très intéressant : il peut modeler chaque titre en temps réel.

Peut-on dire quelque mots sur le départ de Paul ?

Hum. Je peux en parler rapidement : je ne veux pas donner de détails, je ne veux pas manquer de respect à Paul. Mais en gros, on a décidé qu’on préférait continuer sans lui. C’était une décision difficile à prendre, néanmoins on sentait qu’elle était nécessaire.

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Le retour de la revengeance

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