Cult Of LunaEn l’espace de cinq albums, Cult Of Luna est devenu l’un des piliers de la scène post-Hardcore. A quelques semaines de son concert parisien au Divan du Monde le 24 Janvier, soit la veille de la sortie de Vertikal, nous avons joint Johannes, désormais seul chanteur à bord. C’est avec la langue bien pendue qu’il nous répond, malgré les interruptions intempestives de son bébé Isabel, qui sait de qui tenir niveau puissance vocale.

[Entretien avec Johannes Person (chant, guitare) par Noémy Langlais – Photo : DR]

Quatre ans après la sortie d’Eternal Kingdom, vous avouez que l’histoire tordue du carnet de Holger Nilsson était fabriquée de toutes pièces. Pourquoi ?

Ce n’était pas un canular, on a juste menti. La raison, c’est qu’après 10 ans dans le business, j’étais fatigué des interviews des pseudo-journalistes qui rapportent ce que disent les autres sans réfléchir et sans questionner l’artiste. Puisque les « journalistes » sont plus intéressés par les histoires remplies de clichés que par la vérité, je leur ai donné ce qu’ils voulaient. Et personne ne nous a posé de question.

 Après avoir exploré une forêt mystérieuse avec Eternal Kingdom, vous vous immergez dans un univers marqué par l’expressionnisme allemand. T’es-tu inspiré du Metropolis de Fritz Lang pour les paroles ?

Sur le précédent album, on avait effectivement exploré un monde parallèle avec des éléments folkloriques. Pour Vertikal, on s’est dit qu’on allait passer de la campagne à une ville futuriste. Nous avons effectivement été très inspirés par l’expressionnisme allemand et l’Art déco. Metropolis est un chef-d’œuvre de cette époque. Quand on a écrit notre programme avec la façon dont les chansons devaient sonner, on a choisi des images qui collaient au sujet, et beaucoup d’entre elles provenaient de ce film.

Quel est donc le lien entre ce film et votre album ?

Metropolis met en scène des travailleurs qui se rebellent contre la classe dirigeante. Lors de leur révolte, ils placent tous leurs espoirs dans un robot qui détruit tout. Et Vertikal pousse les gens à avoir un sens critique.

 

Nous avons été très inspirés par l’expressionnisme allemand
et l’Art déco.

 

Que s’est-il passé avec votre ex-chanteur Klas Rydberg ?

Il a juste décidé qu’il avait envie de faire autre chose. D’un point de vue créatif, ça n’affecte pas le groupe car il ne s’investissait plus depuis un moment. La perte vient essentiellement du fait que sur les deux derniers albums on se partageait le chant et qu’aujourd’hui j’ai plus de travail car je fais tout.

Tu as donc plus de place pour t’exprimer. Souhaites-tu explorer davantage ta voix ?

Utiliser uniquement des screams peut rendre un morceau ennuyeux. Nous avons donc décidé d’utiliser différents effets, différentes manières de colorer les paroles. Parfois tu essayes des choses qui sont nazes, parfois tu trouves que ça le fait. Les gens vont aimer ou détester, mais peut importe, on continuera probablement dans cette direction.

Le son de ce nouvel album est plus métallique, plus électronique, comme en témoigne le dernier morceau « Vicarious Redemption ». Que peux-tu nous dire sur ce titre ambitieux de 19 minutes ?

Cette chanson est très importante car elle a été écrite en premier. On voulait que cet album soit marqué par la répétition, la monotonie que l’on ressent dans les usines. « Vicarious Redemption » a été composée dans cette optique.

Cette répétition à l’infini transparaît même dans vos nouvelles photos promo…

L’idée est présente dans tous les aspects de Vertikal, de l’artwork aux photos en passant par la musique, les paroles et le chant. Il y a même une mélodie qui revient quatre fois dans l’album. La première que tu entends est la même que la dernière. C’est Erik, notre guitariste, qui s’est occupé du visuel et son frère a pris les photos. On a tout fait nous-mêmes.

Exercez-vous des métiers artistiques en dehors du groupe ? Je sais que tu t’occupes de casting dans le cinéma…

C’est exact. Erik est directeur artistique, Magnus (percussion) est producteur musical et Thomas (batteur) est batteur professionnel, il joue dans The Perishers, Khoma, et dans le groupe français Phoenix. Tu comprends qu’on mette autant de temps pour sortir un album !

Que souhaitez-vous transmettre aux gens qui écoutent votre musique ?

Notre musique est spéciale dans le sens où tu dois la comprendre. Lorsque tu écoutes Cult Of Luna, tu dois effectuer un voyage intérieur.

Cult Of Luna
Le culte de la répétition

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