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DEVIL SOLD HIS SOUL
Vague à l’âme

Les fans du groupe de Metalcore anglais commençaient sérieusement à s’impatienter depuis l’album Empire of Light paru tout de même en 2012 ! L’EP Belong ╪ Betray permit de ronger leur frein mais ne les convainquit pas tous. Si Devil Sold His Soul a pris son temps pour revenir aujourd’hui sous les feux de la rampe, il a ainsi pu peaufiner son quatrième effort longue-durée baptisé Loss. Par contre, pour les concerts, y compris les festivals, il va falloir attendre encore un peu… [Entretien avec Jonny Renshaw (guitare) par Seigneur Fred – Photos : DR]

Vous êtes originaires de Reading en Angleterre. Avez-vous déjà eu l’occasion de vous produire à domicile à ce célèbre festival de Rock par le passé ? Et pensez-vous que le festival de Reading aura lieu cet été en août 2021 avec, entre autres, Liam Gallagher (ex-Oasis) et Queens of the Stone Age d’ores et déjà annoncés ?
Les membres du groupe vivent éparpillés dans tout le sud du Royaume-Uni, mais on répète toujours à Reading car c’est un terrain d’entente et approprié pour nous retrouver. Nous n’avons pas encore joué au festival Reading (ni celui de Leeds à côté) mais c’est définitivement sur notre liste de concerts que nous aimerions faire ! (sourires) Avec l’évolution de la situation virale au jour le jour, on n’est sûr de rien pour l’heure, aucune affiche de festival n’est gravée dans le marbre actuellement. Mais j’espère pour le bien de tout le monde, que ce soit les artistes ou les fans qui ont hâte de les voir, que cela pourra avoir lieu cette année.

Question peut-être classique mais importante pour nous et vos fans : en tant qu’artiste, comment vivez-vous la situation actuelle sans spectacle ni concert de grande envergure depuis un an maintenant ?
2020 a été une année difficile car nous avions prévu nos spectacles d’anniversaire des dix ans de Blessed and Cursed que nous avons donc dû annuler et si même tout était en suspens pour savoir ce qui pouvait et ne pouvait pas avoir lieu, alors comme tout le monde, on a juste dû surmonter tout cela. Maintenant on espère le meilleur. Cela nous manque beaucoup à tous les concerts, aussi bien à toi comme le public et les artistes, mais les choses pourraient être bien pires et il y a certainement des gens qui sont dans des situations beaucoup plus difficiles et plus critiques de part et d’autre dans le monde que nous, je pense. Il faut donc apprendre à relativiser.

Eh bien ! Cela fait longtemps que Devil Sold His Soul n’avait pas sorti un nouvel album studio, le dernier enregistrement publié était un EP, Belong ╪ Betray, en 2014. D’après toi, pourquoi un tel délai de six ans ? Vous aviez besoin de vous offrir un long break peut-être après trois albums et beaucoup de tournées ?
Au fur et à mesure que nous vieillissons, nous avons de plus en plus d’engagements dans la vie et il devient plus difficile de trouver le temps pour tous nous réunir, c’est donc la principale raison de ce délai entre Loss et BB. Tu sais, on veut vraiment donner le meilleur de nous-mêmes et il s’est avéré qu’il a fallu ce laps de temps pour revenir avec un nouvel album, tout simplement. J’espère que tout cela en valait la peine ! (sourires)

Au cours de ces sept dernières années, un nouveau chanteur en la personne de Paul Green est arrivé dans le groupe. Entre-temps, Ed Gibbs, votre ancien chanteur historique a fait son retour au micro. Quel a été le rôle de chacun sur Loss ? Comment se fait la cohabitation au sein du groupe ? C’est pas trop compliqué ?
Ed est revenu pour notre tournée anniversaire des dix ans de notre premier album A Fragile Hope car ça nous semblait juste de la faire avec lui. Du coup, il y eut alors deux chanteurs et c’était très amusant, et ils s’entendent très bien tous les deux, donc une fois la tournée terminée, on a décidé de continuer ainsi. C’était un défi pour eux quand il s’agissait d’écrire les parties vocales du nouvel album car le processus était nouveau. Mais je pense que le résultat parle de lui-même et les gars ont fait un excellent travail en divisant les parties entre eux pour que cela fonctionne.

Alors quel a été le rôle de chaque chanteur Paul et Ed précisément dans la musique et les paroles (growls/screams/voix claires, écriture des paroles, etc.) en particulier pour le processus d’écriture de ce quatrième album studio appelé Loss ?
Ils crient et chantent tous les deux mais ont des qualités très différentes de leurs voix, donc cela mélange les choses d’une manière qui n’est pas trop et complimente la musique. Avec les paroles, ils les écrivent tous les deux, mais si l’on a un thème en tête, ils peuvent prendre le relais et vice versa.

Sur les chants clairs de Loss, qui chante ainsi ? Par exemple sur «Burdened», je trouve qu’il y a des similitudes avec la voix de Chester Bennington (R.I.P.) de Linkin Park. Linkin Park a-t-il eu une influence lorsque vous avez appris à chanter à vos débuts au sein de Devil Sold His Soul il y a une quinzaine d’années et encore de nos jours, lorsque vous avez enregistré dernièrement cet nouvel album ?
Les deux chanteurs chantent tout au long de l’album et c’est une division ou plutôt une répartition assez équilibrée. De plus, si vous entendez des harmonies, c’est le chanteur qui ne chante pas la partie principale, donc tout peut être recréé en direct live tel que cela a été enregistré. Je ne peux pas parler personnellement pour les gars, mais nous avons toujours eu un bon mélange de chants clairs et de cris (screams, growls) tout au long de notre vie en tant que groupe car cela donne un plus large éventail de dynamiques et de profondeur, ainsi qu’une plus grande palette de travail.

Loss est-il un album concept sur la perte d’un être cher dans la vie ? Il sonne très personnel et émotionnel pour Devil Sold His Soul, en particulier dans les paroles des chansons…
Ce n’était pas prévu pour être un album conceptuel, en fait, mais il possède un thème général de la perte (de soi-même, d’un être cher, etc.) à travers lequel tout est relié. C’est de loin l’album le plus personnel en effet que nous ayons fait et traite de nombreuses disparitions que nous avons tous eues à affronter dans nos vies respectives autour de nous depuis le précédent album.

Vos pochettes d’album sont toujours très belles et pures. Elles ne sont pas typiques des artworks des disques de Metal ou Hardcore. Est-ce une volonté ou un désir fort de se démarquer des autres groupes de la scène Hardcore/Metal et d’être en relation totale avec votre musique qui est à la fois très mélodique et heavy ?
Nous aimons juste que l’œuvre visuelle soit une représentation de la musique et de nous-mêmes, dans une sorte d’ambiance ou de paysage sonore, faisant un tout. Il est donc logique que nos visuels correspondent avec ce que l’on fait musicalement et notre humeur.

Maintenant, pouvez-vous nous dire quelques mots sur les deux chansons ci-dessous que nous avons particulièrement appréciées sur Loss ?
– « Tateishi » : est-ce du japonais comme mot, de quoi parlent les paroles ?

«The Narcissist» : pourrais-tu aussi développer les paroles ? Est-ce là une approche psychologique de l’égocentrisme dans notre société, ou un cas plus personnel peut-être évoqué ici ?
« Tateishi » est un endroit au Japon où nous avons séjourné lorsque nous avons donné des concerts là-bas en 2018. Nous avons de très bons souvenirs de cet endroit et quand nous étions coincés pour trouver un titre à ce morceau, nous avons décidé de le nommer ainsi. La chanson elle-même est un morceau sur la perte d’une certaine personne. Cette chanson compte beaucoup pour nous et notre famille, et comme beaucoup d’autres pistes sur l’album, nous y avons mis une grande partie de nos expériences personnelles et de notre âme et rien que pour cela. Celle-ci, parmi d’autre sur Loss, compte beaucoup pour nous et toutes ensemble forment ainsi un album avec lequel les gens pourront se connecter pleinement.
«The Narcissist» a été écrit pour dépeindre l’ambiance générale créée par les personnes négatives, contrôlantes, provoquant une certaine emprise et sans excuse avec lesquelles nous devons malheureusement faire face de temps en temps dans la vie. C’est donc ici un doigt d’honneur envers ceux qui ne changeront pas leurs habitudes quand ils ne laissent qu’un goût amer dans la bouche des autres…

Techniquement, au niveau de vos instruments, à propos des parties de guitare par exemple : jouez-vous plutôt sur guitare à 7 ou 6 cordes parce que comme c’est la grande mode de la guitare à 7 cordes de nos jours dans le Metalcore… ? (sourires) Et quels types d’accordage utilisez-vous principalement sur Loss : plutôt un accordage standard, ou bien G (Sol) ou A (La) voire en F (Fa) peut-être ?
Nous jouons des guitares à six cordes et notre accordage est principalement en Do (C) standard (c’est-à-dire : C F A # D # G C). Beaucoup de chansons sont en drop cependant (A # F A # D # G C). Une chanson du nouvel album a été composée et enregistrée avec un accordage en Fa (F) grave pour lequel nous changerons d’accordage pour le live sur scène.

Pour conclure : quels sont vos projets pour 2021 ? Êtes-vous prêts à partir en tournée et jouer sur scène en Europe et dans le monde lorsque cette épidémie mondiale s’arrêtera ? Vos fans européens et surtout français peuvent espérer vous voir bientôt vivre en France ? Restez-vous optimiste pour l’avenir tout de même ?
2021 est avant tout pour nous la sortie de l’album Loss et de sa préparation, donc c’est une période assez excitante pour le groupe en ce moment. Nous sommes impatients de le sortir et de le jouer en spectacle, pour le soutenir et nous programmerons des concerts dès que possible. On reviendra d’ailleurs certainement en France dès que possible ! Nous sommes dans la meilleure situation dans laquelle nous ayons été en tant que groupe et sommes sur le point de sortir un album qui compte beaucoup pour nous et dont nous sommes tous extrêmement fiers dans Devil Sold His Soul, alors laissons les bons moments se dérouler à présent !

CHRONIQUE ALBUM

DEVIL SOLD HIS SOUL
Loss
Metalcore
Nuclear Blast

Si l’EP Belong ╪ Betray permit quelque peu aux fans de patienter, celui-ci ne les convainquit cependant pas tous alors que son nouveau chanteur Paul Green tâchait de s’intégrer. Aujourd’hui, Devil Sold His Soul, qui a eu la bonne idée de rappeler dans ses rangs son frontman originel Ed Gibbs sur la tournée anniversaire A Fragile Hope et surtout de le garder, insuffle une nouvelle dynamique vocale et une richesse émotionnelle supplémentaire sur ce quatrième album à l’image du morceau d’ouverture « Ardour », catchy et plein de fougue après son intro grave au piano. Alternant atmosphères avec samples discrets et claviers (le superbe « Witness Marks »), accélérations et riffs plombés de guitares (« Burdened »), on plonge aisément dans les mélodies des Anglais où le chant clair rappelle parfois étrangement le regretté Chester Bennington (Linkin Park). Tiens, justement sur Loss, est évoquée la perte d’un être cher… Véritable petite perle de Metalcore à la fois heavy et mélodique, ce nouvel album Loss est soigné dans ses moindre détails. Son attente en valait donc la peine. [Seigneur Fred]