DIABLO BLVD
Les pendules à zéro

En France nous avons Dédo, la Belgique a Alex Agnew. Ce dernier, en plus de ses qualités d’humoriste, est aussi le frontman des sémillants Diablo Blvd, dont le quatrième album vient tout juste de débouler dans nos bacs. Différents sans renier ses origines, ce disque fait la part belle aux influences New Wave du groupe, qui ose l’électronique et autres arrangements qui apportent de la fraîcheur à un ensemble qui fleurait déjà bon le rock’n roll.

[Entretien avec Andries Beckers (guitare) par Julien Meurot – julien@metalobs.com]

DiabloBlvd2017b

Avec un tel titre, on peut se dire que le groupe a fait plus ou moins table rase du passé. À commencé par cet artwork pour le moins surprenant !
(rires) Oui, il représente à notre avis assez bien le contenu du disque. C’est l’œuvre d’Hedi Xandt. Nous voulions réellement repartir de 0. Elle est très laide, froide, mais il y a cette forme de beauté à l’intérieur qui ne s’explique pas vraiment. Un peu comme notre musique, au final, qui se veut heavy, mais qui est aussi belle par moment. C’est très ésotérique non ? (rires)

Cet album a-t-il été plus collaboratif que les précédents ? C’est en tout ce qui a été mis en avant dans votre bio.
C’est à 100% exact. Généralement, nous écrivions les titres à deux avec Alex. Il est arrivé que Tim (Bekaert, guitare) nous apporte des titres par le passé, mais c’est tout. Pour Zero Hour, nous avons bossé ensemble. Personne n’est arrivé en imposant un titre de bout en bout. C’était très plaisant, car même si nous nous connaissons bien, il y a eu une émulsion entre nous et les idées ont fusé. Exemple assez marquant que l’on cite sans cesse, mais qui est représentatif de notre état d’esprit : « You Are All You Love » est venu d’un texte et d’une mélodie que nous a chantée Alex. C’était une première pour nous, car généralement les paroles arrivent sur la fin du processus.

Ce titre est d’ailleurs bien cool !
Et encore, il a fortement évolué pour devenir plus sombre ! À la base, le titre avait de grosses guitares et un coté limite dansant. Puis nous l’avons ralentis, nous avons fait sauter les guitares du début pour ne laisser que la basse et la baterrie avec des petits bruitages. Nous sommes très satisfaits de ce titre, tant musicalement qu’au niveau des paroles.

Il y a bien plus de parties électroniques. Peux-tu nous en dire plus à ce sujet ?
C’était important pour nous de faire évoluer un peu nos sonorités. Il n’y a pas de réel bouleversement, mais c’est plus une couleur supplémentaire. Notre son reste celui de ma guitare, de celle de Tim, mais comme peuvent le faire des groupes comme Killing Joke, il y a cette patte en plus qui peut faire une différence.

Par moments, le rendu fait clairement années 80, comme dans « The Song Is Over »…
Oui, il y a un séquenceur ; c’était assez amusant à utiliser. Le rendu est effectivement très « old school », mais il sert bien le propos de la musique.

C’est assez amusant que le titre « 00:00 » soit un instrumental cassant le rythme juste avant la déflagration « Like Rats »
Je vois ce que tu veux dire. Mais pourquoi le titre éponyme devrait-il être le single ? (rire) L’instrumental n’avait pas de titre et comme nous n’avions pas de titre raccord avec Zero Hour, nous avons opté pour ce choix.