Ettore Rigotti, c’est comme Björn « Speed » Strid : on trouve toujours son nom quelque part dans les crédits d’un disque. Ce n’est pas pour rien que les deux s’acoquinent à nouveau – avec Claudio Ravinale –  sous la bannière Disarmonia Mundi pour sortir Cold Inferno. On a échangé quelques mots avec le maestro italien.

[Entretien avec Ettore Rigotti par Philippe Jawor – philippe@metalobs.com]

DM

Il semblerait que tu veuilles à chaque fois installer une atmosphère particulière dans tes albums : quelle est celle que tu as voulue pour Cold Inferno ?
Cette fois, je voulais une atmosphère un peu froide, onirique mais assez agressive en même temps. Cet album est composé de beaucoup de styles différents, aussi bien empruntés à Nebularium, le premier album, qu’à The Isolation Game, je devais donc trouver un compromis entre les titres les plus agressifs et ceux qui appellent plus au rêve ; les guitares et les claviers aident à créer cette atmosphère.

Quelles ont été tes inspirations pour créer cette ambiance ? Le cinéma ? J’ai cru distinguer un son extrait de la banque de données d’un logiciel de montage vidéo dans l’intro !
Ce n’est pas tant de l’inspiration qu’un mélange habile entre le processus de composition et la production. L’atmosphère se crée d’elle-même pendant tout le processus d’enregistrement, finalement. Quant au crescendo « cinématographique » à la fin de l’intro… c’est juste que j’en avais besoin ! Ce n’est pas la première fois que j’utilise ce procédé.

Tu as à nouveau tout fait toi-même ; à quoi ressemble ta période de composition ?
C’est une question difficile, parce que ce n’est pas le même procédé pour chaque chanson. En général, ça commence par un riff de guitare ou quelques notes de clavier, puis je construis autour une structure un peu basique. Si ça fonctionne, je continue à composer dessus, ajoutant des guitares, des nappes de synthé, et quelques idées de paroles – généralement une espèce de yaourt mi-italien mi-anglais, juste pour voir quels mots pourraient coller.
Cependant, il n’y a pas de règle précise : il m’est arrivé d’écrire une chanson à partir des paroles – généralement un pont ou un refrain. Une autre fois, j’ai composé la moitié d’un titre en chantonnant le riff de guitare, tout en tapant sur ma table en guise de batterie ! (rires)

ettore

Ça ne te limite pas, parfois, d’être tout seul ?
Bien sûr, il y a quelques limites, mais il y a aussi beaucoup d’avantages, le premier étant que j’ai le contrôle à 100%, ce qui me permet de ne sortir que des titres dont je suis sûr qu’ils seront à 100% du Disarmonia Mundi !
Bien sûr, il y a quelques inconvénients, des problèmes techniques à gérer tout seul à mon pire ennemi : le temps ! Gérer la composition de tous les instruments, les paroles, puis l’enregistrement, la production et le mix tout seul, c’est assez épique – et je dois l’avouer, parfois chiant ! (rires) Mais c’est ce que j’aime faire, alors ça va.

Tu n’as pas envie de t’entourer un peu plus, parfois ?
Non, je pense que Disarmonia Mundi fonctionne bien comme ça, c’est une bonne formule, qui me donne toute la liberté et la créativité dont j’ai besoin. Au début, c’était un peu un choix forcé parce que je ne trouvais personne qui voulait bien s’impliquer sérieusement dans le groupe. Il y a quelques années, j’ai essayé de recruter des musiciens de session pour au moins porter la musique de Disarmonia Mundi sur scène, mais je n’ai jamais trouvé le temps – et les bonnes personnes – pour concrétiser ce projet. Le faire avec Björn est assez difficile aussi, puisqu’il est très occupé avec Soilwork et The Night Flight Orchestra.

On peut quand même considérer Björn Strid comme un membre à part entier du groupe, puisqu’il est à nouveau présent sur cet album ! C’est comment, de travailler avec lui ?
Ça a toujours été génial. La première fois qu’il est venu au studio, c’était en 2003, il y a douze ans, déjà… nous étions si jeunes ! (rires) Mais on n’a que des bons souvenirs : à chaque fois qu’on bosse ensemble, on obtient de très bons résultats en très peu de temps. C’est un chanteur vraiment talentueux ; tout producteur rêverait d’avoir un pro comme ça en studio !

Quels sont vos prochains projets ensemble ?
Un nouvel album de Disarmonia Mundi, c’est sûr ! Cold Inferno a mis du temps à sortir parce que j’ai passé pas mal de temps sur mon activité de producteur/ingé son. L’année dernière a été chargée aussi, puisque je construisais mon nouveau studio (The Metal House) et montais mon label, Coroner Records. Maintenant que tout ce « gros-oeuvre » est fait, vous allez entendre parler de Disarmonia Mundi, je vous le garantis !

Et tes projets tout seul ?
Je pense qu’on va bientôt commencer à travailler sur un nouvel album de The Stranded. On a des choses qui sonnent bien, plus modernes ; je ne veux pas faire un deuxième Disarmonia Mundi, mais je veux que les fans de Disarmonia Mundi aime la musique de The Stranded aussi.
En plus de ça, Claudio et moi travaillons sur un autre projet : j’ai composé pas mal de choses pendant des années, mais c’est un peu plus extrême que Disarmonia Mundi, alors je les ai mis de côté en attendant d’en faire un album. On a probablement assez de matière pour en faire deux albums, en espérant trouver le temps bientôt pour s’y mettre ! (rires)

Disarmonia Mundi
Bourreau de travail

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