Enabler, groupe de screamo hardcore, s’est fait connaître très rapidement dans le milieu, en s’entourant surtout des bonnes personnes. Cependant, Enabler, c’est un seul homme, un seul maître à penser : Jeff Lohrber mène sa barque et assassine à chaque riff, chaque parole. Nous avons voulu en savoir plus sur cet homme-groupe qui mérite d’être mis en lumière.

[Entretien avec Jeff Lohrber (guitare, chant) par Loïc Cormery – loic@metalobs.com]

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Tu reviens avec un très bon album, dans la pure tradition hardcore/sludge, et tu viens de signer chez Century Media. Quelles sont tes attentes, et pourquoi avoir cassé l’ancien deal ?

Mes attentes avec Century Media sont bien sûr très importantes : j’ai décidé de travailler avec eux parce que ce label a une bonne vision pour les groupes qui sont chez eux. Il y a une évolution dans les catégories et les styles de musique, à l’heure actuelle : Enabler a besoin d’un nouveau départ et d’une nouvelle dynamique. Avec nos anciens deals, rien n’était concret ; mais le travail était fait, c’est le plus important.

Ton précédent album avait un titre en Français, La fin absolue du monde

C’était un clin d’œil, mais je trouve votre langue très poétique. J’aime beaucoup la littérature française, ainsi que ses penseurs ; ils ont un niveau supérieur à celui de tous les écrivains du globe, avec quelques autres Européens. C’était aussi un album qui s’est fait dans l’urgence, avec un line-up très fort, en trio. Aujourd’hui, ce n’est plus même line-up, j’en change régulièrement : c’est plus dynamique en tournée, comme ça !

Tu sors déjà un nouvel album ? Le précédent est pourtant sorti il y a moins d’un an !

Je crois que le deal avec Century Media m’a inspiré pour accoucher à nouveau d’un skeud. Après la sortie de La fin absolue du monde, je me disais que j’avais trop de morceaux qui allaient partir à la poubelle. Finalement, je n’ai pas beaucoup tourné l’année dernière et je voulais me concentrer sur Fail To Feel Safe. J’ai mis moins de temps que prévu, du coup on pouvait le sortir plus tôt aussi. J’en ai discuté avec le label : ils étaient ravis car ils adoraient le précédent. C’est gagnant-gagnant.

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Enabler existe depuis seulement 2010 et c’est déjà ton quatrième album !

Comme tu as pu le constater, je n’aime pas trop traîner. Je suis sur une bonne dynamique, avec des musiciens qui sont ouverts aux propositions que je leur fais. Cependant, je leur donne carte blanche en live, et leurs idées sont toujours les bienvenues. Par contre, j’enregistre moi-même tous les instruments ; là encore, je gagne du temps. Je ne veux pas engager n’importe qui ; je sais ce dont j’ai envie et où je vais. Je ne me prends pas la tête, j’enregistre ; si je me plante, je ne pourrai m’en prendre qu’a  moi. C’est une vision des choses mais pour moi, c’est la plus judicieuse ; la plus rentable, aussi.

On imagine que tu as beaucoup écouté tes aînés, mais quelles sont tes influences ?

J’écoute beaucoup de choses, mais j’ai été bercé par Metallica, Iron Maiden, ou encore Slayer. Je ne me limite pas à un style de musique, cependant : effectivement, j’aime Converge, Norma Jean, The Chariot et tout le courant hardcore old school, mais des fois ça me fait chier, aussi ! (rires). Je ne me pose aucune barrière : je pense qu’Enabler a sa propre identité, et c’est ce qui fait la différence en ce moment. Beaucoup de groupes se focalisent et s’enferment dans des styles qu’ils ne savent pas jouer, finalement. L’ascension des jeunes groupes est souvent très rapide au début, mais leur déclin l’est tout autant !

La chronique de l’album Fail to feel safe est à retrouver ici

ENABLER
Le visionnaire

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