Voici un groupe américain auquel nous croyons dur comme fer et qui pourrait davantage faire parler de lui très prochainement grâce à sa signature chez Century Media. Originaire de Richmond (Virginie) comme un certain Lamb of God, Enforced balance un Thrash Metal crossover traditionnel, certes, mais diablement efficace ! Rencontre… [Entretien avec Knox Colby (chant) par Loïc Cormery – Photo : DR]

Vous venez de signer chez Century Media, important label Métal allemand. Qu’en attendez-vous de particulier de leur part ?
De l’honnêteté, de la sincérité, de la sueur et des larmes de joie ! Un vrai label quoi ! Un groupe, cela se mérite et on s’est trop foutu de notre gueule par le passé. Je pense qu’avec Century Media, nous avons trouvé les baskets à nos pieds. Je suis un punk dans l’âme, je sais qu’ils le sont un peu également et cela me plaît beaucoup. Nous avons pas mal de choses à faire et déjà, pour commencer, ce putain de nouvel album va faire mal !

Sur votre précédent disque At The Walls, on retrouve souvent le thème de la vie, la mort, le système, les mensonges et la déception… Quels sujets sont abordés cette fois ?
La mort est un sujet cliché pour n’importe quel groupe de Métal et je suppose que nous ne sommes pas différents de cela, sauf qu’on s’en fout un peu. Mais on reste là sur les sujets que tu as mentionnés, dont ce système corrompu qui me fiche la gerbe… C’est ce qui trouble le plus notre humanité et c’est impossible à comprendre. Nous nous sommes appuyés sur nos expériences respectives et nos sentiments quotidiens. Nous avons été en parfaite relation pour l’écriture, nos idées ont fusionné à merveille et c’est le principal.

Vos premiers singles, « Hemorrhage » et « Malignance », sont formidables. Est-il important pour vous de rester proche de vos racines ? Tu as des morceaux qui te tiennent à cœur sur ce second album par exemple ?
Merci ! Oui, je pense qu’il faut y rester, mais en évoluant continuellement, si tu ne veux pas mourir. Je crois qu’Enforced est de plus en plus présent en termes d’image mais notre son prend de l’ampleur également. Nous sommes juste un groupe qui joue sa propre musique, tu sais. On essaie de conserver notre son unique et il est vraiment important pour nous de le sauvegarder, car c’est ce qui nous tient à part des autres groupes dans le style. J’aime le Thrash traditionnel et le Punk Rock. Je trouve que le mariage des deux est excellent. Le titre « Kill Grid » en est le parfait exemple et c’est la marque de notre nouvel album.

Arthur Rizk (Power Trip, Cavalera Conspiracy, Code Orange, etc.) a mixé l’album. A-t-il eu une influence sur vous, par rapport peut-être aux groupes qu’il produit habituellement ?
Nous sommes fans de son travail et du son qu’il a pu établir pour différents groupes dont Power Trip, bien sûr ! R.I.P. Ces mecs sont des mentors pour nous. Nous essayons d’ailleurs de faire vivre cette vibe dans notre musique.

CHRONIQUE ALBUM

ENFORCED
Kill Grid
Thrash Metal crossover
Century Media/Sony Music

Enforced fait donc son grand retour avec un deuxième album épatant et éclatant de lucidité, mais, surtout, d’une maturité évidente, deux ans après At The Walls (War Records). Dorénavant signé chez Century Media, le groupe voit plus grand et sa musique s’en ressent à l’écoute de Kill Grid. Le quintet américain possède toujours cette marque de fabrique qui fait la classe des groupes de crossover de cette époque. Pour preuve, les morceaux « The Doctrine » et « UXO » qui ouvrent le bal avec de grosses rythmiques aux riffs thrashy et puissants, parsemés de parties vocales rageuses de la part de Knox Colby, voilà ce qui sera le leitmotiv d’Enforced tout au long de ce nouvel album. Le mastodonte « Malignance » et son break à couper le souffle rappelle presque le Kill ‘em All de Metallica, en y ajoutant des solos de guitares impeccables et stylés. Les harmonies sont ciselées, les atmosphères sont lugubres et la prod’ de cette galette sublime grâce à Arthur Rizk (Power Trip…). D’ailleurs, Power Trip et son regretté chanteur reste en tête tout du long ici, le clonage n’est pas très loin, mais aucunement plagié pour autant. R.I.P. La chanson-titre, « Kill Grid », placée au milieu, constitue une énorme chanson, avec un palm mute puissant au niveau des grattes, une fois de plus dévastatrices et percutantes. Nos jeunes Yankees sortent donc ici l’artillerie lourde. La tradition a encore de beaux restes pour les amateurs de revival Thrash 80 ! [Loïc Cormery]