Les saisons se suivent et les albums s’enchaînent avec succès depuis déjà un grand nombre d’années pour nos Vikings norvégiens sans pour autant altérer leur inspiration ni leur sincérité. La preuve en est avec ce treizième opus, In Times, d’une musicalité rare. Notre ami de longue date Ivar, guitariste et cofondateur d’Enslaved, a bien voulu prendre le temps de répondre à quelques questions et sortir du discours promo habituel [Entretien avec Ivar Bjørnson (guitare, électroniques) par Seigneur Fred – Photo : DR]

EnslavedAlors Ivar, après Isa en 2004, Ruun en 2006, Vertebrae en 2008 et Axioma Ethica Odini en 2010, avez-vous remporté comme d’habitude un Grammy Award pour la sortie de votre précédent album Riitiir en 2012 dans la catégorie Métal chez vous en Norvège (NDLR : appelés les « Spellemann awards » là-bas) ?

Non, pas cette fois ! (rires) Cette année-là, ce fut attribué au groupe norvégien de Thrash Metal Nekromantheon… On était nominé pour la catégorie « Meilleur album de l’année » parmi les trois groupes mais bon c’est le jeu aussi, on est plutôt fair-play donc ça va, et puis on ne peut donc pas gagner à tous les coups ! (rires)

 

Toujours à propos de Riitiir qui était un concept album en référence aux rituels des Hommes depuis le début de l’Humanité, penses-tu que les fans l’ont bien reçu et compris ?

Oui, cela abordait les rituels humains dans nos sociétés… Je pense que chacun de nous a pu y trouver des choses intéressantes, soit en restant à la surface des choses, ou bien plus en profondeur avec l’association de différentes choses avec sa vie quotidienne selon si on étudie les paroles et creuse un peu. C’est un album ouvert, on ne prêche rien, donc tout le monde peut y trouver son compte à sa manière.

 

Et sur scène, as-tu ressenti l’adhésion du public lors de l’interprétation de ces nouveaux morceaux live ?

Absolument, oui, ce fut vraiment plaisant d’ailleurs, peut-être davantage que par le passé car nous avons eu de si nombreux. En général, il y a les anciens fans préférant notre ancien répertoire et d’autres personnes qui préfèrent plutôt nos nouvelles chansons, et là, tout le monde réagissait bien et adhérait en concert. C’est donc très génial pour nous de vivre ça sur une tournée pour un nouvel album.

 

A l’occasion des vingt ans de l’album Frost (1994), avez-vous fait quelque chose de spécial l’an dernier ?

Non, on verra ça plutôt pour le vingt-cinquième anniversaire de la formation du groupe l’an prochain (1991-2016) à présent. On est un vieux groupe de jeunes gens ! (rires) Mais on avait interprété une fois tout l’album Eld lors d’une participation à un gros festival et cela eu plutôt du succès. Je pense que l’on fera quelques dates comme ça lors des vingt-cinq ans du groupe, par-ci par-là, en jouant dans une même ville par exemple durant plusieurs soirs différents albums en intégralité…

 

EnslavedAvec treize albums au compteur maintenant incluant le petit nouveau In Times, ça ne doit pas être aisé d’élaborer une playlist en tournée à chaque show… Vous ne vous battez pas le soir ou ne vous arrachez pas les cheveux pour choisir les chansons avant de monter sur scène ? (rires)

Oui, en effet ! Mais il y a des spécialistes dans le groupe qui sont forts pour ça… (rires) On essaie de satisfaire un peu tout le monde dans le public, mais avec tant d’albums, ce n’est parfois pas évident, et on joue plus du dernier album en date généralement. En France, par exemple, c’est toujours assez spécial d’ailleurs… (rires)

 

Comment est-ce de travailler avec votre second guitariste Arve Isdal (alias « Ice Dale ») car il doit être très occupé entre le succès croissant de son autre groupe Audrey Horne dernièrement en plus de ses diverses autres collaborations (I, Demonaz…) et son activité de producteur ? Ce n’est pas trop difficile au niveau des plannings par exemple ?

Non, cela se passe bien car il est très professionnel et on habite tous Bergen ou les environs (notre batteur Cato Bekkevold vivant à part dans la forêt (rires !)) et on arrive à trouver un bon équilibre entre tous les groupes au niveau des plannings. Au début, c’était plus difficile car il avait beaucoup de responsabilités au sein d’Audrey Horne et tout reposait essentiellement sur lui, c’était stressant pour lui. A présent dans Audrey Horne, tout le monde s’implique et tout ne repose plus que sur lui, c’est un groupe à part entière. Et on s’arrange entre nos managements pour nos tournées, la promotion respective de nos albums entre Enslaved et Audrey Horne, etc.

 

Votre nouvel album s’appelle In Times mais on dirait qu’avec le temps vous devenez économes car il ne contient que six nouvelles chansons ! (rires) Quel est le concept cette fois-ci ?

C’est vrai ! (rires) Mais elles sont relativement longues tout de même ! Hé bien, en fait on avait juste cinq morceaux de prêtes qui constituait déjà « In Times » avec la chanson titre. On a ensuite composé et rajouté une dernière chanson « Daylight ». Elle convenait vraiment bien pour en faire une conclusion à l’album, c’est une belle chanson, très naturelle et décroissante en quelque sorte. Et quand on a vérifié la totalité des chansons, alors l’album était complet car en fin de compte ça collait bien et l’ensemble était suffisamment long. Il n’y a pas vraiment de règle : pour certains, des albums de trente minutes conviennent très bien, pour d’autres, il leur faut plus pour s’exprimer, nous cinquante-trois minutes ça nous va bien pour six morceaux.

 

Et où en est le projet du DVD live sur lequel vous travaillez plus ou moins et dont on avait parlé il y a trois ans lors de notre précédent entretien ? Return to Yggdrasil date de 2005… !!

Hé bien on travaille toujours dessus ! (rires) Cela requiert beaucoup de temps, trouver de bonnes archives, de la logistique, et puis de l’argent. On verra ça pour bientôt, peut-être l’an prochain, à suivre donc…

 

Enfin, Enslaved étant attaché à ses racines Vikings et ayant toujours développé une musique inspirée par son héritage culturel, suis-tu la série télévisée « Vikings » sur la chaîne History que je trouve personnellement assez juste dans son interprétation et sur les coutumes et les croyances de l’époque ?

Oui, parfois. Un de mes meilleurs amis, Einar “Kvitrafn” Selvik du groupe Wardruna, suit cela de près et quand je vais chez lui, alors on regarde cette série TV, et j’aime bien oui. C’est assez intéressant et divertissant, et bien fait en outre. Je connais un peu cette histoire…

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