Paris : 4ème arrêt pour Enter Shikari et son Stop The Clock Tour. Après deux dates en France à Lille et à Strasbourg et un concert au Pays Bas, c’est au Bataclan que nous avons rencontré Rou et Rory avant leur show. Retour sur une interview tout en simplicité et un concert multicolore. [Entretien avec Rou (chant) et Rory (guitare) par Elisa Constantin.]

 Comment se sont passés les premiers concerts de la tournée ?

Rou : Surprenamment bien ! On était pas mal stressés mais le public a été génial, énergique et passionné.

Parce que c’est surprenant venant du public français ? (rire)

 Rou : (rire) Oui car vous êtes plutôt réservés en général. Mais là ce n’était pas le cas, c’était très intense donc… une très bonne surprise !

C’est sûre que ce n’est pas la même chose en Angleterre. On vous a déjà vu jouer à Manchester et le public était très unis, c’était puissant.  

Rou : C’est l’atmosphère qu’on essaye de créer. On veut que les gens puissent venir sans qu’il n’y ait aucun jugement, qu’ils apprécient la musique et qu’ils se sentent « en vie », ce truc qui est assez difficile à faire de nos jours.

C’est quelque chose qui émane naturellement de votre musique ou vous essayez vraiment de créer cette unité ?

Rory : Je pense que ça vient de la musique. Par définition, la musique a cette caractéristique de pouvoir rassembler les gens. C’est psychique.

De ce qu’on peut voir, ce n’est pas encore suffisant pour réunifier l’Angleterre en ce moment. Vous vous-sentez comment par rapport au Brexit ?

Rou : Frustrés, fatigués, honteux. Encore plus lorsque chaque pays d’Europe pointe du doigt ce qui se passe et que tu es en pleine tournée Européenne (rire). Mais c’est un peu pareil chez vous avec les manifestations, non ? Et puis, c’est aussi le bordel aux États Unis, en Hongrie… Les frontières, le nationalisme… Tout ça prend tellement d’ampleur aujourd’hui, ça fait très peur.

Parlons un peu musique ! Des nouveaux projets pour Enter Shikari ?

Rory : On commence juste à avoir quelques idées sur ce qui pourrait être le nouvel album. Pour l’instant on vient juste de sortir « As It Is x Shikari Sound System », un projet électronique en collab’ avec As It Is qui tourne avec nous en ce moment. Mais on n’a rien de concret pour l’instant. On garde ça pour plus tard et pour vous surprendre le moment venu.

Comme à chaque fois que vous sortez un nouvel album !

Rory : Un peu, enfin on essaye !

The Spark a été plus doux et plus calme que vos précédents albums, mais vous gardez quand même vos influences punks. Et on adore. C’est quoi votre secret ?

Rou : Ça vient naturellement, je pense qu’on a eu de la chance de grandir avec beaucoup de styles de musique différents dans les oreilles. Avec The Spark, on était dans notre période post punk, on a pris des décisions qui contrastaient vraiment de celles qu’on avait l’habitude de prendre. On voulait peut-être un peu effacer cette étiquette de « no easy band » qu’on nous colle souvent et montrer qu’on avait une multitude de ressources. L’album a diversifié notre musique et on s’est vraiment renouvelés avec lui. Même si c’est certain, l’agressivité fait partie de ce qu’on fait, ce n’est pas ce qui nous qualifie entièrement.

Dernière petite question pour notre plaisir personnel : Si on vous donne une baguette magique maintenant et que vous pouvez changer une seule chose sur cette planète, qu’est-ce que ce vous faites ?

Rou : OMG. Je pense que je change Donald Trump en canard direct.

Enter Shikari; Roughton Reynolds; Liam Clewlaw; Chris Batten; Les Paradis Artificiels; Le Splendid; Hellemmes; 27.03.2019
Enter Shikari; Roughton Reynolds; Liam Clewlaw; Chris Batten; Les Paradis Artificiels; Le Splendid; Hellemmes; 27.03.2019

Zoom sur le concert…

[Texte : Elisa Constantin, Photos : JC Baugé] 

 En visite à Paris pour leur Stop The Clock Tour, nos British nous ont offert un show comme ils savent le faire : énervé et touchant à la fois.

L’énergie inépuisable du groupe a su convaincre à nouveau les fans. Une entrée festive sur « The Sight » annonça l’embarquement direct pour un concert de 1h30.

Comme des maîtres du temps, le quatuor de Enter Shikari défia chaque minutes, nous faisant passer de la joie à la colère et de la nostalgie à l’espoir en quelques secondes. Les morceaux s’enchaînèrent tels des montagnes russes à émotion, parfaitement contrôlées par nos hôtes du soir : « Labyrinthe », « Rabble Rouser », « Undercover Agents »… Le public est en fusion ! Le temps s’arrêtera ensuite sur « Stop The Clock », avant de s’accélérer sur un enchaînement de quatre de leurs meilleurs titres. Clappement de mains sur « Sorry You’re not a Winner », déchaînement anarchique sur « …Meltdown » et derniers coups d’épaules sur « Anaesthelist ».

C’est l’heure du rappel : Rou prend les commandes. Le chanteur calme nos respirations mais pas nos battements de cœur. Avec un « Take my Country Back » joué seul au piano, nos yeux ne décolleront pas de la scène mais on sentit la salle s’envoler.

Et comment ne pas finir sur les mythiques « Juggernauts » et « Live Outside » ? Un combo parfaitement choisi qui sonnera la fin de notre voyage spatio-temporel.

See you again in another dimension guys!

Enter Shikari; Roughton Reynolds; Chris Batten; Les Paradis Artificiels; Le Splendid; Hellemmes; 27.03.2019
Enter Shikari; Roughton Reynolds; Chris Batten; Les Paradis Artificiels; Le Splendid; Hellemmes; 27.03.2019

Enter Shikari : électriquement survolté !

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