A l’occasion du Hellfest, véritable lieu de pèlerinage des fans mais aussi de tous les professionnels de la musique métal, nous avons pu rencontrer quelques membres de l’organisation du Fall Of Summer, ce nouveau festival « parisien » qui ouvrira ses portes le 5 et 6 septembre 2014 à Torcy. L’occasion pour nous d’en savoir un peu plus sur ce qui risque de nous arriver à la rentrée des classes ! [Entretien réalisé avec Jessica Rozanes (responsable de la programmation) par Elisa Wolf – Photo : Crixos Photography]

Poster_FALLofSUMMERBonjour Jessica ! Première question et pas des moindres, comment se lance-t-on dans la création d’un nouveau festival de métal ?

Ce qui nous motive avant tout, c’est la passion. Je crois que pour un fan ou pour un professionnel, c’est un petit rêve de pouvoir monter son propre festival, même si c’est autre chose de le faire ensuite ! Et même si c’est une expérience stressante, il ne faut pas avoir froid aux yeux et se lancer à fond dedans.

 

Depuis combien de temps travaillez-vous sur le Fall Of Summer en amont de la première annonce faite en avril dernier ?

On a commencé à visiter des sites potentiels en août 2013, il y a donc un an. C’est vrai que les premières annonces ont été faites relativement tard en raison justement d’un problème de site ; nous avions trouvé un endroit pour monter le festival et à l’approche des élections municipales, le maire de la commune en question a finalement fait marche-arrière pensant que le festival serait un argument contre sa réélection. Du coup, il nous a fallu trouver un autre site alors que tout était prêt de nôtre côté (en janvier dernier). Mais nous sommes malgré tout content du site actuel. La base de Torcy est un vrai petit écrin de nature avec 355 hectares, son lac et ses arbres. C’est un très chouette lieu où il y a de grandes possibilités.

 

Avez-vous rencontré d’autres gros obstacles comme celui-là dans la création du festival ?

Pas spécialement. Nous sommes tous dans le milieu depuis un certain temps, les professionnels nous connaissent bien et ce n’était pas difficile de se faire connaitre et d’être crédible auprès de la presse ou des bookeurs, par exemple. Le seul frein qu’on aurait pu connaitre se trouvait auprès des institutions françaises, mais par chance tout se passe pour le mieux avec Torcy ; ce ne sont pas du tout des métalleux à la base, ils ne savent pas trop où ils vont, mais le maire a été réélu à 70% donc ça ne leur fait pas peur (rires) !

 

Comme tu t’occupes précisément de la programmation, peux-tu me dire quelle est votre ligne directrice dans le choix des groupes qui joueront à cette première édition du Fall Of Summer ?

Contrairement aux autres festivals qui proposent une affiche assez éclectique, nous nous sommes concentrés sur un vrai aspect old school avec du black, du thrash, du doom et du death. Les groupes qui joueront chez nous s’arrêtent habituellement très peu voire pas du tout en France : Venom n’est pas venu chez nous depuis 7 ans et ils ne feront que 3 dates cet été. On est à ce titre encore plus fiers de les accueillir au Fall Of Summer !

 

De ton point de vue, comment se fait-il que ces groupes ne passent pas ou peu en France ? Est-il difficile de les faire venir ou s’arrêter en France n’est pas intéressant pour eux ?

Il y a plusieurs aspects à prendre en compte. Certains groupes, par exemple, n’ont pas de tourneurs en France et il faut donc passer en direct par le groupe pour le faire venir, ce qui a été le cas de Venom justement. Il y a aussi une histoire de calendrier. Précisément, nous avons placé le festival en septembre à un moment où il n’y a pas de tournées. Aussi, si nous voulons programmer un groupe, nous devons le faire venir exprès pour le festival et non pas inclure notre date dans un espace libre de sa tournée. C’est une solution plus chère mais qui nous permet de faire venir les groupes qui ne tournent pas en ce moment.

FoS-Jess3

Placer le festival en septembre fait partie de cette stratégie de programmation ?

Pas spécialement. Septembre, c’est à la fois passer après tous les autres et aussi se présenter comme « la dernière chance » de venir planter sa tente en festival avant l’hiver, de se la couler douce au bord d’un lac et d’écouter du bon son entre amis.

 

Parlons des choses qui fâchent ! Comment assurez-vous l’aspect financier du festival ? Avez-vous des aides extérieures ou êtes-vous avec votre argent et votre couteau ?!

Avoir des aides sur une première édition est toujours compliqué, d’où le fameux adage qu’on ne prête qu’aux riches. J’ai la chance de travailler pour un patron un peu fou qui a décidé de se jeter dans l’aventure. Il a tout à fait conscience des risques puisqu’il est à la tête d’un ensemble d’établissements sur Paris qu’est la Korporation (le Klub, le Black Dog, la Manufacture, la Mécanique Ondulatoire) il ne prend pas les choses à la légère, mais pour l’amour de la musique il faut aussi savoir prendre des risques, ce que tous les professionnels du milieu savent bien.

 

Comment se passent les préventes jusque-là ?

Plutôt bien, même s’il est encore bien trop tôt pour crier victoire. En tant qu’organisatrice de concerts, je peux t’affirmer que les préventes ne veulent pas tout le temps dire que tu feras salle comble ; tu peux faire beaucoup de préventes et peu de ventes sur place et inversement. Ceci étant dit, je pense que beaucoup attendent aussi la fin du Hellfest pour voir ce qu’il leur reste dans le porte monnaie – et ça risque de faire mal (rires) ! Mais on reçoit aussi beaucoup d’emails d’étrangers – des Russes, des Norvégiens, des Italiens, des Irlandais… – et on nous demande déjà comment venir au festival depuis l’aéroport. Autant dire que ça fait très plaisir !

 

Parlons un peu de toi ! C’est ta première expérience dans l’organisation de festival ?

Tout à fait. J’y ai trainé mes guêtres pendant un paquet d’années, mais être de l’autre côté de la barrière c’est quelque chose ! C’est une expérience très stressante où tu peux dire adieu à tes weekends ! Ce n’est pas compliqué, actuellement mon temps c’est : 99% consacré au festival et 1% où je me dis « je pars où en vacances en septembre ?! » (rires). Il faut se dire que c’est une super expérience et quoi qu’il se passe dans deux mois, je l’aurai fait et surtout, je l’aurai fait au mieux ! On ne pense même pas à la deuxième édition ; pour nous tout ce qui compte, c’est de réussir la première !

 

FALL OF SUMMER
Un dernier verre avant la guerre

Fermer le menu