C’est une bande de Parisiens qui a commencé vers 2008 en faisant du visual kei, genre largement tombé en désuétude depuis. Loin d’avoir lâché l’affaire, le combo a retroussé ses manches pour évoluer et rebondir.

[Entretien avec Harry (basse) et Guillaume (guitare) par Philippe Jawor – philippe@metalobs.com]

Gaidjinn

Pourquoi avoir gardé le nom de Gaidjinn, alors que vous évoluez maintenant dans un style totalement différent du visual kei de vos débuts ?

Harry : En fait, c’est juste que l’idée de base du mot « gaidjin », c’est d’être étranger, être fier de ça et le prôner. La culture japonaise reste toujours très importante pour nous. Et même si notre musique a changé, cette signification marche toujours.

Qu’est-ce qui a amorcé ce changement de style, justement ?

Guillaume :  Ça a été quelque chose d’assez naturel. En France, les gens on commencé à un peu se désintéresser du visual kei, et ça a été l’occasion de nous remettre en question, de voir ce que l’on voulait vraiment faire, comment on voulait évoluer. Cette évolution a suivi nos personnalités, nos envies.

Harry : On a aussi pas mal grandis. Du groupe originel, il ne reste que Guillaume et moi, et c’est vrai qu’avoir de nouveaux membres, qui étaient peut-être moins influencés par la scène visual kei, nous a permis d’aller vers d’autres directions, en nous écoutant les uns les autres ; on s’est adaptés à eux, et eux à nous.

Parlez-moi du processus de création des 6 titres de cet EP ? Ça s’articule autour de vous deux, ou c’est un travail plus commun encore ?

Guillaume : On a changé de batteur pendant la création de cet EP, donc il y a tout un tas d’automatismes que l’on avait auparavant qu’il a fallu réadapter. Mais en général, les idées de base viennent d’un duo batterie/guitare, avec l’élaboration de riffs, autour desquels on va travailler ensuite. Mais justement, on en parlait en répète : on aimerait de plus en plus partir du chant pour composer, et justement sortir de ces automatismes de composition, essayer de nouvelles choses.

En plus du titre de l’EP, 3 morceaux comportent le mot « Love » dans leur intitulé ; pourquoi vous être concentrés sur ce sentiment en particulier ?

Harry : Il était bon de rappeler que malgré notre style, on n’est pas uniquement des brutes qui veulent tout casser ; on a avant tout un message pacifique. On peut avoir parfois une imagerie un peu violente, comme notre musique, mais c’est finalement un moyen un peu violent de nous dire « aimons-nous, bordel de merde » ! (rires) On n’est pas violents pour être violents : on voulait montrer qu’il y a plusieurs visions différentes de l’amour, et qu’il ne fallait pas se perdre dans la conception que l’on peut en avoir. On en débat même au sein du groupe.

Comment s’est faite la collaboration avec Victor Guillet (Betraying the Martyrs) ?

Harry : En fait, on l’a rencontré via Fabio (Meschini), de As They Burn, qui est notre manager mais surtout notre ami, qui enregistrait avec nous au tout début du processus créatif, et qui nous a dit que ce serait vraiment bien d’avoir une voix claire sur certains passages du morceau. Fabio est très pote avec Victor, il l’a appelé, on a parlé du projet ensemble… et voilà !

Qu’est-ce qui vous a poussés à reprendre le « Deeper Underground » de Jamiroquai, et quelles ont été vos inspirations pour le réinterpréter de cette façon ?

Guillaume : Pour nous, l’EP fait cinq titres, et ce morceau est vraiment un bonus, hors de « l’oeuvre » que doit être L.O.V.E.. Dans sa version originale, ce morceau est très groovy, mais avec un message assez sombre. Ça nous a beaucoup interpellé, parce que ça nous ressemblait. On trouvait que ce n’était pas très intéressant de le reprendre tel quel, on a voulu y ajouter une part de création artistique.

Harry : On a été très loin dans l’interprétation de ce morceau, et je sais qu’elle fait débat. Avec le recul, je me dis qu’on a même peut-être un peu trop oublié le groove pour mettre en avant le côté lourd, et je ne sais pas si aujourd’hui on le ferait de cette manière.

Et la suite, c’est quoi ? Des concerts pour défendre cet EP ? L’écriture d’un album ?

Guillaume : Justement, on se voyait aujourd’hui avec Harry pour commencer à réfléchir à la tournée, on aimerait bien la commencer en mai. On va l’organiser nous-mêmes, avec nos moyens, alors ça demande évidemment un peu de réflexion. Quant à l’album, on a commencé à composer dès juillet dernier…

Harry : On se donne un an d’écriture, on a envie de prendre notre temps pour peaufiner chaque morceau, d’autant qu’on a maintenant un line-up qui tient la route ; on veut que chacun puisse s’exprimer, puisse participer à la création… ça demande un peu de temps de bien se connaître.

GAIDJIN
The power of L.O.V.E.

Fermer le menu