Gus G, voilà un nom récurrent dans la scène metal moderne. Malgré son jeune âge, le guitar hero affiche un palmarès impressionnant : Nightrage, Firewind, Ozzy Osbourne… S’il est toujours actif dans les deux derniers cités, il faut croire que ce n’était pourtant pas suffisant : notre zélé grec lance son nouvel album solo, cumulant ainsi 3 projets. Malgré un parcours auréolé de succès, l’homme n’a pas du tout la grosse tête, au contraire. Humble et drôle, nous abordons « Brand New Revolution » avec légèreté.

[Entretien avec Gus G. par Aurélie P. Lawless]

gusg

L’illustration sur la pochette de l’album semble proposer un combo ville/espace. Peux-tu nous en expliquer le lien et le projet ?

Le message, c’est que… un vaisseau spatial est en train d’atterrir ! (rires) Bon, il est en plein milieu donc il est évidemment visible ! Mais je ne sais pas, j’aime juste les pochettes avec des paysages ou épiques. Avec le titre de l’album « Brand New Revolution », nous avions plusieurs idées. L’une d’entre elles était de montrer une sorte de révolution au sein de la ville et de fil en aiguille voilà ce que ça a donné. J’appréciais aussi le fait d’avoir mon logo dans le ciel, je trouvais ça cool. J’ai donc fini par dire : « pourquoi on ferait pas des  »putains » de vaisseaux spatiaux ? Un truc énorme ! ». Je pense que ça colle bien, ça fait très science-fiction.

Si tu avais l’opportunité d’aller dans un vaisseau spatial pour de vrai, tu irais ?

Je pense que oui ! J’ai été dans tellement d’avions dans ma vie de toute façon… la prochaine étape, pour moi, c’est d’aller dans un vaisseau spatial ! (rires)

Venons à la question que tout le monde doit te poser à l’heure actuelle : « Brand New Revolution » représente une mentalité, une humeur ?

Je voulais quelque chose d’universel que chacun puisse apprécier à sa façon. On peut y voir plusieurs choses : personnelles, politiques… C’est ce que je souhaite pour les auditeurs. On a tous besoin de notre propre révolution, j’imagine. La chanson est très entrainante, j’espère qu’elle parlera aux gens ! Beaucoup de personnes pendant les interviews ont pris le parti de croire que cela parle de la Grèce. Ça peut coller, mais ce n’est pas clairement pas l’intention. Je suis content que tu n’aies pas pris ce raccourci dans ta question.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que l’album regorge de « guests » tous aussi talentueux les uns que les autres (Jeff Scott Soto, Elize Ryd…). Comment as-tu fait pour faire coïncider les emplois du temps ?

Disons que j’avais déjà travaillé avec la plupart sur le premier album et c’était assez évident pour moi de continuer sur cette voie. Tout est très facile avec eux, on s’échange nos idées. Le seul invité qui soit nouveau sur cet album est Elize (Amaranthe, ndlr). On avait quelqu’un d’autre à la base pour cette chanson avec elle, mais je souhaitais vraiment poser sa voix dessus. Avec les gars on a réussi à se voir, on a enregistré 6 des chansons dans un studio à Los Angeles. Le reste, je l’ai fait chez moi, donc il y a eu deux étapes d’enregistrement.

Mark Tremonti (Alter Bridge) m’a dit qu’il était plus simple de faire un album solo que de jouer dans un groupe, car les responsabilités et libertés ne sont pas les mêmes. Confirmes-tu ?

C’est absolument vrai. Dans un projet solo, tu peux être toi-même à 100 %. Dans un groupe comme le sien ou le mien, on a plusieurs albums, on a déjà créé notre son. Du coup, c’est un peu comme si on avait un espace restreint dans lequel on ne peut évoluer que dans les limites de celui-ci. J’ai essayé de faire des choses diverses avec Firewind, mais j’ai vite compris que les fans n’appréciaient pas tellement. Ce que je comprends totalement, je réagirais pareil avec Black Sabbath ou Led Zeppelin !

Écoutes-tu ce que font tes anciens camarades dans leurs groupes respectifs ? Comme Nightrage par exemple ?

Absolument, je les écoute toujours ! Marios (guitariste de Nightrage, ndlr) est un très bon ami à moi. D’ailleurs, je lui ai donné l’une de mes chansons pour son nouvel album et on essaye de se voir de temps en temps.

Tu sais, nous avons pas mal de clichés à propos des guitaristes… Dors-tu avec ta guitare ? Ou prends-tu ta douche avec ?

Carrément. Bon, je ne le fais plus maintenant, mais je le faisais plus jeune ! Ma maison, si tu viens chez moi un jour, tu verrais, il y a des guitares partout ! Il y a un mur entièrement rempli de guitares. D’autres sont aussi dans le salon, avec des amplis à gauche et à droite. C’est juste une grande maison-guitare (rires). Mais non pas de douche avec ! (rires) Rien de trop fou non plus, mais ça pourrait être le niveau suivant… (rires). Une douche avec la tête d’un manche de guitare… Super facile à réaliser en plus.

Pour en revenir au travail, le vrai, nous n’avons pas trop de nouvelles à propos de Firewind… En quelques mots : où en êtes-vous ?

Hum, je ne sais pas trop. J’étais bien trop occupé ces derniers temps à faire mon album solo, mais j’ai quand même écrit quelques chansons. Je rédige aussi avec une nouvelle personne, un nouveau chanteur même. Je précise au passage que ça se passe très bien avec. On a discuté avec les gars de la direction à prendre et on va revenir avec quelque chose sur les bras. Il y aura un prochain album de toute évidence.

Le nouveau chanteur n’est pas encore officiel, j’imagine ?

Non, pas encore, en effet. En priorité c’est la musique, quand j’aurai plus de temps pour les paroles, là on pourra envisager les choses de manière officielle. Avec Firewind, on procède souvent selon le même mode opératoire : on sort un album tous les 18 mois environ, puis vient la tournée. Et on nous a fait plusieurs fois la remarque « pourquoi faites-vous les choses aussi vite ? ». Maintenant qu’on commence à calmer un peu le jeu, tout le monde nous dit que le groupe leur manque ! Je pense que c’est une bonne nouvelle, quelque part. C’est dur de trouver un juste milieu. Avec moi, c’est un peu « tout ou rien ». Quand je commence quelque chose, je me lance à fond dedans et ne me concentre que sur ça. Si je dis « je fais un break avec Firewind » alors je fais un break avec Firewind. Puis je n’ai pas envie de bâcler quoique ce soit. Si je sors un album je prends le temps de faire de la promo pour ça, je peaufine tout dans les moindres détails. Mais je ne suis qu’une seule personne je ne peux pas tout faire à la fois.

Comment occupes-tu tes moments libres ? 

Oh tu sais, juste rester à la maison avec ma femme et le chat… Vivre notre vie de tous les jours en somme ! Faire des projets… Cool hein ? (rires)

Disons que ça fait partie des choses qui doivent être faites aussi !

Mon dieu, ne m’en parle pas ! (rires) Ça n’a jamais de fin ces trucs-là !

Sur scène, que pouvons-nous attendre de toi ?

Je donne toujours le maximum de moi-même et de faire ma meilleure performance. Bien sûr, j’ai des bons et des mauvais jours, mais je ne veux vraiment pas décevoir le public. Je veux voir les gens avec le sourire et qu’on me dise « c’était un super show mec ! ». Après, plus le projet est gros, plus la production l’est aussi, c’est la direction que j’aimerais emprunter pour mon groupe solo. Mais pour un show, je vise toujours le top niveau.

Quand tu as un day-off, en profites-tu pour faire le touriste ?

Ça dépend de l’endroit en fait. Si tu es au milieu de nulle-part, je t’assure qu’il n’y a pas grand chose à visiter (rires). Mais si on le passait à Paris, comme aujourd’hui, c’est sûr qu’on irait voir je-ne-sais-quoi. Des fois, je ne comprends pas le tour manager qui s’arrête dans une toute petite ville absolument inconnue au bataillon et dépourvue d’intérêt. Le tout à plusieurs kilomètres d’une bien plus grande ville, en plus ! Je suis là à me dire « mais… pourquoi ?! Pourquoi on ne va pas directement dans la ville ?» (rires). Souvent, la réponse c’est « pour pouvoir garer le bus », mais notre parking à nous il est partout ! (rires). Du coup c’est un moyen très facile de perdre des journées comme ça, à ne rien faire. Je serai plus prudent sur le sujet à l’avenir !

En as-tu assez que l’on te juge par rapport à Zakk Wylde en tant que membre d’Ozzy Osbourne ?

Je pense que c’est inévitable, ce n’est pas ennuyeux. Je le vois plutôt comme un compliment. On met mon nom à côté de quelqu’un d’immense. On ne peut pas être offensé par ça, on ne peut être qu’honoré. En tant que guitariste, faire un concert avec Ozzy c’est ce qu’il y a de plus prolifique mais aussi là où il y a le plus de pression. Tu ne remplaces pas un gars avant toi ayant fait son petit truc de son côté et assez moyen dans l’ensemble. Ces types sont des icônes. Il y a une hiérarchie, ce sera toujours Toni Iommi, Randy Rhoads, et ensuite Zakk Wylde, c’est comme ça que ça marche. Tu sais que tu es le dernier sur la liste. L’histoire a été faite ainsi, parce qu’il s’agit d’histoire ici. Je n’étais pas là en 1981, mais en 2009 et je ne peux pas changer ça. Et face à cette immense opportunité, j’essaye juste de faire de mon mieux. Malheureusement, je ne peux pas être une de ces icônes, n’en déplaise peut-être à certaines personnes. De toute manière, le seul moyen de survivre dans un projet pareil, c’est d’apporter ta propre marque de fabrique. Si tu essayes d’être quelqu’un d’autre, tu vas te planter sévèrement. L’avantage, c’est que je ne peux être aucun d’eux, mais ils ne peuvent pas être moi non plus. Il faut juste respecter les chansons et être soi-même.

Que peut-on te souhaiter de plus que tu n’aies pas d’ores et déjà accompli ?

Il fut un temps, je n’aurais jamais pensé pouvoir faire partie de l’histoire du heavy metal. Néanmoins, quand tu atteins un certain niveau et que tu es assez bon… Le plus dur, c’est de maintenir ce niveau, en réalité. Les gens me disent « ah tu es tout le temps affairé, tu t’entraînes sans arrêt », et évidemment que je le suis et que je le fais. La musique ne s’arrête pas pour toi. Ce n’est pas parce que tu as un certain succès que ton travail est fini, il faut continuer et garder ce que tu as établi. C’est dans la nature humaine de vouloir construire, se développer, en tant que personne. Donc, que me réserve la suite ? J’en ai aucune idée. Moi, je suis un musicien, donc mon but c’est de persévérer dans la musique, d’écrire des chansons et d’être meilleur là-dedans. Ainsi qu’à la guitare, bien entendu !

Gus G.
Entre ciel et Terre

Fermer le menu