HALESTORM
Plus hard que jamais !

Une belle gueule, des riffs costauds, des prestations scéniques réussies : il n’en fallait pas plus pour que Lzzy Hale et sa bande se fassent une place de choix dans le paysage metal !

[Entretien avec Lzzy Hale (guitare, chant) et Joe Hottinger (guitare) par Philippe Jawor  philippe@metalobs.com / Photos : Jimmy Fontaine]

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Trois ans ont passé depuis la sortie d’Into the Wild Life. Depuis, il y a eu deux EP, Into the wild Live et Reanimate 3.0, mais comment gère-t-on un aussi grand succès que celui de votre album, assez vite suivi par celui de Reanimate 3.0 ?
Lzzy Hale : Ça a été incroyable ! Avec le recul, je trouve que le nom de l’album est totalement à propos : nous avons retrouvé notre hargne, notre côté sauvage, notre faim de rock’n’roll. Avec ce nouvel album, on veut prouver – et surtout prouver à nous-mêmes – qu’on mérite d’être encore là.
Joe Hottinger : Into the Wild Life était un album un peu expérimental pour nous, mais nous en avions besoin. Je me souviens que quand on a écouté les masters pour la première fois, je me sentais un peu bizarre : c’était un peu comme si on lançait les dés dans l’inconnu  on a eu la chance de faire un lancer gagnant. Mais cette expérimentation a été un bon terreau pour Vicious : on savait où on devait aller pour passer un cap important avec Halestorm en tant que groupe de hard rock.

Il paraît pourtant que vous avez eu quelques difficultés à vous remettre à l’écriture ; c’est la pression du succès du précédent album qui vous a paralysés ?
Joe Hottinger : Environ six mois après la sortie d’Into the wild Life, nous nous sommes remis à écrire. Le problème, c’est qu’avec un peu de recul, si ces chansons étaient bonnes, elles n’étaient pas non plus très originales : elles parlaient des mêmes choses, avec le même style, et c’est ça qui nous a un peu bloqués. On se demandait « que faire pour passer à l’étape supérieure ? ». C’est là que Nick Raskulinecz (production) est intervenu : on lui a fait écouter les chansons, et il a reconnu que ce n’était pas comme ça qu’Halestorm devait sonner. On savait qu’on voulait aller plus loin, mais on ne savait pas comment le faire. Alors on a recommencé au début. On s’est posés dans une petite salle de répète, et on a fait le tour : « qui a un riff ? ». On partait de là, on tâtonnait, jusqu’à ce qu’on retrouve notre Mojo ! (rires)
Lzzy Hale : Rien n’aurait été possible sans Nick.

Jusqu’à maintenant, c’est toi Lzzy qui étais la compositrice principale – voire unique – du groupe. Doit-on comprendre que c’est désormais devenu un processus plus collectif ?
Lzzy Hale : On a dû composer l’instru d’une quinzaine de chansons en jammant ensemble, avant que je ne me penche dessus pour y ajouter des paroles. Pour certaines chansons, c’est moi qui arrivais avec un riff, en disant « ok, faisons comme ça ». Mais pour d’autres, c’est Nick qui a proposé des choses, notamment en se mettant au piano.

Vous disiez que les premières chansons que vous aviez composées manquaient d’originalité : quelles ont alors été vos inspirations pour les titres présents sur Vicious ?
Joe Hottinger : Ce qui nous inspire, c’est ce qui nous excite : ça peut être un riff, le titre d’une chanson, une mélodie… 

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Pourquoi avoir choisi « Uncomfortable » comme premier single ? Pour sa résonance avec les conversations que vous avez pu avoir avec vos fans, apparemment l’inspiration première de ce titre ?
Lzzy Hale : C’était un choix un peu risqué de notre part, parce que ce n’est pas tout à fait ce que l’on fait d’habitude. C’est l’une des premières chansons que l’on a composées pour cet album, et au fur et à mesure du processus de composition, c’est elle qui restait un peu au-dessus du lot. Quand il a fallu choisir un single, le label et le management ont eux aussi senti qu’il se passait quelque chose avec cette chanson. Techniquement, c’est un morceau intéressant : je n’ai jamais chanté aussi vite, il m’a fallu douze prises juste pour enregistrer la démo ! (rires)
Quant à nos fans, ils ont une importance primordiale pour nous, et pas seulement parce qu’ils achètent nos disques, viennent à nos concerts, et nous permettent finalement de faire ce que l’on aime : c’est la relation que l’on a avec eux qui est importante. Je m’inspire énormément des conversations que l’on peut avoir ensemble tard le soir sur Twitter, et avec « Uncomfortable » j’ai voulu faire passer un message : « soyez fiers de qui vous êtes. Vous ne pouvez pas contenter tout le monde, mais ce n’est pas grave ». « Uncomfortable » est une ode à tous ces kids qui ont du mal à trouver leur place et qui ressentent le besoin d’en parler avec nous.

Enfin, Lzzy : tu es considérée comme une pionnière dans l’industrie musicale ; quel est ton sentiment sur les récentes affaires d’agression sexuelles, le mouvement #MeToo et les voix qui se sont élevées contre tous ces agissements ?
Lzzy Hale : L’émancipation des femmes est une chose pour laquelle je me bats depuis des années, à travers des actions concrètes comme participer à des camps d’été réservés aux filles, par exemple. Le mouvement #MeToo a donné une voix à beaucoup de femmes, et leur a permis de se sentir fortes ensemble. C’est important de monter sur scène et d’être la preuve vivante, pour ces jeunes femmes qui sont dans le public, que personne ne peut nous empêcher de faire quoi que ce soit.