Si vous n’êtes pas familier avec l’univers du groupe, mieux vaut filer l’écouter et revenir pour lire notre belle rencontre. Car les parisiens de Hangman’s Chair ne font pas les choses à moitié : quand ils nous parlent, c’est avec les tripes et ce cinquième opus marque cette volonté d’aller de l’avant en se mettant une fois de plus à nu. 

[Entretien avec Clément Hanvice (basse) et Julien Rour Chanut (guitare) par Julien Meurot – julien@metalobs.com]

Hangman's Chair promo 2017 - © William Lacalmontie_IMG0828

L’album se termine sur un sample assez mystérieux. Pouvez-vous nous éclairer ? 
Julien : C’est un texte de George Bataille, tiré du film Acéphale, de 1968. On voulait déjà le mettre sur This Is Not, mais comme il est assez long nous n’avions pas trouvé d’endroit ou le mettre. Et là, c’était parfait, ce texte donne une fin totalement chaotique.

Lors des sessions d’écriture pour le split avec Greenmachine vous aviez composé trois titres. Deux se sont retrouvés sur le split, est-ce que le troisième est sur Banlieue Triste ? 
Julien : Il aurait dû, mais non. Pour ce disque, nous avons enregistré 14 ou 15 titres mais nous n’en avons gardé que 10. Mais il sera réutilisé sous un format ou un autre. On voulait faire un disque plus court et rajouter un titre n’aurait pas eu de sens. Il servira sûrement sur un split futur !

D’ailleurs d’où vient ce titre, Banlieue Triste ? Étonnant aussi ce choix, car il s’agit de l’instrumental d’ouverture de l’album.
Clément : C’est la pochette qui nous a inspiré ce titre. Il fallait trouver un nom pour cette intro et l’idée est venue ainsi. La photo a été prise à Nanterre par un pote de notre graphiste. Mais c’est un montage, le personnage a été rajouté après. Pour tout te dire, le mec c’est l’un de nous mais tu ne sauras pas qui ! (rires)

Pour rester sur ce titre, l’effet stéréo est ultra puissant ; il donne le tournis !
Julien : Il faut savoir que tout est fait à la guitare ; il n’y a pas de machine ou autre. Mais en le composant, on pensait vraiment au titre d’après, c’est une vraie intro. Il y a beaucoup de chorus sur les nappes de guitares avec de la reverb, on dirait du synthé mais non, c’est vraiment de la guitare.
Clément : On a ensuite rajouté ce côté stéréo dont tu parles. On voudrait s’en servir comme intro de concert, car sur la tournée This Is Not on commençait très brutalement et on voulait changer.

Un autre moment épique du disque est ce « Touch The Razor », avec une batterie de fou furieux. Comme le dernier titre, il fait 11 minutes ce qui donne un côté symétrique au disque et idéal pour le format vinyle.
Julien : Ce titre assez long était idéal pour couper l’album. Son ambiance plus que sa longueur était primordiale à la cohérence du disque
Clément : Le dernier titre n’est pas si long que cela mais c’est le sample dont nous parlions qui le rallonge terriblement. 

Que représente la date du « 04 09 16 » ? 
Julien : Elle représente la date ou l’un de nous à fait une overdose, et il a bien entendu fini à l’hôpital. C’était important pour nous d’en parler, car cela nous a ouvert les yeux sur pleins de trucs. On va avoir quarante ans, on n’a plus le physique de nos vingt ans ; ce titre marque un peu ce passage où l’on s’est calmé sur pas mal de choses. Il fait vraiment parti des choses personnelles dont nous voulions parler dans ce disque.
Clément : La vie de celui à qui c’est arrivé a complètement changé, car forcément il a arrêté tous les trucs chimiques et ses conneries d’avant.

On retrouve deux guests sur ce disque, pouvez-vous nous en parler ?
Julien : Pour le titre avec Pertubator, il se trouve que nous avons le même tourneur. Il aime ce que nous faisons, nous aimons ce qu’il fait. L’un dans l’autre, nous avons discuté d’une éventuelle collaboration et ça s’est fait sur l’album. Il se peut qu’il devienne un bon pote ; nous nous sommes très bien entendus. Pour Marc (De Backer de MongolitoMucky PupMud Flow) c’est un vrai ami. On voulait bosser ensemble depuis très longtemps que ce soit un split ou même un projet musical autre. Ce titre, on l’a vraiment composé pour lui, pour qu’il puisse y mettre sa patte. 

HANGMAN’S CHAIR
Happy life !

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