Si 7 Sinners, tout comme The Dark Ride, était un recueil de compositions solo, Straight Out Of Hell renoue avec le travail de groupe, dont le cœur balance entre tradition Speed et modernité Metal. Certes, ce quatorzième album ne sort pas pour Halloween, mais il est précédé d’un EP centré autour de « Burning Sun », disponible au Japon chez Victor Entertainment depuis le 24 octobre. Andi Deris, le chanteur trilingue expatriédans les Iles Canaries (à moins de 20 km de son collègue guitariste Michael Weikath) nous présente le nouveau cru en ne manquant pas de nous rappeler qu’à 48 ans, il prend encore le pouls de son époque. [Entretien avec Andreas « Andi » Deris (chant) par Jean-Christophe Baugé – Photo : DR]

Quelle a été ta source d’inspiration pour « Nabataea » ?

Indiana Jones Et La Dernière Croisade : tu peux y voir ce temple incroyable directement taillé dans la roche qui est la porte d’entrée vers l’ancienne cité de Nabataea (NDLR : la Khazneh, l’un des tombeaux aux façades hellénistiques les plus célèbres de Petra en Jordanie). Contrairement à Atlantis, celle-ci n’est pas un mythe, et a été découverte en 1812 par un voyageur suisse.

 

Les agités du culte en prennent pour leur grade dans « Church Breaks Down »…

Les positions de l’Eglise sont tellement rétrogrades que les gens s’en éloignent naturellement. Les autorités pontificales ont déjà lancé des guerres saintes pour asseoir leur pouvoir. Je n’ai pas besoin d’elles pour croire en Dieu, en Allah ou en Bouddah.

 

T’a-t-il fallu un entraînement particulier pour chanter dans l’aigu et avec du grain sur l’intro de « Burning Sun » ?

Non, mais nous enregistré ce titre tout à la fin des sessions studio, quand tu peux te permettre de growler exagérément sans craindre de perdre ta voix le lendemain… ou définitivement (rires).

 

Qui joue les parties d’orgue Hammond sur la version bonus de ce titre (en hommage à Jon Lord, dont Michael Weikath est fan) ?

Matthias Ulmer, le claviériste de nos quatre derniers albums. Son prédécesseur a dû entrer en désintox’ et se faire soigner pour dépression… Il est hors circuit pour une durée indéterminée.

 

Est-il toujours facile de collaborer avec des musiciens plus jeunes (Sascha Gerstner, guitare, et Daniel Löble, batterie, respectivement nés en 1977 et 1973) ?

C’est important d’avoir injecté du sang neuf dans le groupe car nous jouons maintenant devant deux générations de fans. Il s’agit de coller à la réalité du terrain. Sascha a permis d’opérer une transition musicale naturelle entre le Helloween des années 80 et celui du 21ème siècle.

 

Qu’est-ce que ça te fait de retravailler pour Sony ?

La boucle est bouclée puisque j’ai débuté ma carrière chez eux avec Pink Cream 69. Il ne reste plus qu’une personne qui y travaillait à l’époque. Sony a changé de visage mais fait encore du bon boulot. Il subit les mêmes turbulences que les autres labels depuis le téléchargement sauvage sur le net.

 

L’inspiration vient-elle encore facilement ?

Oui, car un auteur ne décrit jamais des situations ou des sentiments de la même manière. C’est particulièrement vrai lorsque tu abordes le thème du bien et du mal : plusieurs points de vue s’offrent à toi. J’ai composé « Kill It » sur Gambling With The Devil (2007) en jetant un regard le plus noir possible sur la société. Dans la peau du bad guy, tu trouves logique de tuer pour arriver à tes fins. C’est à la fois intéressant et… effrayant pour un gars pacifique comme moi (rires).

 

Quels albums d’Helloween peuvent être considérés comme majeurs dans la carrière du groupe ?

Keeper Of The Seven Keys, Pt. 1 (1987) et 2 (1988), évidemment. Master Of The Rings (1994) parce qu’il nous a permis de retrouver notre fan-base. The Dark Ride (2000) parce qu’il nous a libérés d’un carcan stylistique, même s’il a mis du temps à s’imposer. « Waiting For The Thunder », par exemple, découle directement de « If I Could Fly ».

 

La tournée commune Helloween / Gamma Ray se poursuit en 2013…

Michael Weikath et Kai Hansen s’entendent de nouveau comme larrons en foire, et les fans sont ravis de voir sept ou huit musiciens reprendre sur scène des vieux classiques d’Helloween. J’aimerais bien que Michael Kiske soit également de la partie, mais celui-ci refuse toujours de chanter du Metal (rires).

 

Laquelle de tes collaborations (Ayreon, Rage, Eden’s Curse…) t’a laissé le meilleur souvenir ?

Chanter sur « To The Quasar » d’Ayreon (Universal Migrator Pt. 2, 2000) a été une expérience enrichissante : j’ai pu rencontrer des artistes remarquables et m’éloigner de mon style de prédilection. Cette année, j’ai été démarché par un groupe de chanteuses Gospel pour aider la recherche contre le cancer. Elles ont récolté 12 000 euros en 2011 rien qu’en chantant dans les rues. J’ai participé à une de leur composition et assuré leur promo dans les médias.

 

Tu as ton propre studio à Tenerife. Quels groupes as-tu déjà produits ?

Les groupes les plus connus sont ceux que notre producteur et sixième membre Charlie Bauerfiend a fait venir, comme Hammerfall ou Rage. On a également mixé pour Rob Halford.

 

Après Come In From The Rain (1997) et Done By Mirrors (1999), envisages-tu de sortir un nouvel album solo ?

Oui, mais j’aimerais cette fois le défendre sur scène. Proposer un show d’une heure trente mêlant mes morceaux à ceux d’Helloween et Pink Cream 69 tenait jusqu’à présent du rêve… Qui pourrait devenir réalité, car j’ai déniché des musiciens d’une vingtaine d’années prêts à en découdre.

 

Cela fait maintenant 18 ans que tu as quitté Pink Cream 69 et a été remplacé par David Readman…

Je n’avais pas d’autre option car le groupe voulait changer radicalement de style. Je leur ai annoncé mon départ le jour-même où j’ai intégré Helloween. Quant à David, c’est un super chanteur, même s’il ne convient pas forcément aux titres les plus anciens. Pink Cream 69 a changé d’identité sans crier gare et largué ses vieux fans par la même occasion. Il aurait été plus sage d’adopter un style intermédiaire.

 

Les positions de l’Eglise sont tellement rétrogrades que les gens s’en éloignent naturellement.

 

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