On connaît Tenacious D, autoproclamé « meilleur groupe du monde » par le comédien Jack Black et son acolyte Kyle Gass. Ce que l’on sait moins, c’est que ce dernier a aussi des side projects, tout aussi drôles que le D : les défunts Trainwreck, et le supergroupe Kyle Gass Band, dont l’album débarque enfin en Europe. [Interview avec Kyle Gass (guitare acoustique, chant) et John Konesky (guitare), par Philippe Jawor]

KGBIl est 10h30 à Los Angeles, j’espère que je ne vous réveille pas…

Kyle Gass : Il faut savoir que je me lève très tôt : j’ai un rythme de vie de nouveau-né… ou de grand-mère, au choix. En fait, je pense que je souffre d’apnée du sommeil ; c’est peut-être la dernière interview que je fais de mon vivant !

John Konesky : (rires) Oh non !

 

Comment expliquer que votre album ne sorte qu’en avril prochain en Europe, alors qu’il est sorti il y a presque deux ans (juillet 2013, ndlr) aux Etats-Unis ?

Kyle Gass : Je ne sais pas comment l’expliquer. En vérité, il était tout à fait disponible pour l’Europe, en toute illégalité, la technologie est là pour ça, après tout !

John Konesky : En fait, on l’avait sorti par nous-mêmes, on n’avait pas forcément la portée d’action d’un label…

Kyle Gass : Voilà, on le vendait depuis le coffre de nos voitures ! Et maintenant, grâce à OCD (acronyme d’Obsessive–compulsive disorder, soit Trouble Obsessionnel Compulsif, ndlr) non… STD (traduction de MST, ndlr) ? Grâce à SPV, pardon pour eux, nous pouvons enfin atteindre le monde entier, et nous comptons bien faire les choses en grand et dire au monde « réveille-toi, on est là, c’est l’heure de faire la fête » et proposer le meilleur debut album depuis « Appetite for destruction ».

 

Justement, vous venez défendre cet opus en Europe en avril et en mai, avec beaucoup de dates en Allemagne, mais aussi en Suisse et en Autriche, et rien en France ; vous visez un public de germanophones ?

Kyle Gass : C’est assez paradoxal, je te l’accorde, parce qu’on a joué un seul concert en France avec Tenacious D (le 13 décembre 2013, ndlr), et c’était probablement le meilleur public qu’on ait eu, avec deux rappels… Je vais accuser John, sur ce coup là.

John Konesky : En fait, on va jouer en France, mais pas sur cette partie de la tournée ; ce sera à l’automne.

Kyle Gass : Nous entendons ton appel, France, et nous viendrons à l’automne ! C’est une promesse KGB, et une promesse KGB est toujours tenue… Même si celle-ci est la première du nom. Après cette tournée, nous deviendrons énormes, au moins du niveau de Biffy Clyro.

John Konesky : Probablement mon nom de groupe préféré.

 

The Kyle Gass Band est ce qu’on appelle un « supergroupe ». John et Kyle vous jouez déjà ensemble dans Tenacious D, mais comment ont été recrutés les autres membres du KGB ?

John Konesky : Chaque membre à son histoire : Mike Bray (chant) a écrit à John sur Myspace – c’est dire si c’est vieux – pour demander si notre groupe de l’époque, Trainwreck, n’avait pas besoin d’un deuxième chanteur.

Kyle Gass : Ce mec a plus des burnes plus grosses que des boules de bowling ! Jason Keene (basse) est un vieil ami à moi et le batteur… Nous avons eu quelques batteurs qui explosaient spontanément, ils étaient comme des rasoirs jetables, qu’on remplaçait dès qu’ils explosaient. Mais celui-là, Tim Spier, est très bon, il nous complète.

 

Comment s’est passé l’enregistrement de ce premier album ?

Kyle Gass : On a enregistré avec notre cher ami et ancien bassiste de Trainwreck John Spiker. On enregistrait les titres en live, avant de les retravailler jusqu’à ce que nous en soyons contents. Si on mettait les sessions bout à bout ça ferait peut-être un mois, mais ça s’est étalé sur deux ans. Ou plutôt en deux batteurs, c’est notre unité de mesure du temps !

 

Je me demandais justement si certains titres n’étaient pas des « résidus » de session de Tenacious D ; les premières notes de « Bro Ho » sonnent étrangement comme le début de « Wonderboy »…

Kyle Gass : C’est vrai, alors que beaucoup de personnes disent qu’on dirait « Fuck you gently ». C’est juste moi qui m’échauffe les doigts, en fait, et comme je ne connais que quelques accords… Je ne crois pas que je pourrais me poursuivre en justice pour ça, cela dit. Il est certain qu’à partir du moment où je suis dans Tenacious D, il va parfois y avoir des similitudes avec Tenacious D, mais le processus de composition est très collégial, entre John, Mike et moi. On part d’une idée, d’un riff, d’un concept, et on en fait une chanson !

John Konesky : L’inspiration vient surtout des blagues d’enfants de 12 ans qu’on peut faire dans le van !

 

On l’a dit, l’album a été produit avec l’ancien bassiste de Trainwreck. Cela fait quelques années maintenant que ce groupe a splitté, il est peut-être temps de révéler au monde pourquoi.

Kyle Gass : Nooon ! C’est trop tôt, les plaies sont encore trop fraiches, mais c’est bon de savoir qu’on est encore tous là. Nous n’avons qu’à dire qu’il y a eu désaccord, bagarre, séparation des chemins, mais on avait surtout le sentiment que c’était le bon moment d’arrêter, c’est parfois difficile de faire vivre un groupe, il suffit de regarder le film « The Commitments ».

 

On ne peut pas se quitter sans parler du futur de Tenacious D : Jack Black a déclaré récemment que vous travailliez sur le successeur de Rize of the Fenix, peux-tu m’en dire plus ?

Kyle Gass : Si je t’en parlais je devrais te tuer, j’en sais très peu moi-même. Tout ce que je peux dire c’est que ce disque changera la manière de voir des gens et bouleversera leur vie, aux alentours de 2017. En attendant, j’attends la livraison de mon Grammy (remporté le 8 février dernier dans la catégorie « Meilleure performance Metal » pour leur reprise de « The Last in Line » de Ronnie James Dio, ndlr)

Kyle Gass Band
KG s’échappe du D

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