Le quatrième album des américains de La Dispute est sorti le 22 mars. Petite séance de rattrapage avec le vocaliste du groupe. [Entretien avec Jordan Dreyer (chant) par Norman Garcia]

Tout d’abord comment s’est passé votre arrivé chez Epitaph Records, pourquoi avoir rejoint ce label ?

Nous avons par le passé brièvement discuté avec Epitaph mais en fin compte à cette époque cela ne pouvait pas fonctionner, nous avons donc décider de poursuivre avec notre propre projet de label à travers différentes maisons de disques. Peu après la sortie de notre dernier LP , le label a été racheté par une major. Ceci, couplé aux nouvelles difficultés logistiques qui nous ont rendu les choses plus difficiles pour pouvoir œuvrer nous mêmes, a ouvert la porte a de nouvelles possibilités, et Epitaph nous est retombé dessus. Cela n’a pas pris beaucoup de temps de discuter avec eux et de leur expliquer notre vision des choses. Leur but étant de nous aider à grandir sans compromettre notre créativité et aucune des valeurs qui nous avaient initialement conduits à créer notre propre label, cela a été vraiment facile de leur dire oui. Tout a vraiment été incroyable jusqu’à présent, ils ont été incroyablement disponibles et d’un grand soutien.

Comment voyez-vous l’évolution de votre musique et de votre carrière depuis votre premier album Somewhere at the Bottom of the River Between Vega and Altair ?

Nous avons fait Somewhere… quand nous étions très jeunes. Chaque nouveau disque représente notre évolution aux fil des années, et on peut s’en rendre compte en les écoutant. Chacun de nous a progressé techniquement comme musiciens et compositeurs, en studio aussi, et je pense que cela se ressent dans chacun de nos albums. Nous avons toujours abordé nos nouvelles compositions en essayant d’y introduire de nouvelles règles et restrictions, afin qu’il n’y ait moins de risques de faire du surplace. Au niveau de son, je ne pense pas qu’il y ait une évolution vraiment particulière, nous faisons juste ce qui semble être le mieux pour chaque album, sans essayer d’être plus calme ou plus soft parce qu’il paraît qu’on est censé le faire en vieillissant. Je pense aussi que nous nous sommes tout simplement améliorés dans notre manière de faire les choses.

Peux-tu nous dire qui est Sarah Schmidt et ce qu’elle a réalisé pour vous ?

Sarah est une talentueuse illustratrice free-lance de l’Ohio. Adam, notre bassiste a largement contribué au  visuel de La Dispute, et il nous a suggéré de nous intéresser à elle en tant qu’artiste vidéo. Elle a élaboré un concept à partir des premières chansons que lui a fournies Adam, puis nous l’avons plus ou moins laissée faire. Et le résultat final a juste été magnifique. Nous ne pouvions pas être plus heureux. Elle s’est approprié notre travail et y a ajouté sa touche personnelle et sa vision créative, pour l’élever à un niveau incroyable. Nous n’aurions jamais pu le faire sans elle (ndlr : pour voir le résultat de son travail d’animation, penchez-vous sur les deux premiers titres « Rose Quartz » et «  Fulton Street 1 »).

Comment était-ce de bosser avec le producteur Will Yip (Turnstile, Menzingers, Quicksand) ?

C’est le second disque que nous faisons avec lui. Nous aimons travailler avec des personnes qui sont passionnées par ce qu’elles font et qui travaillent dur. Il y consacre toute son énergie et se surpasse, il n’est pas là juste pour enregistrer un album mais pour vous aider à concrétiser votre vision créative. Nous n’aurions pas pu faire cet album avec quelqu’un d’autre. Il nous a poussé à essayer des choses que nous n’aurions même pas imaginées sans lui.

Pour satisfaire la curiosité des lecteurs français, peux-tu nous expliquer d’où provient le nom de ton groupe ?

Le nom La Dispute vient d’une pièce de théâtre du français Pierre de Marivaux écrite au 18è siècle (ndlr : 1744). J’ai vue cette pièce en anglais à peu près au moment où nous avons commencé le groupe.

D’où te vient cette passion pour la poésie ?

J’ai toujours aimé la littérature, même quand j’étais très jeune. Et j’ai aussi toujours aimé la musique, depuis que j’ai commencé à fouiller dans les disques de mon père quand j’étais gamin. Je me suis mis à la poésie à l’adolescence, en partie parce que je pense que cela ressemblait à une synthèse de ce que j’aimais dans la littérature et les musiciens que j’appréciais.

La Dispute

Pour terminer, aura-t-on l’occasion de vous voir tourner en France en 2019 ?

Oui bien-sûr. Nous serons en Europe au milieu de l’année. Je ne suis pas certain des dates mais nous devrions être en France cet été. On travaille encore sur les détails (ndlr : ils seront au festival Garorock de Marmande le 27 juin et au Trabendo à Paris le 28 juin). Cela a été vraiment long d’attendre de revenir sur scène et nous avons toujours aimé jouer en France.

  • LA DISPUTE
  • Panorama
  • Emo Post Hardcore
  • Epitaph Records

4/5
L’album débute avec le triptyque « Rose Quartz / Fulton Street I / Fulton Street II » où s’entremêlent spoken words et chant hurlé, moments d’accalmie et envolées de guitares. Le titre suivant, « Rhodonite and Grief » pourra lui surprendre par l’utilisation de cuivres. Quant aux titres suivants, on retrouve y cette alternance entre atmosphères éthérées et passages plus saturés, ces derniers se faisant tout de même plus rares. Certes, Panorama n’a peut-être pas la fougue et l’énergie des premiers opus du groupe, mais cette prise de risque semble être totalement assumée et n’en est que plus remarquable. Avec cet album les américains ont réalisé un album des plus délicieux. [Norman Garcia]

La Dispute : une rage poétique

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