Déjà en 2005, puis en 2015, Leaves’ Eyes s’était penché sur le monde des Vikings. Avec The Last Viking, il revient à ses premières amours avec un album très heavy, épique et symphonique que l’on découvre comme une saga. [Entretien avec Alexander Krull (claviers, chant) et Thorsten Bauer (guitare, basse) par François Alaouret — Photo : Stefan Heilemann]

Votre huitième album vient de sortir et il est dense et généreux. Aviez-vous déjà en tête de composer 14 morceaux dès le début du processus d’écriture ?
Alexander : Je pense que le concept de The Last Viking exigeait cette profondeur lyrique et musicale pour une si fantastique saga épique ! C’est également un album de metal puissant, avec une énorme production. Nous avons mixé des instruments classiques, des grands chœurs, des cris de Viking avec des instruments traditionnels, comme le nyckelharpa, le violon et de gros tambours de guerre…
Thorsten : Au début du processus d’écriture, nous commençons souvent avec une idée et une vision de base, tout en restant ouverts et créatifs, pour que les chansons puissent respirer, se développer et grandir. Plus nous travaillons longtemps sur un album, plus nous sommes confiants et sûrs de nous. Avec une certaine idée et d’une manière très fluide et naturelle, nous nous rapprochons de plus en plus de ce que nous voulons réaliser et exprimer.

Artwork de l’album « The Last Viking »

Alexander, même si Elina et toi chantez ensemble depuis plusieurs années, on sent une grande complicité entre vous sur The Last Viking
Alexander : Oui, Elina est avec nous depuis quatre ans maintenant. Elle s’est beaucoup impliquée dans les mélodies et les lignes de chant de l’album. Nous avons eu le temps d’essayer beaucoup de choses. Sur des chansons comme « Chain Of The Golden Horn » et « The Last Viking », les parties vocales sont très interactives entre Elina et moi. Cela va être génial sur scène.

Musicalement, votre Métal symphonique n’est pas très orchestré. Est-ce important pour vous de garder un côté heavy et brut ?
Thorsten : Lorsque nous composons, nous abordons toujours les choses à la fois en fonction du studio et de la scène. C’est important et beaucoup plus amusant pour nous d’avoir des ambiances, des vibrations et des couleurs différentes dans les chansons. Cela rend l’ensemble plus intéressant, car on combine la puissance du metal avec le son épique d’un orchestre et des instruments folkloriques.
Alexander : C’est un bon équilibre entre le Métal et d’autres instrumentations. Il y a tellement de détails dans notre musique, beaucoup de dynamiques et de contrastes aussi, que ça ne doit pas pencher d’un côté ou de l’autre.

Le groupe Leave’s Eyes

A l’écoute de votre album, on pense immédiatement à une bande originale. Est-ce dans ce sens que vous avez écrit The Last Viking ? Et aviez-vous déjà des images en tête ?
Thorsten : Beaucoup de nos albums sont écrits dans ce but. C’est vraiment passionnant de créer une musique qui éveille l’imagination des auditeurs, crée des paysages et peut même vous emmener dans d’autres lieux et périodes du temps et de l’histoire.

Alexander, tu as entièrement composé l’album et tu le produis. C’est important pour toi d’être présent à toutes les étapes que sa conception ?
Alexander : Oui, bien sûr. Avoir une vue d’ensemble de toutes les choses et des détails concernant notre nouvel album aide à rester sur la bonne voie pendant la production et à tout faire avancer, jusqu’à ce que nous obtenions les résultats souhaités. C’est pour cela que nous sommes tous très heureux et satisfaits de The Last Viking.

CHRONIQUE ALBUM

LEAVES’ EYES
The Last Viking
Metal symphonique
AFM Records

Cette fois, c’est la saga d’Harald III, dernier roi viking, que propose le groupe sur cet album-concept haut en couleur. Nettement moins symphonique que sur les précédents, Leaves’ Eyesprésente un The Last Viking plus percutant et heavy. C’est aussi le deuxième album avec la chanteuse Elina Siirala, qui confirme cette belle complémentarité avec Alexander Krull, également producteur. Sur 14 morceaux, le quintette distille des moments épiques et tranchants (« Chain Of The Golden Horn », « War Of Kings », « Two Kings One Realm »), avant de livrer un morceau-titre long de 15 minutes, véritable pièce maîtresse de ce huitième album. [François Alaouret]