LimbonicArt_SpectreAbysm_Cover

Simple quatuor norvégien à ses débuts en 1993, Limbonic Art se transforma vite en fantastique duo artistique de Black Metal symphonique avec pour mécène un certain Samoth (Emperorex-Zyklon, The Wretched End) via leur signature sur le label Nocturnal Art Productions. Pourtant sérieusement revenu aux affaires après un split de trois ans (2003-2006) avec le violent Legacy Of Evil en 2007, le tandem est désormais devenu un « one man band » depuis le départ du guitariste Morfeus en 2009, laissant Daemon seul maître à bord sur le correct Phantasmagoria en 2010. Mais le problème quand on navigue seul dans les ténèbres avec passion (ou entêtement) et que l’on veut faire plaisir aux fans, c’est qu’on manque parfois d’objectivité et de recul sur son travail. Preuve en est avec ce huitième album aux compositions longues et bien souvent poussives, et où les passages symphoniques ont quasiment disparu, comme déjà sur son prédécesseur qui ne récolta pas tous les suffrages des vieux fans. Si le premier titre frappe fort avec son riff incisif et porte relativement bien son nom (« Demonic Resurrection »), il faut attendre la huitième minute sur les dix qu’il compte pour obtenir un break salvateur, la programmation de l’habituelle boîte à rythmes renforçant ce caractère froid et inhospitalier. Les deux chansons suivantes (« Ethereal Traveler » et « Omega Doom »), assez classiques et intéressantes dans leurs parties de guitares et leur conclusion, s’inscrivent dans la lignée d’un Limbonic Art moyenne gamme – période Legacy Of Evil par exemple. Malheureusement, les parties de chant clair et divers chœurs (incantations en tout genre, etc.) assurés par Vidar Jensen alias « Daemon » sonnent de manière approximative, l’absence de son ancien acolyte Morfeus, parti se concentrer sur son propre groupe Dimension F3H, se faisant cruellement sentir (la fin de « Demonic Resurrection »). Si quelques rares bonnes idées pourraient compenser ici ou là le manque d’inspiration générale de son unique auteur (l’interlude Doomy de « Requiem Sempiternam », l’ultime « Through The Vast Profundity Obscure »), la trop grande linéarité des morceaux de Spectre Abysm (la fin de « Disciplina Arcani ») et la redondance de certains riffs finit par user l’auditeur. Quant à la production sonore, puissante et sans fioriture, elle manque de saveur (batterie programmée oblige, mais cela était déjà le cas il y a vingt ans) et ce qui faisait le charme d’antan avec son lot d’ambiances symphoniques expérimentées aux claviers Bontempi a quasiment disparu. Il en résulte un album au track-listing bancal mené aveuglement par le multi-instrumentiste Daemon. Et si tout avait dit sur le prédestiné The Ultimate Death Worship en 2002 avant le split de Limbonic Art ? 

[Seigneur Fred]

LIMBONIC ART
Spectre Abysm

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