2015 marque le retour de Magic Kingdom sur les plates-bandes du Power Metal. Le groupe belge, fort de ses années d’expériences, revient ainsi avec « Savage Requiem », successeur légal de « Symphony Of War ». [Entretien avec Dushan Petrossi (guitare) par Aurélie P.Lawless]

Magic Kingdom
Deux interrogations dans cette première question : l’artwork a-t-il été conçu avant ou après l’album, et bien sûr, qui a fait la maquette ?

Après, et il a été fait par un illustrateur français qui s’appelle Stan. Il commence à se faire un nom, il est vraiment très talentueux. Je lui ai juste demandé un dragon qui explose une cathédrale, et il est venu avec… ça ! C’est un peu différent mais ça en jette bien ! J’ai demandé un sorcier et un nain, j’aurai peut-être pas dû mais bon… En plus ça fait « Hobbit » ! (rires) Mais c’est pas grave, tout le monde aime le Seigneur des Anneaux et quand tu t’appelles Magic Kingdom, tu peux te le permettre ! Il a aussi fait tout le booklet, l’illustration, le design. Je n’ai fait que donner une ligne directrice et parfois apporté deux ou trois modifications, mais rien de plus.

 

Quelle place accordes-tu à l’improvisation quand tu enregistres un nouvel album ?

Bon, ce n’est pas du jazz quand même ! La structure et l’ossature du morceau sont quand même là dès le départ. J’ai l’habitude de tout composer de A à Z et de montrer aux autres ensuite ce que j’ai fait. En revanche, il y a une question de « feeling ». Le batteur peut te rajouter quelque chose de particulier et teinter ainsi le morceau d’une autre couleur, sensiblement différente. Mais la base du morceau est tout de même respectée. Le chanteur c’est pareil, les mélodies ont déjà été établies, les paroles aussi, mais je ne suis pas chanteur ! Donc il peut très bien apporter sa touche perso, tout en respectant les harmonies et les accords pré-requis. Je sais que ça peut paraître un peu directif mais bon… C’est ma façon de travailler depuis des années, personne ne s’en plaint ! Je leur laisse le choix de faire ce qu’ils veulent aussi. S’ils veulent un jour composer, ils sont les bienvenus ; ce n’est pas une dictature ! (rires)

 

Peut-on parler de concept album lorsqu’il s’agit de décrire « Savage Requiem » ?

Peut-être pas cette fois-ci. Il n’y a pas vraiment de concept, et je n’ai pas fait de « metal opera » comme j’ai pu le faire précédemment. Je voulais vraiment faire un disque plus direct, car si je me lance dans des orchestrations et des symphonies, ça peut me prendre des années ! Bon, là, il y en a quand même, mais elles ne sont pas tellement mises en avant. Les gens veulent entendre quelque chose qui pourra ressembler à ce que tu fais en live. D’autre part, je compose d’abord autour du titre, et ensuite je vois ce qui me vient à l’esprit. Mais je commence toujours par la musique avant les paroles, je trouve ça extrêmement difficile de procéder dans le sens inverse, puisque, quand tu as la mélodie, tu peux te caler dessus, mais alors partir des paroles… Surtout en anglais…

 

Pourquoi avoir choisi d’intégrer une référence à Beethoven dans « Ship Of Ghosts » ?

Ça faisait des années que je souhaitais le faire et l’incorporer mais quoique je fasse, ça ne fonctionnait pas. À la base je n’aime pas pompe note par note des morceaux de classique comme ça, mais là je pense que c’est important pour l’identité du morceau et que les gens puissent le reconnaître. Après 15 ans de recherches, j’ai enfin trouvé la compo qu’il fallait pour ça !

 

Ton dernier mot pour conclure cet entretien ?

J’espère que les gens prendront le temps de jeter une grosse oreille à l’album et l’apprécier autant que nous avons apprécié le faire ! Je pense sincèrement que c’est un bon album, sans mégalomanie, aucune.