Mors Principium Est, ou MPE pour les intimes, respecte les traditions du mélodeath des années 2000. A l’aube du 7eme album, le groupe finlandais est plus fort que jamais, prouvant une fois de plus la rigueur et tout le travail de son guitariste compositeur Andy Gillion aux riffs dévastateurs. [Entretien avec Andy Gillion (guitare, claviers) par Loïc Cormery – Photo – DR]

Mors principium Est reste dans la pure tradition death mélodique des années 2000. Trop de groupe ont intégré des vocaux clairs maintenant. Comment trouvez-vous l’évolution de la scène Melodic Death ?
La musique va toujours évoluer et ce n’est pas une mauvaise chose. Nous ne pouvons pas continuer à écouter la même musique, nous évoluons en tant que personnes et avons besoin de nouvelles choses. Bien sûr, les vieux sons sont toujours pertinents, mais à mesure que la vie des compositeurs change, leur musique change souvent aussi, et souvent pour le mieux. Ce serait triste de vivre dans un monde où les mêmes albums étaient tournés sans cesse et sans rien de nouveau à apprécier. J’essaie toujours de garder ma musique aussi excitante et fraîche que possible et je ne veux jamais simplement ré-écrire un album que les gens ont déjà entendu avant.

Sur beaucoup de vos albums, nous trouvons souvent le thème de la mort. Quels sujets sont discutés cette fois ?
La mort est un peu un sujet de cliché pour n’importe quel groupe de métal, et je suppose que nous ne sommes pas différents. Mais c’est toujours le sujet de la poésie et de l’art. C’est ce qui trouble le plus l’homme et c’est impossible à comprendre. J’ai aidé sur les paroles pour le nouvel album mais les idées étaient pour la plupart de Ville notre chanteur. Il aime écrire sur la mort, la vie, l’espace, mais aussi il y a beaucoup de direction lyrique vers la destruction de la terre et la mort de l’humanité et cela se reflète dans le titre de l’album. Je ne suis pas sûr que Ville et moi avions prévu ces sujets dès le début mais en tout cas cela reste encré en nous.

Artwork de l’album « Seven »

Depuis 2011, vous avez repris la composition. Votre arrivée a fait du bien au groupe, je crois. Comment travaillez-vous votre jeu de guitare et d’où vient votre inspiration ?
Merci! Mon inspiration pour écrire de la musique pour Mors Principium Est provient surtout du groupe lui-même c’est assez drôle. J’étais en fait un fan du groupe et de leur son avant que je me joigne à eux, et la seule façon de poursuivre l’héritage du groupe était de continuer ce son unique. Donc, mon travail initialement était vraiment d’essayer de continuer ce son et d’essayer de le faire évoluer sans changer trop de choses pour que les fans aiment. Le compositeur original, Jori, m’a beaucoup inspiré pour cette raison, mais aussi je crois avoir apporté mon propre son dans le groupe maintenant. Mon inspiration vient généralement de partout – la musique classique, les partitions de films, les jeux vidéo … le bruit dans ma tête est difficile à comprendre, mais parfois il se réunit pour créer quelque chose de merveilleux.

Votre premier single « A Day For Redmption » est formidable et old school. Est-il important pour vous de rester dans vos racines? Quels sont vos morceaux préférés de l’album ?
Haha, je ne suis pas sûr que je dirais que c’est « old school », c’était essentiellement ce que nous pourrions atteindre avec le budget que nous avions et nous avons fait de notre mieux pour mettre quelque chose pour les fans et aider à promouvoir l’album. Je pense que Mors Principium Est est moins sur l’image et plus sur le son et la musique. Tout le monde sait que quand ils viennent nous voir, ils ne regardent pas un grand spectacle comme Iron Maiden ou Rammstein. Nous sommes juste un groupe qui joue notre propre musique. Nous faisons bien de conserver notre son unique et il est vraiment important pour nous de le sauvegarder car c’est ce qui nous tient à part des autres groupes dans le « genre ».

CHRONIQUE


MORS PRINCIPIUM EST
Seven
Mélodeath
AFM Records


Nous étions resté sur un très bon souvenir de MPE venu de Finlande, après leur dernier album datant de 2016 « Embers Of A Dying World». MPE fait son grand retour avec un septième album épatant et éclatant de lucidité. Toujours signé chez AFM, le groupe dont la tête pensante qu’est Andy Gilion à la gratte, est plus fort que jamais et surtout très inspiré par des groupes de l’ancienne école scandinave en plus brutal. MPE a toujours cette marque de fabrique qui fait la classe des grands groupe. Pour preuve, « A Day For A Redemption» et « Lost In A Starless Aeon» ouvre le bal avec de grosses rythmiques aux riffs secs parsemé de solos vertigineux. Tout ceci est alléchant et surprenant car ce groupe montre quand même des valeurs nouvelles en terme de structures musicales et de mélodies par le mastodon «In Frozen Fields » et le colossal traschy « Rebirth ». Les harmonies sont ciselés, les atmosphères sont lugubres et la prod de cette galette est sublime. Mors Principium Est peut se venter de mettre quelques taloches à certains anciens pionniers du genre avec ce nouvel album redoutable. [Loïc Cormery]