À peine nous étions-nous remis du Live at the O2 Arena d’Alter Bridge que Myles Kennedy pointait à nouveau le bout de son nez pour une interview, cette fois à propos d’un album solo attendu depuis de longues années…

[Entretien avec Myles Kennedy par Philippe Jawor – philippe@metalobs.com]

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Parle-nous de ce premier album solo : il paraît qu’il était quasiment achevé en 2009, mais que tu as finalement décidé de tout recommencer à zéro, c’est vrai ?
En fait, au moment d’enregistrer les chansons que j’avais écrites, j’ai réalisé que ce n’était pas du tout ce que je voulais proposer pour un premier disque en solo. Il y a déjà plein de disques de hard rock avec ma voix, et ces chansons avaient elles aussi une vibe rock importante ; je voulais revenir à quelque chose de plus acoustique, de plus organique.

Qu’en est-il alors de ces premières chansons, qui ne sont pas sorties ? Aura-t-on une chance de les entendre un jour ?
Peut-être, qui sait ? J’ai gardé au moins une de ces chansons pour la réenregistrer et l’intégrer à Year of the Tiger – il s’agit de « Love can only heal ». Quelques titres de ces sessions pourraient bien ressurgir un jour, parce que j’en suis assez fier tout de même ; ce n’était simplement pas le moment.

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Le fait d’écrire ces chansons t’a-t-il réellement aidé à tourner la page du décès de ton père, survenu quand tu avais quatre ou cinq ans ?
Pendant des années, j’ai essayé de mettre cela de côté, notamment quand il fallait écrire des chansons : c’est un sentiment assez profond, assez douloureux. De toute façon, quand je m’y essayais, je n’y arrivais pas, c’était trop dur. Mais j’avais cette espèce de boucle dans la tête depuis pas mal de temps – depuis sept ou huit ans, je crois d’ailleurs que je tondais ma pelouse quand elle m’est venue ! (rires) Bref, quand je me suis attelé à l’écriture de Year of the Tiger, tout s’est mis en place autour de cette boucle, qui est justement devenue la chanson-titre ; c’est comme si l’univers me disait « voilà le thème de ton album » ! (rires)

Il semblerait aussi que c’est un formidable moyen d’exprimer ton amour pour la musique qui t’a forgé…
C’est vrai. En réécoutant cet album, je retrouve beaucoup d’influences qui me sont chères : du blues, de la musique acoustique que j’ai écoutés pendant toute ma vie… J’entends le jeu de Mississippi John Hurt sur « Haunted by design » ; Chris Whitley, qui est une grosse influence, mais aussi du Led Zeppelin III et IV… Mais avant tout, la raison pour laquelle j’ai voulu enregistrer ainsi, en acoustique, c’est que ça t’offre un tout autre canevas sur lequel peindre tes paroles. Je ne me cache pas derrière un mur de guitares ; il faut que mon histoire tienne la route. C’était une toute nouvelle approche en tant que songwriter.

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C’est toi qui joue pratiquement de chaque instrument de cet album, même si on retrouve certaines personnes qui ont déjà travaillé avec toi par le passé : Tim, le manager d’Alter Bridge, Zia Uddin, qui jouait de la batterie dans The Mayfield Four, et Michael Baskette, à la prod, qui a déjà travaillé – entre autres – sur des disques d’Alter Bridge. C’était important, pour toi, de t’entourer de ces gens de confiance ?
J’en avais besoin, oui, surtout pour exprimer quelque chose d’aussi personnel. Zia et moi, on joue ensemble depuis le lycée, ça doit faire près de trente ans ! (rires) C’est comme un frère, doublé d’un incroyable batteur. Quand je composais, je me disais qu’il serait le musicien parfait pour ces chansons. Tim, en plus d’être mon manager et celui d’Alter Bridge, est un très bon musicien : il a fait un super boulot à la basse. Quant à Michael « Elvis » Baskette, c’est vraiment LE mec qu’il faut pour ma musique ; c’est un génie. Tous ensemble, nous avons passé beaucoup de bons moments, et ce même si le sujet ne s’y prêtait pas forcément…

MYLES KENNEDY
Enfin seul !

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