NAGLFAR
Cerecloth
Black Metal
Century Media/Sony Music
★★★★☆

Les années passent et les albums de Naglfar, s’ils se font rares, ont tendance à se ressembler un peu trop depuis Pariah (2005) même si la qualité a toujours été constante en général. Alors quid de cette cuvée 2020, huit ans après un Téras correct mais qui ne nous terrassa pas non plus complètement ? Avec un artwork signé Kristian Wåhlin (Dissection, Emperor, Dismember, Nifelheim, etc.), on se dit de toute manière que l’on va avoir droit ici à du classique de chez classique. Bingo ! Tel le gardien du temple, le groupe d’Umeå conserve de toute façon en secret un véritable savoir-faire en matière de Black Metal mélodique à la suédoise, loin au nord de sa contrée. A l’instar d’un Necrophobic encore en grande forme dernièrement ou d’un Mörk Gryning sur le retour (un nouvel album est en prévision chez Season of Mist), et à défaut bien sûr des regrettés Dissection (R.I.P.), le trio scandinave retourne de temps à autre en studio pour accoucher d’une nouvelle galette nous rappelant qu’il reste un des maîtres d’un genre si prisé durant les années 1990 où il connut alors son heure de gloire grâce notamment au guitariste/chanteur Jens Rydén et les albums Vittra, Diabolical et le puissant Sheol. Si Téras avait permis de revenir sur le devant de la scène et ce, même si le groupe est plutôt avare de concerts, au niveau prise de risque on frôla le zéro absolu, accentuant peut-être le côté plus sombre sur certaines mélodies plus lourdes et lentes et ralentissant parfois le tempo dans ses chansons. Sur ce septième opus, Naglfar n’invente rien et souffle sur de vieilles braises qu’il suffit uniquement de rallumer. De l’écrasant « Horns » au plus mystérieux « Vortex Of Negativity » en passant par le furieux « The Dagger In Creation » au tempo frénétique ou la plus classique chanson-titre avec son riffing entêtant, on est totalement en terrain balisé. Mais telle la tentation de goûter au fruit défendu à laquelle on résiste, on se laisse happer par les terribles guitares à la fois incisives et mélodiques si typiques du style suédois signées Marcus E. Norman (le géant « Vargher » dans Bewitched, vous savez !, également membre d’Havayoth) et Andreas Nilsson. La basse également enregistrée par Marcus comme souvent se fait entendre (« Like Poison For The Soul »), n’hésitant pas à se frayer un chemin sur ce puissant Cerecloth. Le chant haineux et bien evil de l’ex-Setherial Kristoffer « Wrath » Olivius, qui a délaissé la quatre cordes, fait toujours lui aussi son petit effet au micro comme sur la seconde partie déchirante du faussement calme « Necronaut ». Classique et efficace vous en aurez conclu, Cerecloth s’achève sur le long et quelque peu inutile « Last Breath Of Yggdrasil » en espérant que Naglfar ne donne là cependant son dernier souffle ou reparte dans un profond sommeil encore huit ans. Mais bon d’ici là, peut-être aura-t’on droit à un nouvel album de Bewitched, l’autre groupe du guitariste et du chanteur ? Réponses des principaux intéressés très bientôt dans l’interview à venir sur www.metalobs.com. [Seigneur Fred]

NAGLFAR : Cerecloth

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