En voilà un qui prend son temps ! Occupé par un emploi du temps des plus chargé, bassiste référence du Doro Band, Nick Douglas a mis près de seize ans à passer le cap du deuxième album…

[Entretien avec Nick Douglas par Philippe Jawor]

nick-douglas

 

Seize ans ont passé depuis ton premier album solo, Through the Pane. Bien sûr, tu as été occupé à tenir la basse dans le groupe de Doro ; alors quand ont été composées ces nouvelles chansons ? Au fil de ces seize années ou lors de sessions d’écriture spécifiques ?
J’ai commencé l’écriture de ces nouvelles chansons peu de temps après la sortie de Through The Pane, donc on peut dire qu’elles ont été composées pendant un long laps de temps, oui. Avec mon emploi du temps, j’enregistrais, puis m’arrêtais, puis reprenais quand j’avais le temps et/ou l’inspiration… Il fallait également que je me mette à jour dans les techniques d’enregistrement, pour que le son soit meilleur.

Quel est le sens du titre de l’album, Regenerations ? Est-ce une référence à ton « retour » en solo ?
Il représente un réinvention de la vie, depuis le précédent album. Par exemple se débarrasser de choses que je pensais importantes et les remplacer par des choses que je trouve vraiment importantes. En gros, il s’agit d’apprendre, de mûrir. Il n’est jamais trop tard pour tout recommencer, pour ne pas avoir à abandonner, ou se sentir enfermé dans une situation désagréable.

Les titres de Regenerations sont assez éloignés de ce qu’on t’entend jouer avec Doro – oserions-nous dire un peu pop ? C’était un besoin, d’explorer ces territoires ?
Le style de chaque chanson respecte son inspiration initiale. Je trouve ça difficile de contrôler le style d’une chanson : j’écris, et si ça doit arriver, je le laisse arriver. J’aime tous les styles de musique, alors il n’y avait pas de raison que je n’en explore pas toutes les facettes.

En fait, on distingue beaucoup d’influences différentes dans ces chansons ; quelles ont été tes inspirations pendant l’écriture de ce disque ?
Généralement, j’ai une espèce de radar constamment allumé, pour trouver l’inspiration un peu partout. Par exemple, très souvent, j’ai une idée juste avant de m’endormir. Alors je me relève – avec difficulté – et j’enregistre cette idée, pour la réécouter le lendemain et essayer de construire autour. Je me concentre beaucoup sur les paroles, et je peux passer des jours, des semaines voire même des mois à faire en sorte qu’elles sonnent juste.

Justement, quelles sont tes inspirations pour les paroles ?
C’est principalement autobiographique : la vie, l’apprentissage, la recherche de la vérité… mais pas toujours. Par exemple, le texte de « Come Alive » m’est venu après avoir assisté à un séminaire où l’une des intervenantes parlait de son engagement auprès des réfugiés qui arrivaient en Grèce. Son histoire m’a beaucoup touché, et ça m’a donné l’idée d’un couplet pour « Come Alive ». En travaillant sur le morceau, les paroles ont évolué vers un message de courage, même si on est confronté à une situation qui paraît insurmontable.

nick-douglas-large
Parle-nous des guests de cet album. On imagine aisément comment tu es entré en contact avec Johnny Dee et Harrison Young, ayant officié au sein du Doro Band – mais qu’est-ce qui t’a décidé à travailler avec Sharlotte Gibson et Rebecca Gowarty ? Peux-tu les présenter à nos lecteurs ?
Avec plaisir. Sharlotte est une chanteuse, songwriter et choriste qui a travaillé avec quelques uns des plus grands artistes de notre temps. Nous nous sommes rencontrés via des amis communs et sommes restés en contact au fil des ans. J’ai joué sur quelques uns de ses morceaux, ainsi qu’en live. J’ai toujours aimé son songwriting. Un jour, je lui ai fait écouter « Before You Break ». Je n’avais pas de deuxième couplet. Elle a écrit quelque chose, qui s’est avéré être un duo. J’adore ce qu’est devenu ce morceau.
Rebecca est une chanteuse qui vit pas loin de chez moi, en Pennsylvanie. Nous étions dans le même groupe pendant une courte période, et nous avons écrit quelques morceaux ensemble. J’aimais ses textes et ses mélodies. Quelques années plus tard, je lui ai fait écouter un morceau qui s’appelait « Alive », dont je n’arrivais pas à finaliser le texte. Elle l’a complètement réécrit, et c’était génial. C’est « Blue », le dernier titre de l’album. Elle fait également les choeurs sur « The Soul You Keep ».
Doro, Sharlotte, Rebecca… Est-ce plus simple pour toi de travailler avec des voix féminines ?
C’est une totale coïncidence que les deux invitées de ce disque soient des femmes ; je ne sais pas si c’est plus facile de travailler avec des voix féminines ou pars. Je trouve juste que Sharlotte et Rebecca ont beaucoup de talent , et chacune a pu compléter quelque chose que je n’arrivais pas à concrétiser seul.
J’aimerais aussi mentionner Harrison Young, qui fait les choeurs sur « All On Me » et qui m’a aidé à mixer quelques titres.

NICK DOUGLAS
Prendre son temps

Fermer le menu