NO ONE IS INNOCENT
Frankenstein

Verycords/Warner Music France
Rock alternatif/Fusion
★★★★✩

NO ONE IS INNOCENT Frankenstein web cover

Si Propaganda mit tout le monde d’accord en 2015 avec son Rock’n Roll accrocheur et plein de sueur (comme le clame souvent son chanteur Kemar), le célèbre groupe français s’offrant même le luxe d’une première partie d’AC/DC au Stade de France cette année-là, les fans de No One eurent droit ensuite au second effet Kiss Cool sur le poignant live Barricades tristement endeuillé quinze jours avant par l’attentant du Bataclan (R.I.P.) Mais la bête est féroce ! En effet, il en faut bien plus que ça pour abattre Kemar et sa bande, toujours aussi inspirés et surtout énervés ici sur ce septième album baptisé Frankenstein. S’ouvrant sur le frondeur « A La Gloire du Marché » au riff incisif, nous rappelant au passage indirectement que notre cher président est un banquier, nos gaillards rentrent dans le tas avec un break central redoutable avant d’enchaîner sur le ring du Rock dur avec un uppercut ou plutôt un coup droit dédié à Mohamed Ali (« Ali (King Of The Ring) ») qui risque de faire mal sur les scènes de l’Hexagone. Comme un certain « Silencio » sur Propaganda, nous avons droit à un beau clin d’œil à Rage Against The Machine sur le groovy « Desperado », le quintet français n’ayant jamais caché son amour de jeunesse pour le groupe de Tom Morello dont il reprend d’ailleurs le classique « Bullet In The Head » sur sa nouvelle tournée entamée fin mars. La chanson-titre, mêlant là encore groove imparable et riffs plombés, dénonce les horreurs engendrées par la bêtise humaine. Après la fausse accalmie sur « Les Revenants » à l’intro planante flirtant avec The Doors et Kyuss, les guitaristes Popy et Shanka ne lâchent rien, dégainant leurs riffs Punk sur leurs six cordes (« Teenage Démo », « What The Fuck » (featuring leur pote Nico de Tagada Jones)) tout en se la jouant sombre et oppressant auparavant sur « Nous Sommes La Nuit » qui rappelle presque un titre comme « Epargne-moi » à l’époque de leur premier album éponyme en 1994… Et cerise sur le gâteau : en bonus vous aurez droit à une belle reprise personnelle du cultissime « Paranoid » des désormais jeunes retraités de Black Sabbath. Finalement, No One Is Innoncent a rarement déçu sur disque depuis ses débuts (malgré sa période Electro/Pop/Rock parfois contestée avec Revolution.com), mais une chose est sûre : jamais en live Kemar et ses zicos nous ont déçus en vingt-quatre ans, car encore une fois la bête est féroce, à l’image de cet énergique Frankenstein. Parole de fan ! 

[Seigneur Fred]