O.R.k
Quand les 4 coins du globe convergent

KScope
Rock alternatif/progressif
★★★★✩

 

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O.R.k est très certainement l’un des rares projets musicaux prenant une direction multiples totalement assumée. Alors que certains parlent de rock progressif, d’autres y voient le talent de l’ex- bassiste de Porcupine Tree, Colin Edwin. La possibilité pour ce dernier de sortir de l’ombre et de livrer ces idées est enfin pleinement prise en compte. Et on ne peut pas dire que ce choix de liberté est mauvais. Bien au contraire. [Entretien avec Colin Edwin par Jérémie Bennard]

 

Dans le communiqué de presse, tu as dit que « Ramagehead est le travail le plus intense et le plus ambitieux du groupe à ce jour ». Pouvez-vous nous parler de son processus de création ?

 

La distance a posé problème, car Pat (Pat Mastelotto) vit aux Etats Unis, Lef (Lorenzo Esposito Fornasari) et Carmelo (Pipitone) sont à Bologne et moi au Royaume-Uni. On voulait être ensemble en studio, mais ce n’était pas possible. J’ai commencé par aller à Bologne pour faire une session avec Lef et Carmelo. Quand tout a commencé à se mettre en place, Pat est venu se greffer. C’était le seul moyen qu’on a trouvé, mais ce projet est réellement un projet de groupe. Je ne vois pas comment on aurait pu faire avec d’autres membres, car nous quatre s’entendons vraiment bien, on sait ce qu’il faut faire pour que la magie opère.

 

Vous avez un invité de marque sur cet album, Serj Tankian de System of A Down sur le morceau “Black Blooms”. Pourquoi Serj ? Comment cette collaboration a-t-elle été initiée ?

 

L’année dernière, Lef a composé un album solo intitulé « Hypersomniac » sur le label Rarenoise. Lorsqu’il a composé l’album, il a invité Bill Laswell, un bassiste. Il a participé à plein de projets en tant que producteur et bassiste. Bill a joué de la basse sur l’album de Lef et comme il est producteur, il connaît pas mal de gens. C’est donc lui qui a suggéré que Lef et Serj devraient se rencontrer, car il aimait beaucoup la voix de Lef, et il pensait que Serj s’accorderait très bien avec. Donc au moment où nous écrivions l’album, Lef et Serj sont entrés en contact, et Serj a voulu chanter sur « Black Bloom », et il a commencé à travailler dessus. C’est donc parti d’une invitation de Lef, mais en fait, le point de départ a été la connexion avec Bill Laswell.

 

Tu as aussi dit que tu étais impatient de jouer cet album en live. Ce sera le cas en support de The Pineappple Thief mais aussi en tête d’affiche, comme le 17 mars 2019 au Petit Bain à Paris. Cette salle est très intimiste, les musiciens sont proches des spectateurs. C’est ce que vous recherchiez ?

 

Le live, pour nous, c’est une démarche différente. Il y a beaucoup d’improvisation tout au long des chansons, car on connaît les structures, et on a vraiment confiance les uns envers les autres. C’est quelque chose qui a commencé avec les premiers albums, dès que nous nous sommes rencontrés, beaucoup d’impro et de spontanéité tous ensemble. Et en live, c’est très excitant de faire partie de ce groupe, il dégage un grand pouvoir […]. Le live, dans le groupe, c’est vraiment une histoire d’interactions entre nous quatre, c’est ce qui m’enthousiasme le plus. Peu importe le lieu, les concerts se passent toujours très bien. Donc je suis sûr qu’à Paris, ce sera génial. Je n’ai aucun doute sur les performances live du groupe, cela ne me cause aucune inquiétude.

 

Je ne peux résister à l’envi de te poser la question : Steven Wilson parle d’un pas en arrière si Porcupine Tree devait un jour se reformer. Est-ce aussi ton point de vue ?

 

Et bien, pour moi, Porcupine Tree était une bonne équipe. Je pense que nous serions capables de faire un autre très bon album. Cela n’arrivera probablement pas, et j’ai arrêté d’y penser, je suis passé à autre chose […]. En un sens, c’est un pas en arrière pour moi, parce que je suis passé de simple bassiste dans Porcupine Tree à un poste de musicien plus complet, qui collabore plus avec les autres. Porcupine Tree m’a donné la confiance pour m’affranchir du simple rôle de bassiste dans un groupe, et j’en suis très reconnaissant, mais je ne suis pas sûr de vouloir retourner à ce rôle. Donc je comprends ce que tu veux dire, et je pense que nous pourrions encore faire un album tous les quatre si nous essayions, mais je ne suis pas certain qu’il y ait la volonté chez les autres, pour être honnête.

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O.R.k

RAMAGEHEAD

Le supergroup réunissant des musiciens considérés par certains comme avant-gardiste nous offre un second album plus personnel, plus ciblé. Les influences, venant de chacun des protagonistes, finissent par se retrouver dans des mélodies communes. L’histoire et l’expérience de chaque être faisant l’ADN de O.R.k ressortent dans ces compositions concises et, encore une fois, bluffantes de par leurs univers si particuliers. La présence de Serj Tankian permet même à l’un des morceaux de flirter avec la perfection, délivrant une nouvelle facette encore inconnu du chanteur de SOAD. O.R.k touche les étoiles, et vous propose d’embarquer à leurs côtés avec Ramagehead. [Jérémie Bennard]