C’est après cinq ans d’absence que la formation finlandaise One Morning Left revient avec son nouvel album, Hyperactive. Le groupe innove, dans son Metalcore habituel, en y ajoutant cette fois des touches 80’s. De quoi donner de la bonne humeur à tous ceux qui l’écoutent ! [Entretien avec Leevi Luoto (guitare/chant) par Emma Hodapp – Photos : DR]

Comment vivez-vous l’épidémie ? Est-ce que la Finlande connaît d’importantes restrictions ?
On va plutôt bien, compte tenu de la situation. Je pense qu’il s’agit d’une belle opportunité pour créer plus de musique et de contenu sur les réseaux sociaux. Bien sûr, nous aimerions tourner et nous produire sur scène, mais c’est malheureusement impossible. On passe donc notre temps à composer, pour écrire le nouvel album. Je ne parle pas d’Hyperactive, qui sort en mai, mais du prochain. Concernant la Finlande, ça va et ça vient. Là, pendant trois semaines, nous ne pourrons pas nous rassembler en groupes de plus de vingt personnes. Mais ce n’est pas aussi dur que dans le reste de l’Europe.

N’est-ce pas difficile de trouver l’inspiration, durant une période aussi cloisonnée que celle-ci ?
Jouer sur scène est notre motivation principale. Sur scène, on saute sur les murs, on fait des backflips, il y a de la transpiration, du sang, des larmes (rires). C’est le spectre complet des émotions qui nourrit cette énergie sans limites. Quand on écrit de la musique, on le fait en prévoyant de quelle façon elle sera jouée sur scène. Ça reste notre plus grande inspiration.

Vous aviez commencé la composition d’Hyperactive, avant ou pendant le confinement ?
Il y a deux morceaux sur cet album que j’ai écrits il y a 13 ou 15 ans, quand j’étais un petit garçon (rires) ! Je ne les avais jamais utilisés et, un jour, j’ai juste pris ma guitare, je les ai joués et ça rendait bien. Je trouvais que ça ajoutait une patte, un peu de piment. Donc, en gros, on peut dire que la création de l’album a commencé il y a 15 ans ! Mais, plus sérieusement, c’était avant l’épidémie. On l’a enregistré en une ou deux semaines. On ne peut pas faire de concert, mais les gens sont à la recherche de nouvelle musique. Des fans nous ont personnellement écrit pour nous dire que nos morceaux les aidaient à traverser cette période. Ça m’a réchauffé le cœur !

Vous avez déjà dévoilé trois titres, avez-vous déjà reçu des retours ? Et comment sentez-vous la sortie de l’album ?
Oui, nous avons sorti trois morceaux et nous allons en partager un quatrième la semaine prochaine. Concernant les retours, ils ont été excellents ! On a eu des commentaires du style : « Je n’ai jamais entendu quelque chose comme ça avant. » Quand j’ai vu ces aussi bons commentaires, j’avais juste envie de sauter partout. Mais quelques anciens fans ont été plus réticents, avec ces nouvelles sonorités. Nos autres albums n’ont pas ce côté synthwave. Nous sommes vraiment passionnés par les années 80. Mais on voulait le mélanger avec du metalcore, pour créer un son complètement nouveau. Je dirais donc que 95 % des retours ont été très positifs !

On reconnait l’influence des années 80, ce qui n’était pas forcément le cas avant. D’où viennent ces influences ?
Tous les membres du groupe adorent ce qui vient des années 80, comme Bon Jovi, Whitesnake, Iron Maiden, Metallica, Def Leppard ou encore les jeux vidéo old school. C’est quelque chose qu’on écoute tous depuis qu’on est gamin. Et, maintenant qu’on est adultes et qu’on crée notre propre art, on voulait juste mélanger tout ça. On adore le metalcore, on adore les années 80. Pourquoi ne pas les combiner ? C’est aussi simple que ça, et on adore ça !

En quoi est-ce que le changement de line-up a influencé cet album ?
Ça a complètement changé le groupe et nous a donné plus d’opportunités, avec plus de membres ouverts d’esprit. Il n’y a pas de restrictions, on peut faire tout ce qu’on veut. S’il y avait un mot pour décrire le groupe aujourd’hui, ce serait liberté. On est libres de faire comme on le souhaite. Il n’y a plus aucune règle au sein du groupe, personne ne nous limite dans nos choix artistiques.

La première chose qui m’a frappé lorsque j’ai écouté l’album, c’est que vous avez un son assez unique. Comment pouvez-vous expliquer ça ? Peut-être par certaines influences, surtout du côté electro ?
Oui, comme pour les années 80, on adore l’électro. On écoute un peu tout ce qu’il y a eu, depuis les années 90 jusqu’à nos jours, comme l’EDM, le dubstep, du genre Skrillex ou David Guetta…

Avez-vous ressenti une certaine frustration en sortant un album pendant une période aussi singulière, sans pouvoir partir en tournée pour le promouvoir ?
Il y a définitivement une frustration, en considérant le fait qu’on ne peut pas partir en tournée. Mais, comme je l’ai dit, je pense que c’est un bon moment pour sortir du contenu, les gens ont envie d’écouter de nouvelles choses, et d’une certaine façon on les aide à traverser cette période difficile de confinement. C’est aussi un bon moment pour promouvoir le groupe, notamment sur les réseaux sociaux. Donc oui, c’est frustrant pour nous, mais je crois également que c’est une bien qu’on ait sorti l’album à ce moment-là. On a hâte quand même d’être plus libres d’aller où on veut et de pouvoir faire des concerts pour la sortie de l’album suivant. Je peux juste vous dire que, pour l’année prochaine, une grosse tournée est planifiée et on espère qu’elle sera maintenue.

Est-ce que vous avez prévu quelque chose d’autre pour cet album, comme un livestream ?
Oui, pourquoi pas ? Ce serait super. Ce serait différent. En live, il y a cette connexion entre le groupe et le public et, sans ça, il n’y a que des caméras, des ordinateurs et des lumières. Ce n’est pas la même chose. Si on ne peut pas jouer en festival cet été, nous en ferons surement.

Si vous deviez choisir un morceau, lequel ce serait et pourquoi ?
Woaw, c’est une question difficile ! (rires) Ce sont tous mes petits bébés, je ne peux pas en choisir un. Mais si je devais le faire, je dirais « Neon Highway ». C’est le titre qui a le plus à offrir, il est parfait pour promouvoir l’album. Mais il y en a un autre, « Creatures », qui sortira en avril. C’est mon préféré de l’album, il est si différent. C’est un morceau pop, avec des gros riffs de guitares, c’est le plus abouti. Je ne sais pas si c’est le meilleur de l’album à proprement parler, en tout cas c’est définitivement mon favori.

Et laquelle de vos chansons avez-vous le plus hâte de jouer sur scène par exemple ?
« Sinners Are Winners », parce que ce sont juste de bons moments : les années 80, le hard rock, tu peux ressentir le soleil de Miami et les palmiers en l’écoutant, comme si tu étais au volant d’une Cadillac. C’est un morceau plein d’énergie, c’est un animal. (rires)