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Le leader et fondateur Mikael Åkerfeldt, aime jouer l’apprenti sorcier en studio avec Opeth, et ce depuis 1990, n’ayant que faire à vrai dire des réactions des fans ces dernières années à chacune des publications du groupe et expérimentant librement en puisant son inspiration dans l’époque faste des seventies tout en se faisant plaisir avant tout, presque égoïstement. Si progressivement (et c’est vraiment le terme qui convient) le combo de Stockholm a mué tout au long de sa féconde carrière, la mutation s’est faite véritablement sur l’album Heritage en 2011, laissant alors certains fans de Métal plus extrême sur la touche pour en séduire de nouveaux : les amateurs de Rock progressif au sens large. Pale Communion confirma ce choix artistique avec maestria en 2014. Nous arrivons donc aujourd’hui tout naturellement à Sorceress, douzième album du nom, qui emprunte toujours cette voie aux influences seventies plus qu’assumées et surtout maîtrisées, mais avec ici une énergie et dynamique retrouvée, ce qui fit défaut d’une certaine manière à Heritage dans son ensemble. C’est le magnifique instrumental « Persephone » qui ouvre le bal avec ses guitares classiques (influences Folk si chères au sieur Åkerfeldt) auquel succède rapidement la chanson-titre dont les claviers évoquent le Pink Floyd de 1972. Mais une certaine puissance Métal se refait enfin sentir chez Opeth grâce à la présence de riffs Heavy bienvenus et qui avaient totalement disparu dernièrement (« Sorceress », plus loin « Chrysalis » qui n’aurait pas dénaturé sur un Ghost Reveries ou Watershed). Puis « The Wilde Flowers » et son chemin sinueux vous emmènent un peu plus dans l’univers si mystérieux et subtil du groupe suédois. Le chant clair de son leader, impérial, n’a jamais aussi bien été assuré et interprété (l’ambiant et acoustique « Sorceress 2 ») et il véhicule des émotions couplées à une certaine sérénité chez le frontman bien souvent hanté par ses démons intérieurs. L’expérience métissée sur l’instrumental « The Seventh Sojourn », sorte de Kashmir de Led Zeppelin version acoustique, surprend et enivre, faisant de Sorceress un album vraiment riche en émotions et en belles surprises. On repart ensuite dans le Hard Rock seventies sur « Strange Brew » avec ses notes de claviers énigmatiques en intro suivies d’une subite accélération de tempo où l’excellent Martin « Axe » Axenrot s’énerve à la manière du batteur Animal du Muppet Show qui se serait gentiment mis au Jazz, les soli de guitares en shredding ponctuant la chanson. Le superbe « A Fleeting Glance » avec ses guitares acoustiques et son point d’orgue Hard Rock seventies s’enchaîne délicatement avec « Era » qui se ponctue une ultime accélération pour réveiller l’auditeur avant une sporadique outro au piano sur « Persephone (Slight Return) ». Vous l’aurez compris, ce nouveau cru 2016 d’Opeth est fantastique, à la croisée des deux précédents opus et de son héritage Métal sans pour autant revenir au Death Metal mélodique et ses growls d’antan, ce qui devrait séduire n’importe quel fan des Suédois qui se respecte. Vraiment la classe, Monsieur Åkerfeldt.

[Seigneur Fred]

OPETH
Sorceress

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