Nostalgiques de Judas Priest, vous trouverez godillots à vos pieds avec un tel album. Groupe visiblement très productif ces dernières années, RAM remet le couvert avec un sixième album qui se mange sans fin ! Et elle demeure la formation « Classic » Heavy Metal à surveiller ces prochaines années. [Entretien avec Oscar Carlquist (chant) réalisé par Guillaume DARTIGUES]

Quelles sont vos directives pour créer une musique aussi dynamique ?

Je crois que ça a beaucoup à voir avec le fait qu’on a un meilleur entourage. Ça nous a pris du temps d’établir comment nous voulions travailler et de trouver les bonnes personnes avec qui avancer. Nous évoluons dans un bon environnement et on n’a plus à se poser des questions sur comment procéder. Nous sommes des « die hard », fans de Metal, et nous écrivons juste ce que nous aimerions écouter, cela nous vient naturellement.

Es-tu l’auteur de l’artwork ? Et étant impressionné par ta voix, quel est l’entraînement pour atteindre ces tonalités ?

Oui, j’ai réalisé l’artwork comme pour tous nos autres albums. J’en suis très heureux. Pour le chant, j’ai eu un entraînement, mais je ne travaille pas régulièrement. J’ai appris à chanter sur mes albums favoris !

Quels sont les thèmes abordés dans « The Throne Within » ?

Le titre le plus proche de l’album est l’ouverture : « The Shadowwork ». Elle traite du fait que j’ai rompu avec le monde, et que je ne m’y reconnais plus. À la place, j’ai bâti mon trône intérieur, qui se réfère à mon monde personnel. C’est là qu’est ma place, sans l’humanité et les fous qu’elle contient.

La présence d’Alan « Nemtheanga » Averill de Primordial est une surprise ! Pourquoi lui ? Tu peux nous en dire plus ?

Quand on a écrit le titre « Ravnfell », je ne pouvais qu’entendre la voix d’Alan dessus. Il a juste ajouté cet aspect plus sombre et plus authentique. Dans un sens, il est comme le bluesman de la scène actuelle du Metal. Nous l’avons rencontré pour la première fois à Dublin, au Redemption Fest que Primordial organise en partie. C’était une super expérience, et la foule nous a beaucoup apprécié. Après le concert, Alan est venu nous retrouver, nous avons trainé ensemble toute la nuit. Donc comme nous étions déjà en contact, il n’était pas difficile à atteindre.

Quel morceau en particulier recommanderais-tu à un affamé de Heavy Metal qui n’a pas encore écouté RAM ?

Probablement « Blades of Betrayal », c’est un pur morceau ‘RAMesque’, rentre-dedans avec un super refrain !

 

RAM

The Throne Within

Classic Heavy Metal

Metal Blade Records

★★★★☆

On pourrait croire que ce disque provient tout droit des années 80… Mais RAM distille une recette qui marche à merveille, même en 2019. Non en copiant les précurseurs, mais en s’en inspirant : de Judas Priest, Accept et Mercyful Fate, en passant par Cirith Ungol ou Saxon. Nous avons un Heavy Metal vrombissant, façon Mad Max sur fond de double-pédale pour « Blades of Betrayal », un riff jouissif mémorable dans le refrain de « Fang and Fur » mais aussi la présence d’Alan Nemtheanga de Primordial sur « Ravnfell » !

On se doit de mentionner le chant d’Oscar aux multiples tonalités, une qualité indéniable de ce disque. De plus, avec les morceaux qui s’enchaînent à la milliseconde, les quelques passages en clean (et sans oublier les riffs qui relèvent de l’épique) font de cet album une agréable surprise.

Il demeure si varié qu’on croirait écouter deux albums en même temps. Cuir et clous, RAM soigne son image avec des visuels fidèles à l’époque glorieuse du Hard et apporte, à l’instar du groupe Eternal Champion, un vent de renouveau dans le paysage actuel du Heavy, qui a parfois tendance à s’essouffler. Quelle énergie ! [Guillaume DARTIGUES]

RAM : Saveurs à l’ancienne

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