RIVERDOGS
California dudes

Malgré un cancer, Vivian Campbell a été capable de jouer dans trois groupes cette année. Entre les tournées de Def Leppard et Last In Line, le vaillant guitariste irlandais a encore eu le temps de réactiver le projet Riverdogs et donner une suite à l’album éponyme de 1990. Plein de fraîcheur, California n’est pas vraiment hard à 100%, mais Mister Campbell est trop fertile pour se limiter à un genre cartésien. 

[Entretien avec Vivian Campbell (guitare) par Philippe Saintes  photo : Kelsey Danzeisen]

Riverdogs-Viv Campbell

La ligne directrice était de créer un album comparable au premmier opus… 
Absolument ! Nous avons voulu reproduire les sons et la texture du premier disque même si la recette est différente. Il y a par exemple moins de guitares acoustiques sur California et mon jeu est plus dynamique. Je suis d’ailleurs très satisfait du résultat. Les onze chansons de l’album sont le fruit d’un travail collectif, d’une équipe soudée. Dans le but de sonner artistiquement avec l’histoire de Riverdogs, Nick (Brophy, basse), qui est un ingénieur du son très talentueux, a analysé nos premières chansons et pris des tonnes de notes sur les plans et les arrangements réalisés à l’époque. Il a également consulté Jeff Glixman, le producteur qui a mixé et terminé l’album de 1990. On a aussi employé un équipement à l’ancienne pour de renforcer ce caractère. Personnellement, j’ai joué sur quelques guitares utilisées lors de l’enregistrement de Riverdogs et avec le même ampli. 

C’est une véritable ode à la Californie. La nostalgie est palpable du titre de l’album à son artwork. 
Je réside à Los Angeles depuis l’enregistrement de l’album Holy Diver avec Dio (1983) et mon épouse est américaine. J’ai passé une grande partie de mon existence là-bas, même si mes origines sont irlandaises, indiscutablement. Nick, Mark (Danzeisen, batterie) et Rob (Lamothe, chant) sont quant à eux originaires du sud de la Californie. Avant la sortie du premier album, nous avons écumé les clubs de San Diego, Los Angeles, Sacramento et San Fransisco. California est en quelque sorte un retour à nos racines. Rob parle d’ailleurs dans ses textes d’expériences vécues et des endroits fréquentés à nos débuts. C’est à la fois un album conceptuel et autobiographique. 

Musicalement, tu sembles épanoui avec le répertoire de Riverdogs ou celui de Last In Line. Ton jeu est plus riche et étoffé comparé à l’univers de Def Leppard. 
C’est très compliqué de jouer dans trois groupes à la fois. J’ai rejoint Def Leppard en 1992. Les harmonies vocales subtiles et les refrains accrocheurs sont la marque de fabrique du groupe. Nous bossons dur là-dessus. Il y a certes des parties de guitares complexes et intéressantes dans les morceaux de Def Leppard, mais j’aime relever de nouveaux défis. Avec Riverdogs et Last In Line, je peux me concentrer essentiellement sur mon jeu et la production. Mes expérimentations correspondant à ce que je peux être réellement. Je me suis libéré de certaines choses et j’ai aujourd’hui davantage confiance dans mon style (il rit). 

Comptes-tu tourner avec Riverdogs dans les mois à venir ?
On envisage de donner un concert à la fin de l’année en Californie du Sud mais il n’y aura pas de tournée. Cette année a été très intense pour moi. J’ai terminé les dates US de Def Leppard en juin et j’enchaîne avec une série de shows avec Last In Line, en Europe pendant l’été. En septembre, je rentre en studio pour enregistrer le deuxième album de Last In Line qui sera produit cette fois encore par Jeff Pilson (DokkenForeigner). Mon agenda musical est bien rempli. 

Pour conclure, comment évolue ton combat contre le lymphome de Hodgkin (cancer du système immunitaire) ?
Les derniers résultats sont prometteurs. Il y a deux ans, les médecins ont décidé de passer à immunothérapie, un traitement qui vise à mobiliser les défenses immunitaires contre la maladie (c’est aussi le cas de Johnny Hallyday, ndlr). Environ 40 % des patients tous cancers confondus, traités avec cette molécule, étaient encore en vie trois ans après le diagnostic. Je ne suis pas pour autant sorti d’affaire, mais la maladie est enrayée avec un minimum d’effets secondaires. Je suis dès lors en mesure de continuer d’enregistrer des disques et de me produire sur scène, ce qui est déjà une victoire. 

Riverdogs-Photo