Le paysage français ne manque pas de festivals musicaux en tout genre, et ce malgré une sale vague d’annulations imposée par une réduction drastique de leurs subventions. Bravant l’ambiance morose et les mastodontes que sont le Hellfest ou le Motocultor, certains téméraires osent même se lancer dans l’aventure de l’organisation d’un festival de Metal. C’est le cas de Vincent, l’organisateur du Rock’n’Roll Train festival qui se tiendra les 11 et 12 juillet prochains à Longwy (54)… [Propos recueillis par Philippe Jawor]

RNR fest

Le Rock’n’Roll Train festival est tout jeune, puisque c’est seulement sa troisième édition… Comment est-il venu au monde ?

C’est une histoire de passionnés : à l’origine, Rock’n’Roll Train, c’était une émission de radio que j’animais. Désormais, on est 120 bénévoles a œuvrer pour ce festival.

La première édition a eu lieu dans une salle, devant 500 personnes, avec trois groupes : 69 chamber en tête d’affiche, et Big Moustache Bandits et George Garage ; tout ça gratuitement.

La deuxième édition a déménagé à Longwy – où est basée notre association – dont les remparts, construits par Vauban, sont inscrits au patrimoine de l’UNESCO, et où je traînais pas mal quand j’étais lycéen.

Ça n’a pas posé de problème, d’organiser un festival de Metal sur un site classé ?

Bizarrement, non. On est arrivés à la mairie avec le projet, et l’adjoint en charge de la culture à l’époque nous a soutenus après avoir vu qu’on avait été sérieux sur l’organisation de la première édition. Le maire nous a fait confiance, vu que ça fait aussi parler de la ville ; il fallait juste faire attention à ce qu’il n’y ait pas de dégradations, forcément.

Cette fois, on passe au payant, du moins en partie…

La gratuité du dimanche, c’était la condition du maire, avec une programmation locale et plus familiale que Metal, mais ça nous a un peu desservi au niveau des recettes, forcément. Le samedi, lui aussi, était un peu plus éclectique, avec entre autres les Stranglers et Puggy. Forts du succès de cette édition, on a pu imposer nos conditions pour la troisième édition : deux jours payants, et seulement du Metal !

Pas de problème non plus du côté des riverains ou d’éventuels extrémistes comme au Hellfest ?

Ça me fait tomber de ma chaise quand je vois ce qui s’est passé, je me demande dans quel pays je vis et en même temps, ça me fait marrer, c’est pathétique. Le Hellfest est de toute façon assez fort pour ignorer ce genre de conneries.

Nous on ne nous fait pas trop chier, probablement parce que l’on n’a pas une programmation Black ou Death, et puis mon épouse, qui est catholique et qui fait partie de l’organisation, sera là pour leur dire de se calmer si jamais ça arrive (rires) !

Quels festivals vous inspirent ? Je pense au Sylak, qui est tout jeune aussi et qui semble tranquillement faire son chemin…

Il y a de ça, mais on essaie aussi de s’inspirer de nos voisins belges : Durbuy, le Donkey Rock festival à Selange, le Plein Air Rock de Jarny, plus près de nous… On essaie de grossir de la même façon que ces festivals ont grossi : quelques galères aux débuts, mais une volonté forte de sortir la tête de l’eau. On discute pas mal entre nous, on se donne des tuyaux ; c’est en collaborant qu’on survit, et grâce au public, aux subventions et aux sponsors, bien sûr.

À nouveau, pour un festival jeune comme celui-ci, ça n’a pas été trop dur de convaincre des « gros » comme Pro Pain, Biohazard, Loudblast ou Crucified Barbara ?

On a déjà une bonne expérience avec les tourneurs, ça facilite le booking. Crucified Barbara devait déjà jouer l’année dernière, mais Mia, la chanteuse, mariait sa soeur. On a mis du temps à booker le dernier nom de la programmation, ce sera finalement No One Is Innocent !

On a une belle programmation pour un jeune festival, et j’espère attirer un public assez large : le grand est, pourquoi pas quelques Parisiens, Lillois ou Lyonnais, des Belges ou des Luxembourgeois qui sont à côté… on a une capacité de 4 000 personnes et un camping que l’on avait pas l’année dernière, où il y aura une soirée warm up le vendredi soir !

Rock’n’Roll Train festival
Jeune pousse

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