SANCTUARY Inception

On le sait bien, la tendance est actuellement au vintage  à tous les rayons : mode prêt-à-porter (on paye pour un jean déjà usé), antiquités, automobile (Fiat 500) mais aussi en Heavy Metal ! Après avoir supervisé The Year The Sun Died, le précédent album de Sanctuary sorti en 2014, le célèbre producteur Zeuss (Hatebreed, Queensrÿche, etc.) a eu le nez fin en demandant à remixer, en tant que fan absolu, cette compilation historique de Sanctuary dont les bandes d’enregistrement de 1986 ont été récemment retrouvées, par hasard, par son guitariste Lenny Rutledge, dans la grange du QG du groupe près de Seattle… Bref, passée l’anecdote, penchons-nous sur les prémices de ce fameux combo américain de Heavy/Thrash Metal (et non de Grunge) formé, rappelons-le, en 1985 ! En remettant dans le contexte de l’époque, ces huit anciennes chansons captées précisément entre avril et juillet 1986 (dont la plupart figurent donc sur le premier album Refuge Denied paru deux ans plus tard), ces vieilles compositions parfaitement en place et exécutées s’avèrent tout simplement déjà exceptionnelles ! Les riffs de Lenny sont tranchants et mélodiques (le dynamique « Dream Of The Incubus » en ouverture), inspirés inévitablement par la vague d’alors de la Bay Area (l’ombre de « The Thing Should Not Be » de Metallica fait plus que planer sur « Soldiers Of Steel » dont l’air et la durée sont bizarrement quasi-identiques). Quant à la voix de Warrel Dane (futur ex-Nevermore), le frontman à la permanente blonde impressionne déjà et clouerait sur place aujourd’hui le jury de The Voice, flirtant même avec le maître de l’époque Rob Halford (Judas Priest). Le chanteur possède déjà ici son propre style et sait faire jouer de son organe vocal comme sur l’étonnante reprise de « White Rabbit » de Jefferson Airplane des années 60. Cette voix extraordinaire constitue assurément la valeur ajoutée de Sanctuary sur Inception où tout ne repose pas seulement sur une bonne rythmique ou les guitares (l’excellent et varié « Battle Angels » avec son riff d’intro tranchant et plus qu’entêtant). Quant aux soli, même s’ils ne sont pas exceptionnels, on est déjà largement au-dessus du niveau moyen de l’époque, c’est dire ! Au final, si Sanctuary avait bénéficié de plus de soutien à l’époque de la part de son label Epic Records avant de splitter en 1992, nul doute que ce premier enregistrement longue durée, brut et plein d’énergie, aurait probablement encore plus de saveur de nos jours tout en sachant qu’honnêtement, on retrouve la totalité des morceaux avec un son plus propret sous un tracklisting différent (et sous d’autres noms) dans Refuge Denied paru alors en 1988. Mais cela fait beaucoup d’hypothèses, or nous ne pouvons malheureusement réécrire l’histoire. Et puis dans le cas contraire, nous n’aurions pas eu droit par la suite aux excellents opus d’un certain Nevermore

[Seigneur Fred]

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