Originaire de Perth sur la côte ouest australienne, Sanzu a déjà attiré quelques attentions l’an dernier avec son premier EP Painless rapidement suivi de Heavy Over The Home, un premier album autoproduit distribué uniquement dans son pays. Nouvellement signé par le label français Listenable Records et revendiquant Morbid Angel et Meshuggah comme principales influences plutôt que nos chers compatriotes Gojira, cette nouvelle formation de Death Metal publie aujourd’hui son premier album en Europe mais chauvins comme nous sommes, nous avons cherché à mieux connaître ce quintet à fort potentiel et nous sommes faits l’avocat du diable auprès de son guitariste qui a gentiment joué le jeu en répondant à Metal Obs’.

[Entretien avec Jarod « Century » (guitare) par Seigneur Fred]

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Comment et quand a été fondé le groupe en Australie ? Peux-tu résumer rapidement l’histoire du groupe s’il-te-plaît ?
On s’est réuni tous ensemble en 2013. J’ai commencé par écrire des démos pour un nouveau projet que j’avais à l’esprit et l’ai montré à Ben (batterie) et Mikey (guitare). Tous les deux ont semblé enthousiastes et désireux de donner un nouveau groupe à cet essai. Zac a déménagé pour s’installer à Perth et chanter dans le groupe peu de temps après des petits problèmes et mises au point de line up. On s’est produit en live sans basse durant un moment et finalement Fatima nous a rejoints à bord. Et on vogue ainsi doucement depuis…

D’où vient le nom « Sanzu » et que signifie ce terme ? Est-ce peut-être lié au bouddhisme ou à des influences asiatiques étant donné que vous vivez dans le Pacifique ?
Cela relève du bouddhisme japonais, en effet, et des traditions, oui. La rivière Sanzu (ou « Rivière des Trois Chemins ») est une rivière équivalente au mythologique Styx grec que le mort doit traverser pour atteindre la vie après la mort dans l’au-delà. Je suis pas mal branché références nippons, je dois dire. En lien avec le groupe, c’est quelque chose dont j’aimais beaucoup le son après avoir passé mon temps à essayer d’aboutir à un nom pour le groupe. Je pense que cela convient bien ainsi qu’à notre musique. C’est aussi un nom approprié à l’image Metal, donc c’est plutôt cool.

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Pourquoi avoir choisi Listenable Records pour la sortie de votre premier album studio intitulé Heavy Over The Home ? Il n’y a donc pas de label Métal australien de qualité par chez vous ?
Listenable Records a semblé être le moyen parfait d’aller de l’avant quand s’est présentée pour nous l’opportunité de signer avec eux. C’est un rêve d’avoir ses chansons qui sortent à l’international dans le monde de la musique et nous avons eu le sentiment que cela serait génial pour accomplir ce travail. Listenable font de toute manière déjà en sorte que tout ceci se passe au mieux. Mes idoles musicales absolues de Gojira y étaient sur ce label auparavant et ça signifie énormément pour moi ! Il y a bien sûr des labels australiens et ils ont œuvrent beaucoup pour le Métal ici, mais cela me semblait mieux.

Si je ne me trompe pas, votre premier album Heavy Over The Home est déjà sorti fin 2015 de manière indépendante sur un label indépendant en Australie. Quelles furent alors les premières réactions et quels sont vos projets à venir suite à ce deal international avec Listenable Records ?
Ouais, nous avons sorti Heavy Over the Home en indépendant ici en Australie au départ et il a vraiment obtenu un très bon accueil. On a été totalement sidérés à vrai dire par tout cela : les chroniques de l’album, les interviews, les gens surexcités à nos concerts, des gens qui parlent du disque et nos pairs dans le milieu de la musique ici dans notre ville de Perth qui nous disent ce qu’ils en pensent. Pour avoir des gens que je regarde et admire sur la scène Métal et qui sont de grands musiciens me dire que l’album que l’album est vraiment Hard représente une chose folle à nos yeux. Pour la sortie internationale, nous voulons amener les choses encore plus loin. Nous voulons que notre musique ici soit partagée avec le reste du monde et nous allons tourner et jouer à l’étranger un peu partout autant que nous le pouvons. On espère fort heureusement que Heavy Over The Home créera tout autant qu’ici un buzz au-delà des océans afin que nous puissions continuer à faire ce que l’on aime avant tout : faire de la musique.

Les influences premières qui viennent immédiatement en écoutant votre album sont Gojira et Meshuggah. Et comme je suis français, tu sais, je dois avouer que l’influence de Gojira prédomine et est flagrante. Est-ce une influence assumée au sein de tout le groupe depuis vos débuts en 2013 ?
En fait, j’ai trouvé qu’il y a certainement beaucoup de disparités parmi ce que les gens pensent à propos de nos influences, donc ça dépend des personnes, ce qui est cool !! (rires) Pour être honnête, Meshuggah seulement m’influence au niveau de mon instrument et de mon choix technique (une guitare 8 cordes). Je pense que nous tous dans Sanzu avons aussi nos différentes influences. J’aime le Doom Metal, le Rap, mais aussi le Sludge et le Death Metal par exemple. On a vraiment de nombreuses influences et divers groupes favoris entre nous, et je pense ceci se reflète assez bien dans notre musique. Quand tu écoutes le morceau « Loss », tu peux dire que quelqu’un dans le groupe aime le Post Metal et le Black Metal mais il y a aussi la sensation d’entendre un titre d’un des groupes de Devin Townsend. Gojira est un groupe qui m’a complètement abasourdi cependant quand je les entendais la première fois, je ne vais pas mentir… Un ami, Jared, m’a montré et fait écouter From Mars To Sirius, et ça ne m’a jamais quitté, mais nous n’essayons pas d’être comme eux quand nous écrivons notre musique… C’est juste que ça vient et sort ainsi. Cela a toujours été de cette façon. Il n’y a pas tant de groupes auxquels je peux penser qui font un style similaire : un décalage des structures des chansons avec la mélodie et qui sont forgées dans un bouillon de Death Metal. Je pense donc que ça fait partie de nos influences évidentes. Et je crois que nous élargissons en tout cas notre musique et sommes créatifs en dehors de ces limites perçues dans nos influences. Mais tu sais, si tu entends du Immolation comme style dans notre musique et creuse cela, alors c’est tout aussi malicieux ! (rires)

Quand tu as composé les chansons de Heavy Over The Home, as-tu pensé au rendu scénique et à l’impact live de chaque titre, car ils sont assez techniques et complexes parfois ce qui n’est pas évident à assimiler la première fois si on vous découvre en concert ?
Nous prenons bien sûr en considération l’interprétation live quand nous composons de nouveaux morceaux. C’est le moyen le plus puissant et personnel de délivrer nos mélodies et nous voulons que la musique soit représentée justement dans ce cadre. Si quelque chose est un peu trop compliquée et fait fuir le premier venu en live, nous devons juste nous entraîner et nous perfectionner davantage afin de le retenir ! (rires)

Selon toi, est-ce que la situation géographique de l’Australie, son isolation entre les océans, son climat difficile et sa nature hostile influent sur la dureté de votre musique et son côté sombre et brut ?
Question intéressante… Personnellement, pour moi, quand je me mets à composer de la musique, je ne suis pas spécialement impacté par les caractéristiques de l’Australie. Géographiquement ou autre, si les gens perçoivent peut-être ce genre de sensations et cette image en écoutant notre album, alors c’est plutôt bon signe et mortel ! Je ne pense pas que Heavy Over The Home soit comme un album de Mayhem cependant où tu peux là par exemple vraiment entendre la froideur de leur environnement dans leur musique…

À la fin de l’album figure en bonus cinq morceaux (« 18 Days Of Rain », « For All », « Defamer », « Variant Red », « Lunar Crush ») tirés de votre EP Painless sorti il y a un an déjà. Avez-vous réenregistré ou retouché pour l’occasion ces chansons afin de les améliorer et les proposer au public à présent ?
Nous avons aimé l’idée d’offrir notre catalogue entier aux gens qui feront l’acquisition de notre album cette fois-ci. Les chansons sont dans le même ordre que sur l’EP originel. C’est vraiment cool d’être capable de donner une grosse poignée de titres en supplément dans le contenu d’une réédition pour une nouvelle distribution dans le monde. Les chansons elles-mêmes montrent certainement une période de développement en posant les bases de notre album qui lui est plus abouti, bien entendu, mais je suis toujours ravi quand je les écoute. Nous les jouons d’ailleurs aussi parfois et c’est toujours plaisant.

Enfin, je sais que ce n’est pas évident pour un jeune groupe australien de venir jouer en Europe mais avez-vous des projets dans ce sens afin de promouvoir comme il se doit sur scène ce premier album ?
On veut forcément sortir de l’Australie et on explore donc les options et opportunités qui s’offrent à nous en considérant aussi bien l’Europe que d’autres endroits dans le monde. Disons-nous simplement que c’est possible et tâchons de le faire ! On est super excité d’être au stade déjà où il y a une possibilité. Alors gardez grand vos yeux ouverts !

SANZU
Du Défouraille Metal au pays des Kangourous !

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