Si Metallica a lancé la mode du Métal symphonique avec son live S&M en 1999 suivi de Dimmu Borgir en studio dans un registre Black Metal sur Puritanical Euphoric Misanthropia en 2001, l’expérience Black Metal vs Opéra restait inédite. C’est pourtant le défi que Satyr(icon) a décidé de relever à travers Live At The Opera, son premier DVD live. [Entretien avec Sigurd « Satyr » Wongraven (chant/guitare) par Seigneur Fred – Photo : DR]

SATYRICON Satyr live promo photo 2013

En septembre 2013, à l’occasion de la sortie de votre album éponyme, notre interview n’avait pu avoir lieu car toi et Frost étaient très occupés par la préparation d’un show exceptionnel à l’Opéra d’Oslo… A la vue du résultat aujourd’hui avec ce magnifique DVD live, tu es pardonné ! (rires)

Ravi d’entendre que tu l’aimes ! (sourires) Ce fut en fait un an et demi de préparatifs, de réarrangements, de rencontres et de répétitions pour au final ce concert ! Cela a pris un long moment pour mixer ensuite l’album, éditer la vidéo du film et réaliser également l’artwork ! Je pense que nous avons créé quelque chose d’absolument magique avec ce DVD, et nous en sommes tous très fiers.

Comment est née cette idée de travailler avec le Chœur de l’Opéra Royal Norvégien car il s’agit tout de même d’une collaboration spéciale entre deux mondes : l’opéra et le Black Metal ?

Pour nous, ce n’est pas si extraordinaire, mais c’est certainement une chose très importante. Pendant vingt ans, j’ai eu le plaisir de travailler avec des musiciens classiques ici et là : des percussionnistes, chanteurs, violoncelle, cuivres et ainsi de suite. Il y a neuf ans, nous avons fait le spectacle Gjallarhorn à Oslo avec un orchestre de cuivres, puis des chœurs de l’ensemble Grex Vocalis figuraient sur « Die By My Hand » sur l’album Age Of Nero, et avant cela, sur trois chansons de Now, Diabolical il y avait aussi des cuivres, et la liste continue… En Février 2012, on a expérimenté le titre « To The Mountains » avec le Chœur Royal de l’Opéra Norvégien lors d’un événement à huit clos à l’Opéra. C’est alors que j’ai décidé que je voulais en faire un spectacle complet devant nos fans !

En France, jamais nous ne verrions une telle collaboration ! Chez vous, cela semble bien plus ouvert. La preuve, vous avez vos Victoires de la Musique où les artistes Black Metal sont souvent récompensés (cf. Enslaved) !

C’est sûrement là une des forces de notre pays. Nous sommes un petit pays et pas si élitiste que ça. Ceci fait ressortir le meilleur de nous. Toutefois, ces choses-là n’arrivent pas juste comme ça sur un plateau. Tu as besoin d’être créatif et connecté à ce qui t’entoure pour que cela se produise.

Sur Live At The Opera, vous avez recours à peu d’effets de scène et le jeu de lumières demeure classique. Pourquoi ?

Nous avons dû faire certains choix. Toutes ces choses-là prennent horriblement de temps à préparer, et la sécurité est très stricte à l’Opéra. J’avais des idées, mais ce n’était pas réaliste compte tenu du calendrier. Nous avons échangé le système de sonorisation à l’Opéra contre un système deux fois plus important, de même pour la plateforme d’éclairages. Rien que le coût de tout ça s’élève à quinze mille euros ! Le son et les lumières étaient notre priorité de toute manière. Cependant, j’aime comment Frost et moi arrivons sur scène sur les ascenseurs hydrauliques. Cela crée une certaine puissance dans l’ouverture du show pour le public.

Enfin, quels sont les projets à venir pour Satyricon ?

On se remet à travailler sur nos projets d’albums. Il y en a deux notamment : le nouvel album studio de Satyricon, et un album de reprises intitulé Formative Oddities où l’on y interprète uniquement des chansons non Métal. On continue donc à voler librement tel un oiseau…

Retrouvez la chronique de l’album en cliquant ici

Satyricon
Une nuit à l’opéra

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