Enfin un album live symphonique pour Septicflesh ! Depuis le temps que ses membres en rêvaient et nous en parlaient à chacune de nos interviews ces dernières années en nous confiant leur fort désir de réaliser un album live symphonique, de préférence à domicile, c’est-à-dire à Athènes en Grèce, accompagné d’un orchestre digne de ce nom, voici que débarque cet été leur premier et ultime album live chez Season of Mist enregistré par contre à Mexico. Quittant le label marseillais pour un gros label allemand qui leur a fait entre temps les yeux doux (Nuclear Blast), la formation hellénique offre aujourd’hui à ces fans le copieux Infernus Sinfonica MMXIX incluant un double CD et un DVD (ou Blu-ray, au choix) pour une expérience live inédite puisque jusqu’à présent Septicflesh avait recours à de nombreux samples sur scène et à des orchestres (celui de Prague) mais uniquement en studio. Si cet œuvre audio/vidéo n’est pas exempt de défauts, il fera à coup sûr le bonheur des fans et autres amateurs de Métal extrême symphonique en général qui se sont ennuyés devant le S&M 2 de Metallica au cinéma (et maintenant en vidéo) même si ce dernier est difficilement comparable en termes de réalisation technique et de budget bien entendu. Son habituel maestro Chris Antoniou, uniquement cantonné au poste de guitariste ici, nous a donc présenté, non sans excitation doublée d’une certaine réserve, cet Infernus Sinfonica MMXIX en attendant un futur album studio déjà dans les tuyaux… [Entretien avec Christos Antoniou (guitare, arrangements et orchestrations (studio)) par Seigneur Fred – Photos : DR]

Pour commencer, comment allez-vous, toi et ton frère Spiros « Seth » ainsi que le reste du groupe à Athènes en Grèce actuellement dans ce contexte de pandémie liée à la Covid-19, en pleine ouverture de la saison estivale du tourisme en Grèce ? (NDLR : interview réalisée le 04/06/20)
Je suis sain et sauf, merci. Nous allons tous bien dans le groupe. Disons qu’en Grèce, on a réagi très tôt et pris la chose très au sérieux dès le départ, donc ça va plutôt bien contrairement à nos voisins italiens ou par chez vous ou c’est plutôt difficile apparemment…

Peut-on revenir un instant si tu veux bien sur votre précédent album studio Codex Omega pour lequel je m’étais entretenu avec ton frère cette fois-là en 2017. Ce disque a rencontré un beau succès critique, non ?
Oui, bien sûr. À présent, on est alors arrivé à la fin du cycle de cet album Codex Omega pour lequel nous avons beaucoup tourné et fait de promotion. Selon mon point de vue et d’après ce que j’ai lu et entendu, c’est probablement notre meilleur album à ce jour, encore une fois selon moi. On en est très satisfait et moi le premier, que dire de plus ? (rires) Codex Omega a donné un coup de boost au groupe et cela nous permet de créer aujourd’hui encore quelque chose de meilleur et supérieur maintenant à Codex Omega. On est encore plus avides en termes créatifs pour se surpasser et donner encore plus tellement on a aimé ce disque qui nous a aidés.

Vous avez énormément tourné d’ailleurs pour Codex Omega à travers le monde durant ces trois dernières années ? Le groupe italien Fleshgod Apocalypse a assuré vos premières parties par exemple, vous avez participé à de nombreux festivals, etc.
En effet, on a fait une tournée mondiale pour promouvoir Codex (…) sur scène. Ce fut intense et génial. On avait besoin de soutenir cet album car il le méritait, et on a adoré ça.

Alors je présume que c’est durant cette tournée que vous avez enregistré cet album live symphonique qui sort à présent, intitulé Infernus Sinfonica MMXIX. Il s’agit d’une première assez spéciale pour Septicflesh car c’est votre premier disque live symphonique, et en même temps le dernier sur le label français Season of Mist que vous quittez…
Oui. C’est exact. On vient de signer avec le label allemand Nuclear Blast pour notre prochain album en cours de production.

Durant nos précédentes interviews ces dernières années, toi ou ton frère me parlait toujours de ce rêve d’enregistrer un show symphonique à domicile chez vous à Athènes au théâtre ou à l’opéra ou une simple salle de concert chez vous en Grèce. J’ai été surpris du lieu d’enregistrement pour Infernus Sinfonica MMXIX. Pourquoi alors ce choix de Mexico et de son orchestre municipal ? Pour des raisons techniques ou financières (budget) ?
Tu sais, tout simplement parce que l’offre la plus intéressante et sérieuse que nous avons eu a été celle de la ville de Mexico. Bien entendu on aurait préféré et voulu enregistrer un concert à Athènes mais je crois qu’ici ils ne sont pas encore vraiment prêts à cela, ça reste encore un peu compliqué. Il faut encore un peu de temps car il y a un système et des idées reçues à dépasser encore. Mais, mais, mais… Toutefois, c’est toujours dans nos projets de délivrer un show symphonique à Athènes, ou ailleurs en Europe, qui sait ? Peut-être à Athènes donc, mais pourquoi pas en France à Paris, à Londres en Grande-Bretagne ou bien à Moscou en Russie… Nous verrons. Pour le choix de Mexico, ce fut la meilleure offre et je pense que nous avons pris la bonne décision, mais aussi la plus sage.

Septicflesh aurait pu aussi l’enregistrer alors à San Francisco avec son orchestre philharmonique comme Metallica le fit avec ses deux albums maintenant S&M et S&M 2, mais non, Infernus Sinfonica MMXIX a été capté à Mexico. D’un autre côté, vous suivez tout de même les traces de Metallica et les copiez d’une certaine manière car les Four Horsmen y ont enregistré deux célèbres concerts mais non symphoniques cette fois : celui figurant en vidéo et CD sur Live Shit : Binge & Purge en 1993 durant The Nowhere Else To Roam Tour ; puis en 2009 avec son DVD Live in Mexico : Orgullo, Pasión y Gloria : Tres Noches en la Ciudad de México… (sourires)
C’est vrai ! (rires) Mais je ne pense pas que l’on copie Metallica… (rires) On ne joue pas dans la même cour, je crois… Nous sommes des groupes différents, avons des formes de musiques différentes… Ils peuvent faire ce qu’ils veulent, eux n’auront jamais de problème et leurs portes leur sont grand ouvertes partout dans le monde. (sourires)

Ce sont eux tout de même qui ont lancé cette mode des concerts symphoniques grand public à la fin des années 1999 avec leur live S&M… Tu aimes leurs disques S&M et as-tu vu le dernier S&M2 au cinéma ou en vidéo ?
Hum… C’est bien mais pour honnêtement, je n’aime pas tant que ça. Sur le premier il y avait cependant à la direction Michael Kamen que j’appréciais… Il était impressionnant. J’ai écouté le nouvel album S&M 2 en partie, mais par contre je ne l’ai pas vu, juste quelques extraits, sans plus.

Oui, surtout que tu aimes les musiques de films, toi, et as été formé à la composition de la musique classique en Angleterre… Qu’est-ce que tu n’aimes donc dans les œuvres S&M de Metallica en fait ?
En fait, je n’ai pas trop aimé la connexion entre l’orchestre de San Francisco et la musique de Metallica. Il y a quelque chose qui me dérange ou ne va pas…

Mais revenons sur ce choix de la ville de Mexico et de son orchestre. En fait, votre choix s’est porté là-bas avant tout pour des raisons financières, non ?
Oui. Mais aussi parce que Septicflesh y a une base de fans importante et le public là-bas est complètement fou. Depuis longtemps, on a de bons contacts à Mexico. On joue et tourne là-bas depuis 2009, et on s’y est produit cinq fois depuis je crois.

L’une des principales caractéristiques des fans de Métal en Amérique centrale et du Sud, réside en effet dans leur ferveur. Le public y est toujours très chaleureux et enthousiaste, tu confirmes et on le voit bien d’ailleurs dans votre vidéo ?!
Le public est incroyable là-bas. Par exemple, durant tout notre concert, les gens étaient debout alors qu’ils pouvaient s’asseoir. Il s’agit d’un théâtre là, en l’occurrence le Metropolitan Theater de Mexico. En général, il y a des règles et le public s’assoit et se tait durant un concert. Là, pas du tout, ils étaient fous, c’était incroyable !

Combien de personnes y’avait-il dans le public ?
Un peu plus de trois mille personnes.

Quand Infernus Sinfonica MMXIX a été enregistré et en combien de sessions ou de concerts précisément ? Il y a eu un seul show ?
Infernus Sinfonica MMXIX a été enregistré le 2 février 2019, en une seule soirée, en une seule fois donc.

Quel souvenir gardes-tu principalement de ce concert et comment te sentais-tu ce soir-là avant de monter sur scène puis sur scène ?
Je n’ai pas un seul souvenir mais en conserve une multitude à vrai dire… C’était inédit pour nous, unique. Je ne peux pas tout te décrire mais j’étais relativement nerveux, sous pression, enfin sous une pression mais plutôt positive car concentré. Personnellement, je n’ai pas tant savouré ce moment que j’aurai aimé le faire mais après le show, j’étais ravi avec mon frère. Ce fut un grand moment.

Il y a dû avoir de gros préparatifs avant d’enregistrer ce concert, je suppose ? Vous avez beaucoup répétés avec l’orchestre de Mexico et les nombreux chœurs composés d’enfants par exemple ?
Les répétitions ont duré seulement trois jours parce qu’avant ils avaient déjà commencé à répéter entre eux, durant l’année passée. Les choristes connaissaient donc déjà les chansons en fait. Ensuite, on est venu au théâtre en journée, avons répété sur place, avec eux la première fois pour trois ou quatre chansons où ils interviennent. Et un soir, on a joué toutes les chansons du show tous ensemble.

Les enfants étaient sages sur scène ? (rires) Ils étaient nombreux en plus, environ une centaine ?! Et comment étaient les musiciens de l’orchestre de Mexico avec vous qui viennent de la scène Métal extrême européenne ?
Oui, ils étaient studieux. En fait, tous les musiciens furent très professionnels et bienveillants à notre égard. La qualité était vraiment au rendez-vous. Il n’y a eu aucun problème de collaboration. Tout a été fluide et harmonieux.

Penchons-nous maintenant sur la set-list de ce concert symphonique à Mexico. Cela a dû être difficile pour vous de choisir les chansons à interpréter sur scène avec l’orchestre dans cette configuration symphonique inédite, non ? Comment avez-vous procédé ?
Sotiris, mon frère Spiros et moi avons établi une set-list en se disant que l’on devait sélectionner les meilleurs titres symphoniques de Septicflesh à partir de notre seconde carrière, c’est-à-dire à partir de l’album Communion, puis The Great Mass, Titan et Codex Omega. En fin de compte, ce fut une décision assez facile à prendre pour nous. Aussi, on devait prendre en considération ce qui est techniquement praticable, jouable, sur scène avec l’orchestre sur place. Par exemple, une chanson de Communion comme « Babel’s Gate » n’était pas envisageable, tu vois, car trop complexe.

La set-list retenue sur Infernus Sinfonica MMXIX fait l’impasse sur d’anciens titres et classiques de vos albums tels qu’Ophidian Wheel, A Fallen Temple et Revolution DNA. Certains fans vont probablement être déçus… Pourquoi ? Surtout que Sotiris Vayenas était présent pour assurer le chant clair alors qu’il ne tourne plus depuis longtemps et n’assure la seconde guitare et donc aussi le chant clair que sur vos albums studio dorénavant ?
Je ne pense pas que cela aurait été une bonne idée de reprendre des anciennes chansons de ces albums. Ils ne sont pas forcément adaptables et cela aurait été compliqué de les réorchestrer spécialement car c’était différent à l’époque. Le groupe a évolué depuis, et ce n’était pas aussi sophistiqué que maintenant même si je m’occupe des orchestrations. C’était un répertoire totalement différent, je dirais. On a donc préféré se focaliser sur les derniers albums de Septicflesh.

Au niveau du chant, vous auriez pu également inviter une chanteuse d’opéra locale, une star mexicaine, ou bien faire venir votre ancienne cantatrice Natalie Rassoulis ou bien encore ta collaboratrice Androniki Skoula dans ton side-project Chaostar qui figurait sur l’album The Great Mass de Septicflesh par exemple ? Les fans auraient été ravis encore une fois ! (sourires)
Non, pas de chanteuse ici. On avait déjà pas mal de choses à gérer et divers problématiques en termes d’orchestration et d’espace sonore sur scène, de logistique, etc. Alors, tu sais, on ne voulait pas compliquer davantage les choses et déjà faire en sorte que tout soit en place sans qu’il y ait d’invité ou autre évènement de ce genre. Je crois que sur Infernus Sinfonica MMXIX, c’est mieux ainsi…

Depuis quelques temps déjà, hormis les chœurs, il est vrai que Septicflesh ne propose plus de chant féminin soprano en solo sur ses albums…
En effet, ça remonte à notre album The Great Mass, il  y a déjà neuf ans…

Sur cet album live symphonique, étant donné tes compétences en matière d’orchestrations et d’arrangements en musique classique, quel a été ton rôle précisément dans la réalisation et direction d’Infernus Sinfonica MMXIX ? Tu aurais pu être le chef d’orchestre sur scène au Metropolitan Theater de Mexico ? (rires)
On avait un super chef d’orchestre en fait, Gerardo Urbán y Fernández. J’ai revu en effet certains passages sur scène avec l’orchestre de Mexico comme sur le titre « Persepolis ». Je lui ai transmis des informations. Mais je ne suis pas chef d’orchestre, ce n’est pas mon rôle. Et puis sur scène, je joue déjà de la guitare et suis en contact avec le public devant moi.

Personnellement, tu n’as jamais rêvé de devenir chef d’orchestre et de tenir la baguette facette à tant de musiciens sur scène ?
Non, non, comme je te dis, je joue de la guitare déjà et c’est difficile de tout gérer. J’ai surtout étudié la composition et les orchestrations de la musique classique. Ce n’est pas mon rôle ni mon travail en fait.

Quelques mots sur la participation live rare de Sotiris Vayenas évoquée tout à l’heure ? Il est crédité au chant clair mais aussi à la guitare et guitare 12 cordes or on ne le voit nullement jouer d’un instrument durant le concert filmé ?
Oui, il ne tourne plus avec nous car il est très occupé et à cause de son travail ne peut plus partir en tournée à l’étranger. Sur l’album live et DVD, il était crédité comme tel mais en fait, comme on n’a pas eu tant de temps pour se voir et répéter ensemble sur scène avec l’orchestre, alors c’est Dinos « Psychon » Prassas qui nous accompagne à la seconde guitare sur scène depuis une dizaine d’années maintenant. C’était mieux ainsi car Sotiris pouvait ainsi pleinement se focaliser sur sa performance vocale, et Dinos à la guitare à mes côtés. Sotiris n’est plus aussi expérimenté sur scène pour chanter et jouer de la guitare. Pour un tel show, on avait besoin d’avoir les meilleures armes et que chacun se concentre sur son instrument et sa voix afin de donner le meilleur. On ne devait pas se louper.

Et pour le mixage, comme ça s’est passé car cela n’a pas dû être évident de tout sonoriser tellement il y a de musiciens et choristes sur scène en plus de vos instruments électriques et la voix puissante de Spiros « Seth », ton frère ? D’ailleurs, j’ai trouvé la voix de Sotiris quelque peu en retrait sur ses interventions au chant clair…
Après notre tournée en Amérique du Nord, on a donc rejoint la ville de Mexico pour préparer ce projet de folie sur place. Après l’enregistrement assuré par l’ingénieur du son mexicain Juan Ramón Oliva, on est reparti sur la route. Nous avons travaillé ensemble sur le mixage plus tard avec Dinos « Psychon ». Mais je ne trouve pas la voix de Sotiris particulièrement en retrait sur le disque audio, peut-être au niveau du son en général, oui, mais pas dans le rendu vidéo comment il a été filmé en tout cas. Après, tu sais, ce ne fut pas un travail si facile à accomplir pour le mixage, en effet. Il y a de nombreux chœurs d’enfants, etc.

Pour la partie vidéo du concert, comment avez-vous filmé le show car parfois ça manque de plan serré et il y avait tant de monde sur scène que ça n’a pas dû être facile à capter techniquement dans ce grand théâtre mexicain ?
On avait une équipe mexicaine qui s’est chargée du tournage vidéo et s’est organisée en fonction de la set-list du show. De mémoire, il y avait huit caméras qui ont filmé. Pour le montage final, la personne qui réalise généralement nos clips vidéo (exemple : « Martyr »), Jon Simvonis pour Arctosfilms SA, a édité le concert vidéo de Infernus Sinfonica MMXIX. On a cependant donné notre avis au fur et à mesure.

Par exemple, on ne voit pas toujours très bien le travail de votre incroyable batteur autrichien Kerim Lechner. On ne le voit essentiellement de derrière or il y a peu d’angles différents pour capter au mieux sa prestation. Qu’en penses-tu ?
Ce théâtre de Mexico n’était pas très pratique à filmer, on ne pouvait circuler comme on voulait mais il y avait tout de même huit caméras pour couvrir l’ensemble, le public, l’orchestre, les chœurs, nous sur le devant de la scène. Tout n’est peut-être parfait et aurait pu être encore meilleur, c’est sûr, mais on devait obéir à certaines règles et à l’équipe technique. Il ne faut pas oublier qu’on était plus d’une centaine sur scène, donc ça fait du monde à filmer sous différents angles.

Sur les différentes versions de cet album live/vidéo  (2 CD+DVD, 2 CD+Blu-ray, Vinyle+DVD, digital), les fans de Septicflesh trouveront-ils des titres bonus ou un documentaire sur la réalisation de cet incroyable projet qui voit enfin le jour ? Ce sera une édition limitée ?
Non, non, pas de bonus ni de documentaire en plus. Désolé. Mais oui, il s’agit d’une édition limitée à 3500 copies chez Season of Mist.

À présent, quels sont les projets de Septicflesh ? Avez-vous profité du confinement pour commencer peut-être à composer et écrire de nouvelles chansons en vue d’un nouvel album studio étant donné que vous changé de label ?
Oui, tout à fait. On a écrit et composé beaucoup de choses durant cette période. Cependant ça n’a pas changé grand-chose dans notre façon de faire. On en a profité pour y mettre la touche finale avant d’entrer à présent en studio en juillet pour enregistrer un nouveau disque donc. Et si tout va pour le mieux, en fin d’année ou bien en début d’année prochaine en 2021, notre nouvel album sortira chez Nuclear Blast.

Vous quittez donc pour la seconde fois un label français, après vos débuts chez Holy Records durant les années 1990, puis votre signature avec Season of Mist, label marseillais réputé, vous quittez la France pour un gros label allemand, les fans français vont être tristes ! (rires)
C’est vrai, mais nous gardons toujours la France dans notre cœur ! (sourires) Ce fut l’un des premiers pays européens à nous accueillir notamment pour faire des concerts, et nous ne l’oublierons jamais. Avec nos précédents labels français, il y a toujours une relation forte.

Enfin, quelles sont tes nouvelles concernant ton side-project studio d’expérimentations néo-classiques Chaostar ? Ton dernier album remonte à 2018 et s’appelait The Undivided Light paru chez Season of Mist.
Le premier album éponyme de Chaostar devrait être réédité à l’automne, en septembre je l’espère, en version vinyle. Il y aura quelques chansons réarrangées pour l’occasion ainsi que divers bonus tracks, essentiellement instrumentales.

Natalie Rassoulis figurait cependant comme chanteuse encore sur ce premier album Chaostar si ma mémoire est bonne en 2000 sorti à l’époque chez Holy Records puis sur les quelques albums suivants ? Es-tu toujours en contact avec elle ? Que devient-elle ?
Oui, c’est exact. Non, nous ne sommes plus en contact avec elle depuis longtemps. Je crois qu’elle n’est plus du tout dans la musique et ne chante plus… (NDLR : d’après la page Facebook de Natalie Rassoulis, celle-ci semble toujours chanter et en activité ici ou là…).

CHRONIQUE ALBUM / VIDEO

SEPTICFLESH
Infernus Sinfonica MMXIX
Death Metal symphonique live
Season Of Mist
CD : ★★★★☆
DVD : ★★★☆☆

Les dieux grecs semblent avoir entendu la prière de nos amis de Septicflesh, enfin presque… Depuis le temps que les frères Antoniou avaient pour rêve et projet d’enregistrer un show symphonique live accompagné d’un grand orchestre sur scène (et nous ne parlons pas là d’orchestrations de studio faites par Chris Antoniou, ni des collaborations avec l’Orchestre Philharmonique de Prague sur les derniers opus du combo grec), hé bien il semble que leur vœu ait été exhaussé avec ce superbe et premier live symphonique des Athéniens. Composé de deux disques audio et d’un DVD (ou Blu-Ray, à votre choix), Infernus Sinfonica MMXIX remplit son devoir sauf qu’il n’a pas été capté dans la capitale hellénique comme l’aurait tant aimé Septicflesh, mais au Metropolitan Theater de Mexico durant leur tournée en Amérique du Nord puis centrale en février 2019, pour des considérations essentiellement techniques et financières. Visiblement, le monde artistique grec ne semble pas prêt à ce genre d’expérience mêlant musique classique et Métal extrême malgré la carrière respectable et le statut de leader de Septicflesh sur la scène internationale dans ce genre musical très à la mode dernièrement (S&M 2 de Metallica vient de paraître ainsi que le Requiem de Triptykon rien que cette année !). Côté tracklisting, ce double album live et vidéo comprend quinze morceaux tirés des quatre derniers opus du groupe athénien, c’est-à-dire à partir de Communion, suivi de The Great Mass, Titan, et le petit dernier Codex Omega. Peu de réelles surprises en fin de compte car leur interprétation était déjà conçue totalement avec ou pour un orchestre, en l’occurrence celui de la ville de Mexico ici. Mais les compositions de nos amis grecs redoublent ici de puissance et d’émotion (« Martyr », « Persépolis », etc.). Les nombreux chœurs composés d’enfants mexicains donnent aussi souvent le frisson comme sur « The Vampire From Nazareth » (on se demande bien d’aillerus ce que leurs parents ont pensé de ce concert s’ils se sont penchés un peu plus près sur les paroles de Seth étant donné la ferveur chrétienne dans ce pays). La voix gutturale de Spiros « Seth » Antoniou fait trembler les murs du théâtre mexicain et le frontman fait véritablement le job devant un public continuellement debout et enthousiaste, ce qui détonne dans cette configuration théâtrale. On reprochera une interprétation quelque peu timorée du trop rare Sotiris Vayenas (il ne tourne plus depuis déjà plusieurs années mais participe uniquement aux albums studio), quelque peu en retrait tant scéniquement que d’un point de vue sonore, uniquement en charge du chant clair ici, la seconde guitare étant confiée à Dinos « Psychon » Prassas qui a d’ailleurs participé au mixage d’Infernus Sinfonica MMXIX en studio. Le guitariste Christos Antoniou, habituellement en charge des orchestrations studio, apparaît très concentré et a du mal à se lâcher durant tout le concert. Il headbangue cependant avec ses dreadlocks sur sa Les Paul. Le rendu visuel du DVD demeure correct même si la réalisation à l’aide de huit cameras manque parfois de dynamisme, les plans serrés étant rares, et plus de diversité dans les plans auraient permis de mieux voir justement Sotiris ou admirer le travail du batteur autrichien Kerim Lechner dans sa cage plastifiée derrière ses plexiglas sur la scène de ce grand théâtre de Mexico. Dans tous les cas, on passe un moment intense et le contrat mêlant Death Metal/Musique classique est parfaitement rempli. Les fans auraient certainement apprécié quelques surprises comme par exemple des duos inattendus (la venue de la chanteuse grecque Natalie Rassoulis histoire de renouer contact avec le passé, ou un artiste mexicain) ou bien un documentaire avec les coulisses des répétitions des trois jours précédents l’évènement, histoire de patienter jusqu’au prochain album studio des Grecs prévu pour la fin d’année ou début d’année prochaine chez Nuclear Blast si tout va bien ! [Seigneur Fred]