SETH
Les Blessures de l’Âme : XX ans de Blasphème
Black Metal
Les Acteurs de l’Ombre Prod./Season of Mist
★★★★☆

Je vous parle d’un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître, la France en ce temps-là avait déjà de fiers ambassadeurs en matière de Black Metal, notamment les Bordelais de Seth… Reformé en 2011 et auteur de l’honorable The Howling Spirit en 2013 lors de son come-back qui introduisit le chanteur Black Messiah, le quatuor français (quintet à la scène) a immortalisé un concert à l’occasion de son passage au festival breton Les Feux de Beltane en mai 2019 afin de célébrer comme il se doit les vingt (et une maintenant) bougies de leur premier et incontournable album Les Blessures de l’Âme. Au micro, c’est encore un nouveau venu en la personne de Saint Vincent (patron des vignerons ?) qui a la difficile tâche de succéder à Black Messiah mais surtout de remplacer ici le Vicomte Vampyr Arkames présent sur l’album originel paru en 1998. Si ce dernier a fait l’objet d’une réédition en 2012, en l’an de grâce 2019, ce disque prend toute son ampleur live et n’a pas pris une ride sur scène grâce à une performance soignée et convaincante de Seth devant un public de privilégiés. « La Quintessence du Mal » ouvre ce bal ténébreux avec des claviers toutefois plus en avant et aux sonorités classieuses. Le chant de Saint Vincent convainc sans problème, et rapidement une ambiance noire et vampirique s’installe (« Hymne au Vampire (Acte I ; Acte II … Vers Une Nouvelle Ère)) » dans une acoustique superbe. Le Black Metal mélodique de Seth séduit toujours autant grâce à des compositions finement ciselées et majestueusement interprétées, avec une véritable âme. En fait, de très bonne heure et à l’instar de ses pairs scandinaves, Seth a toujours su mêler passages rythmés et belliqueux à des mélodies raffinées et personnelles (« Le Cercle de la Renaissance »). Saint Vincent fait le job au micro, interpellant régulièrement les fans de cette messe noire à la fois intime et presque rare au nom de la cause Métal dont il remercie à plusieurs reprises le public avant des déchaînements de violence (Les riffs acérés et growls de « Les Silences d’Outre-Tombe » sous le feu des blasts beats). Seth excelle toujours autant dans son Black Metal à la fois rageur et mélodique (le savoureux interlude « Dans les Yeux du Serpent… ») et achève cette communion scénique avec son public de fidèles sur l’ultime « A la Mémoire de nos Frères » prouvant, s’il devait encore le faire, que le groupe français reste un leader de la scène Black Metal hexagonale et européenne (Seth était déjà en contact avec les principaux acteurs de la scène scandinave de l’Inner Circle (Fenriz (Darkthrone), Satyr (Satyricon), Nagash (Dimmu Borgir), Mayhem, Dodheimsgard, mais aussi Cradle of Filth…) au début des années 90. [Seigneur Fred]