Après avoir apprivoisé tant bien que mal le climat londonien, nous patientons quelques froides minutes avant de retrouver Zach Myers, guitariste rythmique de Shinedown, dans les coulisses labyrinthiques de Wembley Arena.

[Entretien avec Zach Myers (guitare) par Aurélie P.Lawless]

Shinedown

Aujourd’hui à Londres se déroule le «  Carnival Of Madness  », comment cette idée de festival s’est-elle construite dans vos têtes  ?

On a commencé à faire ça aux États-Unis il y six ans ; c’était un festival estival à la base. Black Stone Cherry sont assez réputés par ici, donc on a trouvé normal de leur proposer le projet, projet pour lequel ils seraient en tête d’affiche. Le souci, c’était qu’il est bien plus difficile de le programmer en été à cause de tous ceux déjà programmés ici. Ce qui nous a facilité la tâche, c’est que nous avons tous le même management.

Pourquoi ne pas voir plus grand et étendre ce projet à échelle européenne ? On manque cruellement de ce type d’événement en France par exemple. De plus, ça fait des années que Shinedown ne passe plus, ne serait-ce qu’à Paris…

On adorerait venir à Paris. On vient déjà jouer le Download en France cette année, ce qui est super cool, sincèrement. Je suis super excité à cette idée. Je pense que nous essaierons de venir jouer à Paris au moins l’année prochaine, il faut qu’on revienne jouer. Le truc étrange avec la France c’est que nous n’avons jamais fait de grandes salles chez vous, je ne sais pas pourquoi… Peut-être qu’on ne nous aime pas ici ! (rires) Je ne pense pas que nous soyons très connus dans votre pays, mais je ne sais pas si l’erreur vient du côté de notre label, ou bien si c’est plutôt notre faute à nous… J’aimerais réellement que l’on devienne aussi influents en France que nous le sommes dans d’autres pays.

Tu fais partie du groupe depuis une dizaine d’années mais tu n’étais pas présent à l’origine, du coup j’imagine que tu as été considéré comme le « petit  nouveau » pendant quelques temps… Était-ce compliqué pour toi d’assumer ce rôle  ? Quelle a été la réaction des fans  ?

Effectivement, ça fait maintenant 11 ans que je suis dans le groupe mais oui, certaines choses ont été plus difficiles pour moi au tout début à cause de ce statut de « nouveau ». Le moment le plus compliqué a sûrement été quand les autres membres ont décidé de quitter le groupe alors que je n’étais que le guitariste de tournée à l’époque. J’ai ensuite assumé le rôle de guitariste permanent quand on m’a proposé le poste. Désormais, nous sommes comme une famille, c’est devenu beaucoup plus simple au fil du temps. La plupart des fans a très bien accueilli mon arrivée, s’il y a eu des critiques c’est plutôt par rapport au départ des deux autres membres.

Shinedown a été très différent d’un album à l’autre. Penses-tu que le premier album aurait pu déjà coller à ta personnalité, au temps où tu n’étais pas encore dans le groupe  ?

Oui, je pense ! Je pense également que chaque album est un documentaire sur notre vie à tous les quatre, à propos d’où nous en sommes dans nos vies. Si tu écoutes Sound Of Madness tu peux aisément deviner que nous étions en colère alors que si tu prêtes attention à Amaryllis nous étions heureux. Pour Threat To Survival, on revient aux basiques en terme de paroles. Nous n’écrivons que sur nous-mêmes et non pas sur telle ou telle personne ou si on va voir un film, on ne se dit pas « oh je vais écrire sur ce personnage ». Si quelqu’un te dit que tu écris pour les fans, ce n’est pas vrai, tu écris pour toi. Tu espères et tu pries juste que tes fans vont aimer autant que toi. Je fais de la musique pour moi, et pour personne d’autre.

Il n’y a pas que les paroles qui ont changé, vos apparences physiques aussi… Ne crois-tu pas qu’il s’agisse tout simplement du fait que vous ayez grandi en tant que groupe, mais aussi en tant que personnes ?

Les gens sont toujours en train de dire que nous sommes des vendus parce qu’on s’habille comme ça désormais, alors que pas du tout : j’ai juste 32 ans putains d’années, une famille, je ne peux pas continuer à me fringuer comme à mes 20 ans ! (rires) J’ai commencé ce groupe quand j’avais 21 ans ! De même, on nous critique car on a coupé nos cheveux, c’est assez drôle. Internet a donné à chacun l’impression que leur opinion compte… Enfin, chaque opinion compte, évidemment, mais si quelqu’un raconte des conneries sur toi, qu’il aille se faire foutre (rires)  !

Revenons un tantinet à Shinedown. Threat To Survival est votre dernière création, quels thèmes y sont abordés ?

La perte, le fait de se battre, pas physiquement mais psychologiquement… C’est un album très sombre, ce n’est pas du tout dans la même veine qu’Amaryllis. Il s’agit de se questionner sur où tu en es dans la vie en ce moment et tu te rends compte que tu as besoin d’être entouré car tu ne peux pas avancer tout seul. De plus, ça parle aussi d’amitié, de reprendre les choses en mains par exemple en laissant certaines personnes de côté car elles essaieront toujours de te cracher dessus et de te tirer vers le bas. Tu es maître de ton propre destin. Nous avons beaucoup de conversations avec le groupe, et personne n’interfère là-dedans.

SHINEDOWN
Shine Bright Like a Diamond

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