Voici un groupe à surveiller de près. D’abord parce qu’ils nous livrent des titres très élégants dans la plus pure tradition des sonorités Pop/Rock des 80’s, ensuite parce que leur chanteur a une voix extraordinaire qui tend vers la Soul…[Entretien avec Dedric Clark (guitare/chant) par François Capdeville – Photo : D.R.]

Vous faites partis de la scène Folk US depuis 2012 et vous sortez aujourd’hui un EP aux sonorités marquées par la Pop des 80’s. Racontez-nous cette évolution.
Oui, nous venons de la scène folk et avons rapidement joués en live nos compositions acoustiques. Dernièrement, nous ressentions le besoin de jouer un peu plus électrique… tout simplement. Du coup, nous avons mis de côté le volet folk pour nous consacrer complètement à cette nouvelle direction. Attention, cela ne veut pas dire que nous avons fait une croix sur notre passé, car nous avons beaucoup de fans qui nous suivent depuis longtemps. Mais il était temps de vivre une nouvelle expérience.

Vous sonnez très 80’s, et pourtant ce n’est pas votre génération…
C’est très simple. Ma mère a grandi dans les 80’s, bien avant qu’internet nous ouvre en un claquement de doigt sur le monde musical. J’ai donc grandi en écoutant la radio et ses disques. Du coup, j’ai été nourri à The Cure, New Order, et des groupes 90’s comme Smashing Pumpkins ou The National. Dans le groupe, nous aimons beaucoup cette touche froide et mélancolique des 80’s, et nous l’avons intégré dans notre production musicale.

Quels sont les artistes majeurs qui vous ont influencés ?
Pour ma part, il y a deux groupes incontournables :  The Cure et The National. J’adore le style de Robert Smith. Il a l’art de mélanger la tristesse et la joie. Il fait des chansons d’amour qui ne sont pas pop. Je suis un fan absolu de Disintegration. Et concernant The National, j’adore leur manière d’écrire les titres qui sont comme des petites histoires pour lesquelles nous devenons des confidents. J’écoute beaucoup « I need my girl » et « Don’t swallow the cap ».

Tu as une voix singulière, puissante et mélancolique à la fois.  Quels sont les chanteurs que tu admires ?
Et bien, Robert Smith -évidemment-. J’aime beaucoup les chanteurs à la voix puissante comme Robert Plant ou Freddy Mercury. J’écoute beaucoup de Soul également. Et j’adore le style du grand Otis Redding.

Quelle est votre actualité ?
Nous sommes contents d’avoir le soutien de Rise Records. Nous avons un album qui est sur le point de sortir. Mais avec le contexte du COVID 19, rien n’est certain aujourd’hui. Dans cette période de confinement, nous en profitons pour composer et répéter. Nous avons hâtes de reprendre la route pour défendre notre musique sur scène. Nous étions en tournée en Europe avec Ash quand les US ont décrété la quarantaine. Alors que nous étions en pleine tournée européenne, nous avons dû partir dans la nuit prendre un avion d’urgence pour rentrer. C’était rocambolesque.

Qu’aimerais tu dire aux lecteurs français qui sont en train de lire ces quelques lignes ?
Tout d’abord, merci de lire cette interview. Ecoutez notre EP. J’espère qu’il vous plaira. Nous avons vraiment hâte de revenir en France : nous avons gardé un très bon souvenir de notre dernier concert à l’Aéronef à Lille. En attendant, vous pouvez suivre notre actualité sur les réseaux sociaux.

SOCIAL ANIMALS
Best Years (EP)
Pop/Rock 80’s
Rise Records
★★★★☆

Dès la première écoute, on ne peut qu’être séduit par la voix si singulière de Dedric Clark. Sa voix apporte un vibrato soul qui vient contrebalancer des lignes mélodiques épurées et mécaniques des trois titres de l’EP qui nous font irrémédiablement penser à la Pop Rock des The National. Le résultat s’avère plutôt plaisant avec cet EP trois titres dont les mélodies sont bien entêtantes. Social Animals nous raconte la mélancolie et le sentiment d’abandon. L’écriture est simple et poétique, la basse bien ronde, et la guitare en mode chorus… C’est frais. La première chanson, « Get Over It », est portée par un riff minimaliste basé sur deux notes si bien liées qu’il en imprègne le cerveau. « Best Years » démarre ensuite sur un jeu de batterie qui nous rappelle l’intro du tubesque « Banquet » de Bloc Party. Quant au troisième et dernier titre, « Bad Things », il nous démontre toute l’étendue vocale du chanteur. Bref, Social Animals est une belle découverte et il nous tarde à présent d’écouter l’album. [François Capdeville]

SOCIAL ANIMALS
Une élégante mélancolie…

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