STATIC-X
Project Regeneration Vol. 1
New Metal/Indus
Otsego Entertainment Group
Distribution : The Orchard Music/Sony Music
★★★☆☆

Il faut laisser le temps au temps, dit-on parfois… Alors que le groupe américain avait fini par imploser en 2013 se séparant après plusieurs affaires internes, et ce malgré un retour éphémère en 2012 sur la scène, voici donc que les anciens compagnons de Wayne Static (R.I.P.), ont décidé en 2018 de lui rendre un hommage commercial en deux volumes. Le bassiste Tony Campos (Fear Factory, ex-Soulfy, ex-Ministry, ex-Asesino), le guitariste Koichi Fukuda (également à la programmation et effets) et le batteur poulpe Ken Jay se sont donc réunis autour de la table ou plutôt en studio pour rallumer la machine industrielle Static-X afin d’enregistrer les soi-disant dernières compositions restées dans les tiroirs à l’aide d’archives vocales de son défunt leader disparu en 2014. Recrutant pour l’occasion un certain Xer0 (comme les photocopieurs mais avec un « 0 » et sans « X » à la fin) pour le poste de chanteur/guitariste qui ressemble d’ailleurs énormément à Wayne et n’étant autre que le chanteur Esdel Dope du groupe Dope identifié par les fans malgré les démentis au début (on est en quasiment sûr à présent, cela a été annoncé officiellement récemment par l’ayant-droit Tony Campos fin 2019) avec un mimétisme troublant (maquillage oblige), nos Américains livrent une douzaine de nouveaux titres invitant au passage une pléthore de stars du milieu musical sur diverses chansons, comme Al Jourgensen (Ministry), pionnier du Metal industriel (avec Killing Joke et Godlflesh bien sûr) à la fin des années 80, sur l’avant dernier titre plus mélancolique « Follow ». Musicalement, rien de nouveau depuis l’explosion de Static-X à la fin des années 90/début des années 2000 sur la scène Néo Métal/Indus qui apportait justement ce groove plein de vitamines et de fraîcheur à l’époque.

Line-up 2019 de Static-X

Si l’intro électronique s’avère presque désuète de nos jours, elle nous replonge dans l’ambiance Dance des années 90, mais fort heureusement le quatuor de Los Angeles envoient les watts sur le second morceau « Hollow » qui rappelle les déflagrations de leur album culte Wisconsin Death Trip (1999). Puis nos Californiens déclinent la recette made in Static (ou plutôt Wayne in Static dirait-on), tout au long des dix agréables titres suivants, un peu trop à la lettre peut-être et c’est là le principal reproche car finalement la nostalgie nous envahit assez vite tout de même. On se prend à taper du pied grâce à cette musique hybride et moderne développée durant l’évolution artistique du groupe sur des albums plus grand public comme Machine (2001) ou Shadow Zone (2003). Imaginez un peu l’impact de ce premier volet durant le confinement s’il était sorti quelques mois plus tôt, nul doute que Project Regeneration aurait fait taper dans les murs des voisins de votre appartement avec risque de tapage diurne voire nocturne (« My Destruction ») voire d’homicide (le violent « Otsego Placebo » où l’on distingue Dez Fafara (Devildriver, Coal Chamber) sur le refrain). Alors même si honnêtement on attend pas grand chose de la suite à venir de Project Regeneration a priori prévue l’an prochain, ce dont on a surtout envie, c’est de revoir Static-X en concert et s’en reprendre plein dans les oreilles car la tournée européenne à l’automne 2019 avec une seule date parisienne au File 7 n’a pas suffit aux fans (quelques sets dans des petits clubs sont disponibles d’ailleurs sur YouTube où l’on constate que le combo n’a rien perdu de sa superbe en live). Il va falloir prendre son mal en patience durant quelques temps à cause de ce satané Covid-19 (qui aurait pu faire l’objet d’un titre rien que par son nom) et nous allons écouter bien sagement en mode repeat ce septième album studio qui fait le job. [Seigneur Fred]