Décidément, tous les groupes au nom inspiré par un char d’assaut sortent leur nouvel album cette année ! Après les Tank frères ennemis anglais (Algy Ward et le duo Tucker/Evans), c’est au tour des frenchies de T.A.N.K. (Think of A New Kind) de revenir sur le devant de la scène avec Symbiosis… [Entretien par Julien Meurot]

TankFR

Peut-on revenir sur Spasms of Upheaval ? Quel est ton sentiment sur les années qui ont suivi cet album ?

Cat album a apporté son lot d’aventures humaines et musicales, toutes plus incroyables les unes que les autres. Nous avons vécu parmi les meilleurs moments du groupe lors de cette tournée, avec notamment un Hellfest qui restera à jamais gravé dans nos mémoires. Le groupe s’est beaucoup développé en France, on a le sentiment d’avoir franchi des paliers importants. Aujourd’hui, on reste très fiers de cet album, qui a posé les fondations de ce que serait Symbiosis.

Quand avez commencé à travailler sur Symbiosis ?

On a eu la chance de recruter Nils Courbaron (guitare) à la sortie de Spasms of Upheaval. Il s’est mis à composer pendant la tournée. Il a tout de suite saisi notre son, ce vers quoi on voulait se diriger. On s’est réellement posés sur le matériel qu’on avait à disposition à la rentrée 2013.

Quel a été le processus de composition et d’enregistrement de cet album ?

Comme je le disais, Nils a apporté la majorité des compos de cet album, mais on a comme d’habitude travaillé en démocratie : tout le monde a mis la main à la pâte. On travaille en binôme avec Raf sur le chant, tout le monde apporte des riffs ou des compos à peu près terminées. Bien sûr, ce serait plus rapide d’avoir un dictateur génial qui nous apporterait un album conçu de A à Z, mais on a tous besoin de s’investir dans l’écriture. L’enregistrement s’est fait en partie à la maison et en partie au Dome Studio par David Potvin, qui a également mixé et masterisé l’album.

Bjorn « Speed » Strid est l’invité de marque de cet album. Comment s’est faite cette rencontre ?

On a tout simplement contacté Björn par Internet. Faire de la musique en 2015 c’est très difficile, mais ça a aussi ses avantages ! Je pense que le fait qu’il connaisse Jon Howard (Threat Signal, qui chante sur notre 2e album) et David Potvin (notre producteur sur les deux derniers albums) a grandement joué dans le fait qu’il accepte. Après j’imagine qu’il ne l’aurait pas fait s’il n’avait pas aimé la chanson. Ou sinon il s’est beaucoup investi pour quelqu’un qui chanterait à contre coeur ! (rires) Bref, il a enregistré ça chez lui et on échangeait par Skype et par mail. La vraie rencontre, ce sera pour notre tournée en commun cet hiver !

Symheris a composé et enregistré cet album, mais il ne fait désormais plus partie du groupe ; j’imagine que vous vous être retrouvés dans une situation un peu étrange..?

On aurait clairement préféré éviter ce genre de situations. Mais l’ensemble du groupe s’était tellement investi dans la composition, que nous n’imaginions pas arrêter le groupe. Au final, l’avantage d’avoir tous beaucoup composé sur l’album fait que la situation n’est pas si étrange que ça. Et on a pu rapidement reprendre les concerts, sans encombre.

https://www.youtube.com/watch?v=lsU_48E7TWo

Peux-tu nous expliquer les raisons de son départ et nous présenter son remplaçant ?

Avec du recul, je dirai simplement que les gens changent en 8 ans de groupe, leurs envies et leurs objectifs aussi. On n’allait simplement plus dans le même sens. Après, de nombreux groupes de metal subissent des changements de line-up, du plus petit groupe jusqu’à Metallica et Maiden ! On est en tout cas ravis d’avoir accueilli Charly Jouglet, qui nous a à tous redonné du peps ! C’est un super guitariste qui vit de la musique ; il compose notamment des musiques de jeux vidéo. Il a eu plusieurs groupes par le passé et il nous a séduits lors des auditions. On a déjà fait deux concerts avec lui, il nous a bluffé sur scène.

Vous allez partir en tournée avec Soilwork et Hatesphere. Quel est votre sentiment à l’approche de ces dates ? Peut-on s’attendre à un guest de Bjorn sur scène ?

On est très excité, même si l’organisation de la tournée n’est pas simple pour nous : on se prépare à vivre dans des conditions très difficiles pendant 3 semaines ! Mais on sait qu’une fois sur scène, ce ne sera que du bonheur. On doit profiter de cette occasion pour faire grossir le groupe à l’étranger, c’est un véritable challenge. Pour le guest de la tête d’affiche c’est compliqué ! On a droit à 30 min de set donc ça ne laisse malheureusement pas beaucoup de place à l’imprévu. On verra en cours de tournée comment ça se passe, mais évidemment qu’on signe si on en a l’occasion ! Wait and see !

tank-crowdfunding-980x400

Afin de financer cette tournée, vous avez eu recours à un site participatif, et de plus en plus de groupes se servent de ce moyen. Penses-tu que ce genre de démarche tend à se démocratiser ?

Bien-sûr ! Les offres de labels qu’on a pu étudier étaient vraiment à côté de la plaque. Aujourd’hui le CD est mort, c’est sur les tournées et le numérique qu’il faut investir. On a donc préféré sortir cet album nous-même, en s’entourant des bonnes personnes, plutôt que d’accepter des deals malhonnêtes. Agir de la sorte s’est complètement démocratisé aux Etats-Unis, même le « supergroupe » Good Tiger a choisi cette voie. Je préfère que les fans nous achètent l’album en direct au moment où on a besoin de fonds, plutôt que de recevoir au bout de 6 mois des royalties sur lesquels 10 intermédiaires se sont servis. Sans notre public on ne partirait pas en tournée cet hiver. Je les remercie du fond du coeur !

Que peut-on vous souhaiter pour la suite ?

De revenir vivants de cette tournée d’abord (rires) ! Et évidemment que ces concerts nous permettent de passer un nouveau palier. Enfin, on espère refaire des festivals car c’est toujours une putain d’éclate.

T.A.N.K. (Think of A New Kind)
Chacun son tour !

Fermer le menu