Un groupe de filles suédoises qui fait du rock’n’roll sévèrement burné ? On pense tout de suite à Crucified Barbara, déjà vétéranes du genre. Raté : une autre bande a décidé d’imposer sa loi, et elles s’appellent Thundermother !

[Entretien avec Filippa Nässil (guitare) par Philippe Jawor]

TM_pic by_ RenÄ U Valdes

Votre premier album, Rock’n’Roll Disaster est sorti il y a à peine un an, c’est finalement il y a très peu de temps ; ces nouveaux titres sont-ils des chutes de sessions de ce précédent album ou vouliez-vous simplement battre le fer tant qu’il était chaud ?
Nous, ce qu’on fait, c’est du Hard Rock à l’ancienne, un peu 70’s. Quand AC/DC débutaient, ils sortaient un album tous les six mois ; quand on a créé Thundermother, j’ai voulu suivre le même rythme que nos glorieux aînés ! (rire) Malheureusement, on nous a dit que six mois entre deux albums, c’était trop court ; alors on a attendu une année. Mais pour répondre à la question, il ne s’agit pas du tout de chutes de studio. On a fait des centaines de concerts depuis la sortie de Rock’n’Roll Disaster, et c’est un album que j’avais dans la tête déjà pendant six ans ; ça devenait frustrant de jouer tout le temps les mêmes chansons, il fallait que j’en écrive de nouvelles ! (rire)

À quoi à ressemblé le processus de composition, dans ce cas ?
Généralement, j’enregistrais des démos chez moi, que j’envoyais au reste du groupe, qui me disait « oui » ou « non ». Si ça leur plaisait, on entrait en salle de répet’ et on essayait de travailler les morceaux ensemble, essentiellement pour que Clare trouve des paroles qui puissent aller avec la musique – même si quand j’écris un morceau, j’ai toujours au moins une phrase qui me trotte dans la tête.

pic_by_Philip Truong

J’imagine donc que pour Road Fever, ton inspiration principale a été la route, la vie de tournée ?
Exactement : avoir un groupe, être sur la route, et comment tu dois gérer ta vie pour que tout tienne à peu près. On retrouve beaucoup de ça dans un morceau comme “Vagabond”, par exemple.

C’est comme ça que tu te sens, vagabonde ; un peu sans domicile fixe ?
Non, peut-être pas à ce point, mais la vie dans un tour bus n’est pas toujours très confortable ; on n’attendait toutes qu’une chose, c’était de pouvoir rentrer chez nous. Mais bon, s’il n’y avait pas eu cette tournée, je n’aurais pas eu d’idées de chansons, j’imagine ! (rire)

TM01 by Lida Pettersson

Y a-t-il eu d’autres évènements particuliers, sur cette tournée, qui t’ont inspirée ?
J’en ai certainement, mais j’ai une très mauvaise mémoire ; ajoute à ça l’alcool… (rire) Une fois, on était du côté de Malaga ; c’est pas loin de l’Afrique. On n’avait jamais été aussi au sud de notre vie ; il faisait tellement chaud ! Nous, petites suédoises, n’avions jamais connu ça, on voulait de la neige, on ne supportait pas la chaleur ! Du coup, après notre show, on n’en pouvait plus : on est aller se baigner nues dans la mer ! On avait une bouteille de vin avec nous, mais pas de tire-bouchon : on essayait désespérément d’ouvrir cette bouteille contre un arbre… de vraies vagabondes, vraiment ! (rires)

Rock’n’Roll Disaster a été classé numéro 2 des charts suédois ; ça ne met pas un peu la pression pour Road Fever ?
Non, on n’y pense pas . On était très contentes pour Rock’n’Roll Disaster, mais Road Fever est encore meilleur ; je crie ça partout pour évacuer toute pression éventuelle ! (rire) Pour Rock’n’Roll Disaster, on a un peu fait ça en vitesse, il fallait qu’on sorte quelque chose ; cette fois, on a pris notre temps, et on a surtout fait en sorte de s’amuser.

La chronique de Road Fever est à retrouver en cliquant ici

THUNDERMOTHER
Les filles se déchaînent

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