TOTER FISCH
Yemaya

Autoproduction
Folk Metal
★★★★✩

TOTER FISCH Yemaya_cover

Fans de Folk Metal et de Pirates des Caraïbes, ce premier album studio des Tourangeaux de Toter Fisch est fait pour vous ! Déjà auteurs de deux EP sortis en indépendant, Blood, Rum & Piracy (2015) et l’acoustique Bottoms Up Treasure (2016), ces jeunes flibustiers de la région Centre partent à l’abordage de la scène Pirate Metal avec Yemaya, une odyssée puissante et entraînante en référence à la divinité afro-américaine vaudou popularisée aux XVI et XVIIème siècles durant la traite des esclaves notamment en mer caribéenne… Bien plus qu’un simple clone des Ecossais d’Alestorm, Toter Fisch possède tout d’abord sa personnalité et son propre univers (histoires de pirates, vaudou, etc.) dans une ambiance de prime abord festive, mais bien plus sombre qu’il n’y paraît. Nos cinq compagnons puisent principalement leurs racines musicales dans l’œuvre des Finlandais de Finntroll (dont les derniers albums n’ont plus rien de vraiment excitant), tant au niveau des claviers que dans la tonalité relativement Dark de l’album (le dansant « Another Sunset ») mais également dans Korpiklaani avec ses airs d’accordéon invitant à guincher (« Back To Nassau ») ou auprès d’Eluveitie ou Ensiferum grâce à ce mélange puissant et racé de Death/Black Metal et de Folk (« Maelstrum »). Et pour incarner la divinité Yemaya, reine de l’album, Toter Fisch n’a pas hésité à faire appel à la chanteuse Jen Nyx de Volker (side-project bordelais de membres d’Otargos) sur la chanson phare « Mami Wata » digne d’un « Gateways » de Dimmu Borgir où l’on retrouvait alors l’excellente sorcière/chanteuse Agnete Kjølsrud (Djerv) en duo avec les Norvégiens. Si cela fait beaucoup d’influences, rappelons qu’il s’agit du premier effort longue durée d’une jeune formation française en devenir et qui s’affirme pourtant déjà avec professionnalisme doublé d’un véritable savoir-faire en matière de compositions avec tous les accessoires indispensables afin de faire mouche à tous les coups en concert. Tout cela rend leur musique fichtrement attrayante et conviviale, à l’image de leurs prestations scéniques (il n’y a qu’à voir leurs remarquables shows donnés au Cernunnos Pagan Fest et au dernier Motocultor dont nous vous avions déjà parlé lors de notre live report cet été 2017, ou dans notre récente interview du groupe). Avec peut-être une plus grande diversité dans les riffs, très martiaux, et plus de recherche mélodique au niveau des guitares, nul doute que nos pirates tourangeaux referont parler la poudre prochainement. Alors mieux vaut tard que jamais, ruez-vous sur ce petit trésor de Toter Fisch dont nous ne manquerons pas de suivre les prochains actes de piraterie pour notre plus grand plaisir…

[Seigneur Fred]